Il était une fois...

Il était une fois… 2015, quand Stan Wawrinka remportait Roland-Garros et Rafael Nadal perdait pied

L’édition 2015 de Roland-Garros allait être pour le moins inattendue. Déjà vainqueur 9 fois Porte d’Auteuil, Rafael Nadal allait s’arrêter dès les quarts de finale. On pensait alors qu’il y avait un boulevard pour Novak Djokovic, n°1 mondial incontesté, vainqueur de l’Open d’Australie et sur une série de 23 victoire consécutives. Le nom de Roger Federer était aussidans la bouche des bookmakers, lui qui s’était imposé en 2009 quand le Majorquin avait subi sa toute première défaite sur ses terres. Mais jamais on n’aurait pensé qu’un autre Suisse, Stan Wawrinka, puisse se montrer assez solide pour soulever la Coupe des Mousquetaires.


Premier fait marquant de cette édition 2015 de Roland-Garros : Rafael Nadal, déjà neuf fois vainqueur Porte d’Auteuil, allait subir sa deuxième défaite (en 72 rencontres) depuis sa première apparition dix ans plus tôt. Cependant, contrairement à 2009, il n’était pas blessé. Le joueur espagnol allait ainsi s’incliner dès les quarts de finale face au Serbe Novak Djokovic, qui plus est en trois sets 7-5, 6-3, 6-1. C’était la fin d’une série de 39 victoires consécutives pour le maître des lieux. On pensait alors que Djokovic avait un boulevard, lui qui restait invaincu depuis la finale du tournoi ATP 500 de Dubaï en février, soit un total de 23 victoires consécutives, avec au passage des titres aux Masters 1000 de Monte-Carlo et de Rome. Mais pour une fois, une surprise de taille allait avoir lieu. Et cette surprise s’appelait Stan Wawrinka.

La campagne 2015 du joueur suisse débute sans encombre. Il a le dossard de tête de série n°8 et il est opposé au Turc Marsel Ilhan, 81ème joueur mondial, Stan Wawrinka n’en fait qu’une bouchée. Résultat : une première victoire en trois sets 6-3, 6-2, 6-3. On retient presque plus – déjà – le short-pyjama de l’Helvète que sa performance du jour. Au tour suivant, il affronte le Serbe Dusan Lajovic, alors 67ème joueur mondial, dont la terre battue est la meilleure surface. Wawrinka se montre moins tranquille, notamment dans le troisième set, qu’il cède à son adversaire. Ce qui ne l’empêche pas d’être solide dans les moments importants et de l’emporter en quatre manches 6-3, 6-4, 5-7, 6-3. Le voilà déjà au troisième tour, où l’attend l’Américain Steve Johnson (56ème joueur mondial). Là encore, la rencontre tourne vite à l’avantage du joueur suisse et se solde par une nouvelle victoire en trois sets : 6-4, 6-3, 6-2. Stan Wawrinka vient de se qualifier pour la deuxième semaine du Grand Chelem parisien et il sait que les choses sérieuses commencent. Il aura d’ailleurs fort à faire face à un joueur français, ce qui n’est jamais chose aisée à Roland-Garros, avec le soutien du public pour le joueur local.

D’autant plus que Gilles Simon, son adversaire en huitièmes de finale, est 13ème mondial. Il est le joueur tricolore le mieux classé à l’ATP et nourrit quelques ambitions, à domicile. Mais c’est bien Stan Wawrinka qui, en moins de deux heures, va prendre la mesure de son adversaire. Il fait parler la poudre ne coup droit, assène des revers à une main dont lui seul a le secret et parvient à dégoûter son adversaire en trois petits sets. Après 1h51 de jeu, c’est bien le Suisse qui est en quarts de finale après une victoire 6-1, 6-4, 6-2 sur le Français. La performance est solide, d’autant plus qu’elle donne droit à un quart de finale 100% helvète, puisque Wawrinka retrouvera son compatriote et n°2 mondial, Roger Federer. La rencontre s’annonce difficile pour le 9ème joueur mondial. Et pourtant, nous ne sommes pas au bout de nos surprises ! En effet, Stan Wawrinka va terrasser Roger Federer pour la première fois en Grand Chelem, et ainsi se qualifier pou sa première demi-finale à Roland-Garros. N’ayant perdu qu’un set depuis le début de la quinzaine, puissant et précis au service (88% des points derrière ses premières balles lors de ce quart de finale), c’est bien lui qui écrase son adversaire et s’impose ne trois sets 6-4, 6-3, 7-6 (4) en à peine plus de deux heures. « Sur terre battue, face à lui, c’est vraiment devenu plus dangereux que sur toute autre surface pour moi », indiquera Roger Federer dans des propos repris par l’ATP. En demi-finale, un autre joueur français l’attend : Jo-Wilfried Tsonga, 15ème joueur mondial, mais toujours très dangereux sur les courts de la Porte d’Auteuil.

En effet, le Manceau en est déjà à sa deuxième demi-finale à Roland-Garros, et il a aussi disputé une fois les quarts de finale. Après la déception qu’il a connu en 2013 (défaite en trois sets face à David Ferrer), il aura à cœur de se racheter. Cependant, encore une fois, c’est grâce à sa solidité que le Suisse va s’imposer. Pourtant, le joueur français a eu sa chance, sans parvenir à la saisir. En effet, il a eu 17 opportunités de break sur l’ensemble du match, n’en convertissant… qu’une ! De son côté, Stan Wawrinka n’en réussit que 3 sur 15, mais ils ont été fatals pour la victoire. Le Suisse se qualifie ainsi pour sa deuxième finale en Grand Chelem (après sa victoire à l’Open d’Australie en 2014) en quatre sets 6-3, 6-7 (1), 7-6 (3), 6-4. Il y affrontera l’homme de ce début de saison, le n°1 mondial incontesté, Novak Djokovic. Le Serbe a les dents qui rayent le parquet – ou plutôt la terre battue – car il n’a jamais gagné encore Porte d’Auteuil. Il démarre donc la finale tambour battant et s’adjuge un premier set appliqué grâce à un petit break d’avance (6-4). C’est à partir de là que Stan Wawrinka se transforme en « Stan The Man ». L’Helvète sauve plusieurs balles de break en début de manche, puis il s’en offre une à 5 jeux à 4 qui sera fatale au Serbe, qui fracasse sa raquette. Wawrinka revient à une manche partout (4-6, 6-4). Le troisième set ira rapidement dans la besace du Suisse, qui continue d’enfoncer la tête de son adversaire sous l’eau. Sur l’ensemble du match, Stan Wawrinka réussira le double de coups gagnants que son adversaire (60/30). LE Serbe tente de réagir. Il mène même 3 jeux à 0 en début de quatrième set. Mais la machine s’enraye et il n’en faut pas plus pour que le joueur suisse revienne à hauteur, trois jeux partout. Lors du jeu suivant, Djokovic sauve deux balles de break à 15/40. Il se réveille alors et se manifeste de plus en plus pour se motiver. Il aura ensuite trois occasions de break, sans parvenir à en convertir une seule. Le jeu suivant est une véritable démonstration de force : le Suisse  s’empare du service adverse pour la quatrième et dernière fois du match. Après 3h12 de jeu, il finit par s’imposer en quatre manches 4-6, 6-4, 6-3, 6-4. Il remporte ainsi son premier titre à Roland-Garros et son deuxième en Grand Chelem.

Après ce formidable succès dont tout le monde se souvient – la faute à ce short-pyjama dont on parle encore au joueur suisse ? -, Stan Wawrinka remportera un troisième titre en Grand Chelem, à l’US Open en 2016. Puis viendront les blessures, avec un corps qui commence à dire stop aux efforts fournis pour en arriver à tutoyer les sommets. Toujours en proie aux blessures, le suisse tente de revenir à son meilleur niveau et, même si on l’a vu en jambes lors de l’édition 2019 de Roland-Garros, ces plus grands succès semblent désormais derrière lui. Et quels succès !

Crédit photos : @AlexRomero_4, @courrierdusport, @sambot_officiel, @atptour

À LIRE AUSSI :

Retour à Roland-Garros – Quentin Halys solide, Evan Furness miraculé

Retour à Roland-Garros – Evan Furness, l’éclaircie dans un ciel bien nuageux

2 réflexions au sujet de “Il était une fois… 2015, quand Stan Wawrinka remportait Roland-Garros et Rafael Nadal perdait pied”

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s