Analyses

Open d’Australie et confinement : le ras-le-bol des joueurs se fait ressentir

La menace planait sur l’Open d’Australie comme une épée de Damoclès. Avec la découverte d’une vingtaine de cas positifs au Coronavirus dans l’État de Victoria, la population fait face à un confinement d’au moins cinq jours et les participants au premier tournoi du Grand Chelem de la saison ont été placés dans une bulle sanitaire. Ce qui signifie, à partir de ce samedi, des matches disputés à huis clos. Dans les vestiaires et en conférence de presse, certains joueurs – dont Adrian Mannarino (n°36) ou encore Diego Schwartzman (n°9) – ont exprimé leur ras-le-bol.


« Ce matin, ça a été un coup de massue de plus. Ça devient dur. On parlait de santé mentale récemment, et beaucoup de joueurs sont à bout. S’entraîner enfin normalement et être bien dans sa peau au quotidien ferait du bien à tout le monde. J’espère retrouver ça bientôt. » Tels ont été les propos tenus par le joueur français Adrian Mannarino (n°36), ce vendredi en conférence de presse, après sa défaite face à l’Allemand Alexander Zverev (n°7) au troisième tour de l’Open d’Australie. Las, fatigué et quelque peu déprimé, le Tricolore n’en cache plus son ras-le-bol. Après le premier tournoi du Grand Chelem de la saison, il doit faire escale à Singapour, pour un tournoi ATP 250 ajouté exceptionnellement au calendrier. Prendra-t-il le risque d’une nouvelle quarantaine, sachant qu’un confinement d’au moins cinq jours vient d’être décrété à Melbourne, mettant en péril la fin de l’Open d’Australie ? « J’ai appris qu’on serait bloqué à l’hôpital 22 jours après le trajet pour l’ATP 250 de Singapour, si on était contact ou positif », a-t-il ajouté concernant ce tournoi qui doit avoir lieu la semaine prochaine. « Du coup, je me demande si ça vaut le coup. Ce n’est pas un Grand Chelem. Il suffirait que quelqu’un soit positif dans l’avion pour que j’aie trois semaines de tournoi gâchées et un mois ensuite pour me remettre en forme. Je n’ai pas non plus pour plan de me précipiter à Paris. Je vais analyser tout ça. Il y a tellement de choses dans la tête en ce moment, programme, COVID, voyages, que ça devient compliqué. »

Et Mannarino n’est pas le seul à parler de son mal-être. Plusieurs joueurs éliminés ce vendredi ont eux aussi évoqués un certain ras-le-bol. C’est le cas de l’Argentin Diego Schwartzman (n°9), éliminé par le Russe Aslan Karatsev (n°114), qui a appelé l’ATP à « revoir les obligations de quarantaine imposées aux joueurs. » Et ce n’est pas tout, puisqu’il a également déclaré : « J’ai passé quatre mois en Europe, là j’ai passé plus d’un mois loin de chez moi, et si je veux continuer à jouer, ce sera à nouveau hôtel et tournoi, obligé. Ça va être très compliqué de continuer ainsi. N’avoir aucun autre horizon que l’hôtel et le site des tournois, c’est difficile mentalement. » Pourtant, le joueur argentin sait que ce sont les autorités locales qui ont le pouvoir pour décider des quarantaines et non l’ATP. Mais il demande à l’instance du circuit masculin de tout faire pour minimiser les obligations faites aux joueurs.

Enfin, l’Australien Nick Kyrgios (n°47), battu en cinq sets ce vendredi par l’Autrichien Dominic Thiem (n°3) avant l’obligation faite aux Australiens de quitter Melbourne Park, assure qu’il ne sait pas encore quel programme il suivra pour le reste de la saison. « Je ne suis sûr de rien, tout va dépendre de la façon dont la COVID va être gérée en Australie », a-t-il expliqué en conférence de presse. « Je présume que la situation actuelle va se régler assez vite. Mais je ne sais pas comment les autres tournois, ailleurs dans le monde, vont appréhender la situation sanitaire. Moi je suis habitué à jouer devant des stades pleins. Je ne vais pas me forcer à voyager si c’est pour me cloîtrer une semaine avant de faire un match. » En attendant de réfléchir à son programme pour les semaines à venir, il lui reste le double à disputer à Melbourne, avec son compatriote et ami Thanasi Kokkinakis. En tout cas, avec toutes ces déclarations, on voit bien que la situation sanitaire touche également les acteurs du tennis, qui voudraient un retour à la normale qui semble lettre du temps à se produire.

Crédit photos : @WeAreTennis, @babolat, @atptour

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