Reportages

Le tournoi ATP 250 de Naples, un véritable fiasco

Le tournoi ATP 250 de Naples vit une première édition éprouvante. Et décevante, à plus d’un titre, pour les joueurs qui y participent. Pas sûr, d’ailleurs, que le bail d’un an accordé par l’ATP soit renouvelé pour ce tournoi qui a vécu des problèmes de courts et de site… On vous raconte tout !


Malgré le cadre idyllique, le tournoi ATP 250 de Naples n’a rien d’un paradis. Pourtant, toutes les conditions étaient réunies pour créer un évènement à la hauteur des plus grands tournois du circuit masculin : un site exceptionnel, au bord de la mer Tyrrhénienne, et un tableau plus que correct, avec notamment Matteo Berrettini (n°16) et Lorenzo Musetti (n°24) parmi les principales têtes d’affiche. Oui, mais voilà. Tout ne se passe pas vraiment comme prévu. Après l’annulation de la tournée chinoise, le tournoi de Naples a obtenu une licence d’un an de la part de l’ATP, passant d’un Challenger sur terre battue à un ATP 250 sur dur extérieur. Cependant, les organisateurs du tournoi ne répondent visiblement pas à l’appel. « C’était vraiment bordélique, très amateur », a expliqué le Tunisien Aziz Dougaz (n°333), engagé lors des qualifications, dans des propos rapportés par nos confrères du quotidien L’Equipe. « J’ai joué des Futures, à Monastir par exemple, mieux organisés que ce tournoi. » Apparemement, tous les joueurs engagés ont découvert un véritable enfer dès les premières balles frappées sur les trois courts du site. « La peinture était complètement arrachée, c’était injouable », a ajouté le joueur tunisien. Samedi dernier, l’Italien Fabio Fognini (n°64) a tout juste eu le temps de s’échauffer avant de s’arrêter pour constater les dégâts au niveau du court et gratter des bouts de résine qui se décollaient du sol, sur le court central !

Présent à Naples, l’entraîneur de Corentin Moutet (n°65), Laurent Raymond, a pu expliquer ce qu’il s’est passé avec la surface en dur : « Ils ont rencontré un problème avec la surface qui ne tenait pas. À l’origine, ce sont des terrains en terre battue. Ils ont mis une structure en bois sur la terre puis un lino et ils ont coulé une résine dessus qui n’a pas tenu. » Selon certains joueurs, comme Aziz Dougaz, cette résine est habituellement utilisée en indoor mais jamais en extérieur. « Cette surface, c’est celle qu’ils mettent d’habitude sur les terrains en indoor », a assuré le Tunisien. « Je n’avais jamais vu ça en outdoor. Ils nous ont expliqué que cette surface ne supporte pas la pluie et que, comme il a énormément plu le jeudi, ça a bousillé les courts. Mais si vous savez que ça ne supporte pas la pluie, il ne fallait pas faire ça. La surface était carrément dangereuse ! » En effet, on a pu voir des trous se former, ainsi que des cloques et même des empreintes de pieds… Conséquence : les joueurs engagés en qualifications ne voulaient pas évoluer sur des courts aussi dangereux et il a fallu changer de site pour disputer la phase qualificative au tournoi, avec un jour de retard. Finalement, les joueurs ont pu entamer le tournoi dimanche au TC Pozzuoli, un petit club amateur pas du tout prêt à accueillir un événement de cette dimension. « J’avais l’impression de jouer un tournoi national en France quand j’avais 15 ans, limité à 3/6 », a ajouté Aziz Dougaz. « La surface était hyper rapide, les terrains pas refaits depuis une dizaine d’années, je pense. On demande des balles, il n’y en a pas. Il n’y avait même pas les bâches de l’ATP. Rien n’était prêt. » Quant au tableau principal, il n’a été lancé que mardi, une fois la surface, transportée depuis Florence où elle avait été utilisée sans problème la semaine précédente, et la résine, qui avait servi à Bologne en Coupe Davis mi-septembre, posées sur le central napolitain.

Un changement de surface qui n’a pas convaincu tout le monde. Mardi, l’Espagnol Albert Ramos (n°40) s’est montré agacé par les faux rebonds. Ainsi, il a fait appel au superviseur, bien incapable de lui apporter la moindre solution face aux caprices du court. Son compatriote Bernabe Zapata Miralles (n°75), après une double faute, a même vrillé, balançant : « Qu’est-ce que c’est que ce foutu tournoi ! » Ces deux joueurs ont été éliminés d’entrée. Le pire, c’est qu’en soirée la qualité du court se dégrade encore. Mardi, Corentin Moutet a vu son match interrompu à cause de l’humidité. Pour la même raison, Fabio Fognini a vu son entrée en licee repoussée, ce mercredi. Alors que le deuxième tour doit prendre fin ce jeudi, il reste quatre rencontres du premier tour à disputer. Comment les organisateurs vont-ils faire pour mener leur tournoi à son terme ? La question reste en suspens. D’autant plus qu’il y a aussi un tableau de double, dont les premiers tours ont été disputés à Pozzuoli, comme les qualifs. Avec des joueurs de double informés au dernier moment et sommés de changer d’hôtel à la dernière minute. On vous l’a dit : à Naples, rien ne va plus !

Article rédigé par Yannick Giammona
Crédit photos : @Campanica

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