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Ana Konjuh, un beau succès en qualifications à Roland-Garros… mais le plus dur reste à venir ?

C’est une des belles histories de ce début de saison sur le circuit féminin, qui s’est poursuivie lors des trois tours de qualifications pour Roland-Garros. Longtemps blessée alors qu’elle était un espoir du tennis mondial, Ana Konjuh (n°144) s’est qualifiée avec brio pour le tableau principal. Mais le plus dur reste à faire…


En Grand Chelem, les qualifications donnent souvent lieu à de belles histoires. Celle d’Ana Konjuh (n°144), nous vous avions déjà parlé en marge du tournoi WTA 1000 de Miami, s’est poursuivie cette semaine du côté de la Porte d’Auteuil. Après quatre opérations du coude et environ trois ans sans jouer en compétition officielle, elle a déjà réussi un beau retour en cette saison 2021 : huitièmes de finale à Miami, puis une finale sur le circuit WTA au tournoi WTA 250 de Belgrade. Si vous ne vous souvenez pas de cette joueuse, elle avait été un grand espoir quand elle évoluait chez les Juniors : numéro une mondiale en 2013, année où elle s’était imposée en Grand Chelem à l’Open d’Australie et à l’US Open chez les Juniors. Depuis, elle a dû lutter contre son corps et tenter un retour improbable, qui semble pourtant être en passe de réussir cette saison, alors qu’elle est désormais âgée de 23 ans.

Tout au long des qualifications pour Roland-Garros, la joueuse croate n’a perdu aucun set, montrant un bel état de forme face à toutes les adversaires qu’elle a eu à affronter. Elle a commencé par une victoire en deux sets 6-4, 6-4 face à l’Américaine Robin Anderson (n°208), avant d’enchaîner par une victoire contre la Hongroise Timea Babos (n°111), là aussi en deux sets 6-3, 7-5. Enfin, ce vendredi, elle est parvenue à rallier le grand tableau en dominant la Slovaque Rebecca Sramkova (n°192) en deux sets 7-6 (1), 6-4. La suite sera forcément moins aisée, le tirage au sort l’ayant mise sur la route de la tête de série n°3 du tournoi, la Biélorusse Aryna Sabalenka (n°4), qui arrivera à Paris en pleine confiance. Une autre montagne à franchir pour Ana Konjuh, qui y jettera toutes ses forces pour tenter de la gravir. « Tout a été très dur. Il ne s’agit pas simplement d’une opération et du retour au tennis : j’ai eu plusieurs opérations et plusieurs tentatives de retour », a avoué la Croate au site officiel de Roland-Garros pendant cette phase qualificative. « J’ai été frustrée à maintes reprises. Je n’avais plus d’options. Les médecins ne savaient plus comment m’aider, je ne pouvais rien faire. Certains jours, je me demandais pourquoi je l’avais fait, mais dans ces moment-là, j’essayais de me souvenir des bons moments et des raisons pour lesquelles j’ai commencé à jouer au tennis. C’est ce que j’aime et je n’abandonnerai pas avant d’avoir fait absolument tout ce que je peux. Et j’espère pouvoir finir comme je le veux. »

Ce qui a peut-être été le plus dur à digérer pour Ana Konjuh ce fut de voir la progression des joueuses de sa catégorie d’âge, alors qu’elle était coincée sur son canapé. Nous pensons notamment à la Suissesse Belinda Bencic (n°11), qui a atteint le Top 5, ou encore à la Lettonne Jelena Ostapenko (n°44), vainqueur à Roland-Garros en 2017. Et pourtant, la joueuse croate avait été la première à faire le grand saut vers le circuit professionnel… mais ses concurrentes lui ont piqué la vedette depuis. « C’était incroyable de voir beaucoup de mes coéquipières bien jouer, cela montrait le niveau et la profondeur de notre génération », a ajouté la désormais 144ème joueuse mondiale. « Je ne vais pas vous mentir non plus, c’était assez dur de n’avoir pas joué ces dernières années. D’une part, j’étais très contente pour elles, mais sinon j’aurais aimé avoir les mêmes opportunités. Mais bon, je pense que nous nous sommes motivées au fil des années et c’est l’une des raisons de notre succès. » Rien n’est pourtant perdu pour Ana Konjuh, qui n’a que 23 ans et pourrait encore vivre de belles saisons si elle confirme son retour. Que ce soit à Paris ou ailleurs. « Je sais que je suis encore jeune, mais si je regarde les saisons 2016 ou 2017, j’ai eu de très bonnes années sur le circuit, je suis passée de tournoi en tournoi pratiquement sans réfléchir », a-t-elle confessé. « Maintenant, il y a des moments où je pense aussi beaucoup plus, mais je sais que j’ai grandi en tant que personne et j’apprécie beaucoup plus les choses. Je ne prends rien pour acquis et je veux profiter de ce sport pendant encore de nombreuses années. »

Nous continuerons de suivre le parcours de la Croate lors de cette édition 2021 de Roland-Garros, notamment si elle parvient à passer la première étape face à Aryna Sabalenka et à s’ouvrir sa partie du tableau.

Crédit photos : @rolandgarros, @JJlovesTennis

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