Il était une fois...

Il était une fois… 2014, l’année du changement pour Stan Wawrinka

Dans la carrière de Stan Wawrinka (n°17), 2014 est une saison charnière. Elle marque l’accomplissement de toutes les années de travail acharné, avec un premier titre en Grand Chelem (qui sera suivi de deux autres en 2015 et 2016), et des victoires sur des joueurs qu’ils considèrent comme plus doués que lui, à l’instar de son compatriote Roger Federer (n°4). Prêts à embarquer pour le cinquième volet de notre série « Il était une fois… » ?


Avant de parler de 2014, il faut savoir qu’en 2013 il y avait déjà eu des prémisses au changement de statut du Suisse Stan Wawrinka (n°17). En effet, auparavant, il n’avait jamais dépassé les huitièmes de finale en Grand Chelem. Or, avec un quart de finale à Roland-Garros (avec notamment une victoire au couteau en huitièmes de finale contre Richard Gasquet, battu 8-6 au cinquième set…) et surtout une demi-finale à l’US Open, avec notamment des victoires sur Tomas Berdych (tête de série n°5) et Andy Murray (tête de série n°3), il y avait déjà des signes avant-coureur. Classé 17ème mondial au début de cette saison 2013, il allait terminer l’année dans le Top 10, en tant que n°8 mondial. Mais c’est réellement en 2014 que tout a basculé, l’année des 29 ans de l’Helvète.

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Tout avait commencé par une victoire au tournoi ATP 250 de Chennai, en Inde. Tête de série n°1 du tournoi, le Suisse allait aisément s’imposer sans perdre un set et sans avoir à affronter une des quatre premières têtes de série. Un peu facile, pouvait-on penser, mais cela allait mettre Wawrinka en confiance pour le premier tournoi du Grand Chelem de la saison. Au cours de l’Australian Open, l’Helvète aura un premier test en quarts de finale face à Novak Djokovic (alors n°2 mondial) pour une revanche du match exceptionnel (terminé 12-10 au cinquième set) disputé en huitièmes de finale l’année précédente. Au bout du suspense et à la force de son mental, Stan Wawrinka s’en sort en cinq sets 2-6, 6-4, 6-2, 3-6, 9-7 après quatre heures d’un match d’anthologie où il crampe dans les derniers jeux. En demi-finales, il affronte Tomas Berdych (tête de série n°7), qu’il élimine en quatre sets 6-3, 6-7 (1), 7-6 (3), 7-6 (4) après 3 h 31 de jeu. Il prend ainsi rendez-vous avec Rafael Nadal (alors n°1 mondial et vainqueur de Roger Federer en demies) pour sa première finale en Grand Chelem. Assuré de passer n°3 mondial avant même le début de la rencontre, les astres vont s’aligner pour le Suisse. L’Espagnol, quelque peu diminué, laissera échapper la victoire et c’est bien Stan Wawrinka qui s’imposera en quatre manches 6-3, 6-2, 3-6, 6-3 en 2 h 21 pour s’offrir son premier titre en Grand Chelem. Il faut mesurer l’exploit à sa juste valeur : il est alors le premier, depuis Juan Martin Del Potro à l’US Open en 2009, à empêcher un membre du Big 4 de remporter un titre du Grand Chelem. Il est par ailleurs le premier à battre Rafael Nadal et Novak Djokovic dans un même Majeur. Le Suisse a donc définitivement changé de statut.

Pourtant, ce statut, il doit encore le confirmer. Après un mois de repos en février et un mois de mars plus mitigé où il s’incline en huitièmes de finale à Indian Wells et Miami, la saison sur terre battue viendra à point nommé. Ainsi, pour commencer la saison sur ocre, Stan Wawrinka participe au Masters 1000 de Monte-Carlo, où il se qualifie aisément pour les quarts de finale. Là, il rencontre le Canadien Milos Raonic (alors 10ème joueur mondial), qu’il balaie en deux sets 7-6 (5), 6-2. Il affronte ensuite l’Espagnol David Ferrer (alors 6ème joueur mondial) en demi-finales, un vrai spécialiste de la surface, contre qui il fait à nouveau parler sa puissance. Résultat : une victoire en deux sets 6-1, 7-6 (3) en une heure et demie pour rejoindre son compatriote Roger Federer (alors n°4 mondial) en finale. La rencontre est plein de rebondissements, Federer prenant d’abord l’avantage dans le premier set (6-4). Mais Wawrinka va revenir de nulle part pour empocher la deuxième manche au jeu décisif et enfin prendre l’avantage dans le troisième set. Au final, c’est le plus jeune des deux Suisses qui s’impose après 2 h 13 de combat, en trois sets 4-6, 7-6 (5), 6-2. C’est son premier titre en Masters 1000 (et l’unique à ce jour dans sa carrière). « C’est incroyable, c’est quelque chose de très spécial », déclarait-il lors d’une interview d’après-match. « Remporter un Masters 1000 après avoir gagné en Grand Chelem, c’était très important pour moi. Aujourd’hui spécialement, jouer contre Roger, c’est un honneur pour moi. Le battre pour la première fois dans une finale, c’est quelque chose de spécial. Je suis très heureux de cette victoire aujourd’hui. » À noter qu’à ce moment-là, il devient l’un des rares sinon le seul joueur à être resté sur une victoire contre les quatre membres du Big 4 (Murray à l’US Open en 2013, Djokovic et Nadal à l’Australian Open en 2014, et Federer à Monte-Carlo en 2014).

Il sera ensuite très attendu à Roland-Garros, mais malheureusement il perdra dès le premier tour, peut-être fatigué par son excellent début de saison. Peu à l’aise sur gazon, il confirmera tout de même son changement de statut par une demi-finale au tournoi ATP 500 du Queen’s et un premier quart de finale à Wimbledon, où il s’incline sèchement face à Roger Federer en quatre sets 3-6, 7-6 (5), 6-4, 6-4. Il conclura son année 2014 en Grand Chelem par un quart de finale à l’US Open, où il perdra face au futur finaliste Kei Nishikori (alors 11ème joueur mondial) en cinq manches 3-6, 7-5, 7-6 (7), 6-7 (5), 6-4 après 4 h 15 de jeu. La fin de saison sera par ailleurs intense pour Stan Wawrinka.

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Qualifié avec la Suisse pour la finale de Coupe Davis, où les Helvètes affronteront la France, il participe aux ATP Finals de Londres. Qualifié pour les demi-finales, il retrouve face à lui Roger Federer, son futur partenaire d’équipe. Au cours d’un match tendu, où Wawrinka prendra à partie la femme de Federer, présente en tribune, le plus jeune des deux Helvètes s’inclinera en trois sets 4-6, 7-5, 7-6 (6) après 2 h 48 de jeu et malgré quatre balles de match en sa faveur. Ce qui n’empêchera pas le duo suisse de remporter sa première Coupe Davis quelques jours plus tard à Lille, grâce à une victoire en simple de Wawrinka face à Jo-Wilfried Tsonga (6-1, 3-6, 6-3, 6-2) et une belle victoire en double aux côtés de… Roger Federer !

De quoi conclure une magnifique saison pour Stan Wawrinka, qui l’aura définitivement vu basculer du côté des grands champions ! Il confirmera au cours des deux saisons suivantes ce nouveau statut, en remportant deux nouveaux titres en Grand Chelem : Roland-Garros en 2015 et l’US Open en 2016. Gêné par une grosse blessure au genou ensuite, il lutte depuis pour retrouver son meilleur niveau. Niveau dont il n’est plus très loin désormais, ce qu’il pourra nous prouver lorsque le tennis pourra reprendre ses droits sur la crise sanitaire que nous traversons tous actuellement…

Crédit photos : @Beeorlicious, @Broken_Angel_09, @atodotenis

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