Roland-Garros

Alexander Zverev, maître de ses émotions, comme jamais on ne l’avait vu à Roland-Garros

Ce mardi, Alexander Zverev (n°3) s’est qualifié pour les demi-finales de Roland-Garros en battant l’Espagnol Carlos Alcaraz (n°6) en quatre sets 6-4, 6-4, 4-6, 7-6 (7). Si le joueur allemand a montré un niveau de jeu exceptionnel, il faut voir au-delà de la performance pour comprendre ce qu’il s’est passé sur le court. En effet, une fois n’est pas coutume, il est resté maître de ses émotions, ce qui a semblé lui faire le plus grand bien !


Dans le tennis, on dit souvent que le langage corporel – le fameux body language – est primordial. Ce mardi, lors de sa victoire en quarts de finale à Roland-Garros, Alexander Zverev (n°3) n’a pas montré grand-chose. Sauf quand il a remporté la balle de match, après 3h18 de jeu sur le Court Philippe-Chatrier. Là, le joueur allemand s’est libéré et il a exulté, après avoir éliminé Carlos Alcaraz (n°6) en quatre manches 6-4, 6-4, 4-6, 7-6 (7). Mis à part en fin de match, il est donc resté de marbre. Ce qui est assez rare pour être relevé. Et, n’ayons pas peur de le dire, c’est peut-être grâce à son comportement qu’il est allé chercher la rencontre. Bien entendu, Alexander Zverev a joué un excellent tennis, profitant des (nombreuses) fautes directes de son adversaire de 19 ans ; il a également frappé de jolis coups gagnants, à l’instar de ce revers long de ligne sur balle de match, qui a été le coup qui a le mieux fonctionné pour lui. Mais ça, il l’avait déjà fait. Avoir un comportement irréprochable, c’est plus rare chez lui. D’autant plus qu’après onze échecs, il a enfin battu un membre du Top 10 au classement ATP dans un tournoi du Grand Chelem. « Je pense que mon état d’esprit était extrêmement important, parce que je savais que ça allait être un match très long et très physique, et je ne pouvais pas montrer trop d’émotions parce que ça fatigue », a déclaré le joueur de 25 ans en conférence de presse. « Je devais garder mon calme. J’ai dû rester calme tout au long du match, même si j’ai l’impression d’avoir perdu des chances dans le troisième set. J’ai dû me détendre quand j’ai perdu ce set. »

En effet, Alexander Zverev a géré cette rencontre à la perfection au niveau émotionnel. Cette saison, l’Allemand s’est plus fait remarquer par sa mauvaise attitude (tout le monde se souvient de son pétage de plombs, en double, lors du tournoi ATP 500 d’Acapulco) que par ses résultats sur le terrain. Ce mardi, c’est son calme à toute épreuve qui a marqué les esprits. Pas d’euphorie sur ses plus beaux coups gagnants, et encore moins de frustration quand il n’a pas su tuer le match dans le troisième set. Et encore moins quand il a vu Carlos Alcaraz effacer un break de retard à 5-4 dans la quatrième manche. « Je pense que la façon dont je suis revenu dans le match à 6-5 était assez importante », a ajouté le 3ème joueur mondial. « Ensuite, au tiebreak, c’était un match aller-retour, avec un très bon tennis. Ce n’était pas comme si nous manquions des coups. Je pense que c’était du très haut niveau. J’ai eu ma chance au tie break et je suis content de l’avoir utilisée. » Dans d’autres circonstances, à un autre moment de sa carrière, Alexander Zverev aurait peut-être été envahi par la frustration et la nervosité. Il aurait enchapiné les doubles fautes et aurait vu son adversaire reprendre pied. Pas cette fois. En 2022, il était écrit que le joueur allemand allait accomplir sa plus belle victoire en Grand Chelem. Pour disputer, pour la deuxième année consécutive, les demi-finales du côté de la Porte d’Auteuil.

Il faut dire que le tapage médiatique autour de Carlos Alcaraz, qui semble l’avoir agacé, lui a peut-être fait le plus grand bien. Si l’engouement a été réel autour de sa personne lors de son arrivée sur le circuit et lors de ses premiers faits d’armes, l’avenir promis au joueur espagnol semble différent. Tous les médias (nous les premiers) ne parlent que de lui, jusqu’à le placer parmi les favoris pour le titre. Par ailleurs, Alexander Zverev souffre d’un certain manque de considération, dont il s’était plaint avant la rencontre. Ce qui ne l’a pas empêché de reconnaître les qualités de son adversaire. « C’est un joueur incroyable », a déclaré Alexander Zverev à propos du jeune Espagnol. « Je lui ai dit au filet, il va gagner ce tournoi plusieurs fois, pas une seule fois. J’espère que je pourrai gagner avant qu’il ne commence à nous battre tous et que nous n’aurons aucune chance. » Enigmatique, en tout cas pour les observateurs du tennis, l’Allemand a frappé fort dans ce Roland-Garros. Pourra-t-il capitaliser au moment d’affronter un des plus grands joueurs de tous les temps pour une place en finale ? « J’ai le choix entre le numéro un mondial ou le gars qui a gagné 13 fois ici, donc ça ne va pas aller en se simplifiant », a-t-il asséné avant le début du classique entre Novak Djokovic (n°1) et Rafael Nadal (n°5). Peut-être, mais il ne doit pas oublier qu’il est n°3 mondial et promis depuis longtemps à un bel avenir.

Article rédigé par Yannick Giammona
Crédit photos : @rolandgarros, @atptour

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