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De retour en demies à l’Open d’Australie, Victoria Azarenka a remis les pendules à l’heure face à la presse

Loin d’avoir la langue dans sa poche, Victoria Azarenka (n°24) a remis les pendules à l’heure concernant certains commentaires  dont elle avait fait l’objet il y a une dizaine d’années. C’était ce mardi, en conférence de presse, après sa belle qualification pour les demi-finales de l’Open d’Australie…


Ce mardi, Victoria Azarenka (n°24) a montré de belles choses pour se qualifier pour les demi-finales de l’Open d’Australie. En un peu plus d’une heure et demie, elle a battu l’Américaine Jessica Pegula (n°3) en deux sets 6-4, 6-1. Après sa victoire, elle est apparue détendue en conférence de presse, ce qui ne l’a pas empêchée de dire ce qu’elle pensait, comme c’est souvent le cas avec elle. Ainsi, la joueuse biélorusse est tout d’abord revenue sur des propos qu’elle avait confié par le passé, quand elle avait expliqué parfois être anxieuse sur le court. « En fait, on ne s’en rend pas compte tout de suite », a ainsi confié Victoria Azarenka. « C’est quelque chose qui grandit en vous et vous ne vous en rendez compte que quand c’est trop tard, quand plus rien n’a de sens. Alors vous vous sentez perdue. J’en étais arrivé au point où je ne trouvais plus rien de positif en ce qui me concernait. J’ai cassé quelques raquettes après mon match à Ostrava (elle avait perdu en trois sets 6-4, 4-6, 6-2 face à Ekaterina Alexandrova, ndlr). C’était un moment difficile pour moi. Depuis, j’essaie de me simplifier la vie. » Avant d’ajouter : « J’ai commencé par essayer d’arrêter d’être positive, d’essayer juste de rester neutre. Il fallait que j’accepte cette anxiété, que j’accepte cette peur. J’ai travaillé dessus pour avancer pas à pas. Je fais en sorte de vraiment avancer étape par étape au lieu de tirer des conclusions hâtives. Ce n’est pas facile. C’est un travail quotidien. Mais je suis contente des résultats, je retrouve confiance en moi, je retrouve de la joie. Tout ça m’aide à être plus ouverte, plus compatissante. La compassion, c’était quelque chose que j’avais vraiment du mal à concevoir… »

Et si elle semble se sentir mieux sur le court à Melbourne, il y a encore des moments où Victoria Azarenka semble en proie au doute. Elle a d’ailleurs poursuivi sa réflexion sur l’aspect mental de son jeu, évoquant une peur qu’elle ressent dans les moments de tension. Quand on lui a demandé de qu’elle nature était cette peur, elle a répondu qu’il s’agit de « la peur d’échouer, essentiellement. De ne pas être capable de faire ce que je voulais. Inconsciemment, cela vous empêche justement d’accomplir ce que vous voulez. Je ne me sentais pas à l’aise et cela me faisait peur. » Mais désormais, sa façon de voir les choses et d’aborder les problèmes pendant une rencontre semblent avoir changé. La joueuse de 33 ans le dit elle-même : elle progresse constamment dans ce domaine. « Ce que j’apprécie le plus sur le court maintenant, c’est d’être capable d’accepter ce qui se passe », a-t-elle expliqué. « Si je ne joue pas bien, je cherche une solution alors que dans le passé, j’aurais sûrement laissé la colère m’envahir. Et j’aime cette façon d’appréhender les choses, même si ça peut sembler cliché, même si j’ai déjà dû le dire avant. Mais je ne comprenais pas vraiment de quoi il s’agissait. Maintenant, oui. » Mais le summum de la conférence de presse de la double vainqueur de l’Open d’Australie (2012 et 2013) a été atteint lors des questions suivantes. Accrochez votre ceinture, Victoria Azarenka n’a pas gardé sa langue dans sa poche et ça a fait mal.

En effet, un journaliste a évoqué des faits qui remontent dix ans en arrière, lors de son deuxième sacré à Melbourne. À l’époque, la Biélorusse avait créé la polémique face à l’Américaine Sloane Stephens, en demi-finales. Elle avait demandé un temps mort médical et quitté le terrain alors qu’elle menait 6-1, 5-4 et venait de se faire breaker. Elle avait avancé ensuite qu’elle avait été envahie par ses émotions. À l’évocation de ce souvenir, Victoria Azarenka s’est quelque peu agacée et elle n’a pas mâché ses mots. « Mais est-ce que vous savez vraiment ce qui s’est passé il y a dix ans », a-t-elle demandé au journaliste qui venait de l’interroger. « C’est un des pires moments que j’ai vécu. La façon dont on m’a traitée, la façon dont j’ai dû me justifier jusque tard dans la nuit parce que personne ne me croyait… En fait, ça me fait penser à ce que Novak a dit cette année à propos des doutes sur sa blessure. Je ne sais pas, mais j’ai l’impression qu’il y a cette volonté de créer une histoire avec un méchant et un gentil. Mais il n’y a pas de méchant ou de gentil, nous sommes juste des humains normaux qui traversent beaucoup de choses. Les présomptions, les jugements, tous ces commentaires, c’est de la merde car personne ne connaît l’histoire complète. Et peu importe le nombre de fois où je donnerai ma version, ça ne changera rien. Mais c’est marrant que vous évoquiez cela parce que cela m’a demandé dix ans pour passer à autre chose. » Le journaliste en question a ensuite insisté sur la façon dont la 24ème joueuse mondiale avait pris ces commentaires et ces jugements dont elle parle. Toujours sans langue de bois, voici ce qu’elle a répondu : « On a dit que je trichais, que je faisais semblant, que j’essayais de faire perdre leur concentration à mes adversaires. C’est tellement n’importe quoi par rapport à mon vrai caractère. Mais il faudrait me connaître pour le savoir. J’ai tellement entendu de négatif que le doute a fini par s’installer. Mais maintenant, je m’en fiche. Je suis de plus en plus confiante en moi, je suis en paix avec ça. Tous les commentaires et jugements sont là, je le sais, mais je m’en fiche. » Et si elle remportait un troisième titre en Grand Chelem, dix ans après le dernier, y aurait-il toujours des commentaires négatifs au sujet de Victoria Azarenka ?

Article rédigé par Yannick Giammona
Crédit photos : @AustralianOpen, @WTA_Insider

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