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Open d’Australie : La renaissance de Laurent Lokoli, passé de l’ombre à la lumière…

Il y a un an et demi, Laurent Lokoli (n°176), épuisé et sans envie, avait arrêté le tennis. Après trois tours de qualifications rondement bien menés, il s’est qualifié ce jeudi pour le tableau principal de l’Open d’Australie. Focus sur la renaissance du joueur français, dont la carrière connaît un second souffle.


Après à balle de match scellant sa qualification pour le tableau principal de l’Open d’Australie, huit ans après sa première fois, Laurent Lokoli (n°176) est resté longtemps allongé au sol, avant d’embrasser la surface bleue du court. Il a ensuite levé les yeux au ciel, en mémoire de sa sœur décédée dans un accident de voiture, avant d’aller enfin serrer la main de son adversaire, l’Autrichien Sebastian Ofner (n°193), battu en deux sets 6-3, 7-6 (5). Le joueur français en faisait-il trop ? Certainement pas, surtout après tout ce qu’il a vécu. Du haut de ses 28 ans, il revient de très loin et doit déjà être excité à l’idée d’affronter le Belge David Goffin (n°53) au premier tour du grand tableau. Parce que depuis le début de sa carrière, Laurent Lokoli a (trop) souvent joué de malchance. La preuve ? La semaine dernière, finaliste du Challenger 100 de Nouméa, il est passé à un tout petit point de la victoire. Cependant, le destin en avait décidé autrement : sur balle de match, au bout d’un long rallye, il avait cru son lob gagnant, levé les bras au ciel avant d’être déjugé par l’arbitre ; il s’était ensuite incliné en trois sets 4-6, 7-5, 6-2 face à l’Italien Raul Brancaccio (n°146), après une interruption due à la pluie. « Il y avait tellement de positif sur la semaine que je ne voulais pas rester sur cette défaite, aussi cruelle soit-elle », a expliqué le joueur français après sa victoire jeudi. « J’ai eu un déclic pendant ces qualifs à la perte du second set au deuxième tour, avec balle de match (il s’était finalement imposé face à l’Australien Li Tu en trois sets 6-1, 6-7 [6], 6-2). « Je me suis revu à Nouméa, et devant le miroir quand je suis allé aux toilettes, je me suis dit que cette fois-ci, je prendrai mon destin en mains. J’ai commencé à rentrer dedans et c’est passé. »

En ce début de saison 2023, Laurent Lokoli atteint zon meilleur classement, une 176ème place mondiale. Ce qui peut paraître incroyable quand on l’écoute parler des derniers mois qu’il a vécus. « Il y a un an et demi, je commençais à accuser le coup, à être envahi par les doutes, à sombrer tennistiquement, parce que je n’avais plus de solutions », a ainsi raconté le joueur de 28 ans. « J’ai toujours été un battant, mais là, j’étais triste. Le tennis coûte beaucoup d’argent et ça devenait difficile de joindre les deux bouts. Je me blessais régulièrement, comme si mon corps ne voulait plus. Ça ne servait plus à rien de jouer et j’ai voulu refermer ce chapitre. » Cela aurait été dommage, car on aurait plus retenu cette battle de danse livrée sous la pluie face à Gaël Monfils un jour de Roland-Garros, en 2014, que ses performances tennistiques. Et pour cause, puisque le joueur tricolore n’a, à ce jour, disputé que cinq rencontres sur le circuit principal, pour…. cinq défaites ! Cependant, grâce à une expérience peu commune, il est reparti de l’avant. « J’ai entraîné un jeune de chez nous en Corse pendant six ou sept mois, Lisandru Rodriguez, ça se passait très bien », a confié Laurent Lokoli. « À force de le voir travailler dur, jouer en compétition, j’ai refait un match comme ça, par plaisir et c’est revenu d’un seul coup. Je voulais arriver à mes 35-36 ans avec zéro regret. »

Le joueur d’origine corse a également reçu un soutienn de taille : celui de l’entraîneur de Benjamin Bonzi (n°50), Lionel Zimbler. Il a ainsi intégré son groupe d’entraînement, composé de différents joueurs. Et, l’année dernière, Laurent Lokoli a tenté – à raison – une opération de la dernière chance, malgré les blessures qui s’enchaînent à son retour sur le circuit Futures, sorte de troisième division du tennis. « Je me suis mis des oeillères pour me dire que j’allais m’en sortir », s’est-il remémoré. « Et j’ai tenu, tenu, malgré les claques. En fin d’année dernière, j’ai arrêté la saison fin octobre pour faire un énorme bloc de six semaines. On a bossé comme des chiens, il n’y a pas d’autres mots. Et j’ai tout de suite pris la saison par le bon bout, en enchaînant les bons résultats qui m’ont redonné confiance. » Comme quoi, le travail finit toujours par payer. Petite anecdote : deux stars du tennis se trouvaient dans leq tribunes ce jeudi, pour le dernier tour des qualifications. En effet, Dominic Thiem (n°99) était venu soutenir son compatriote, Sebastian Ofner. Quant à Laurent Lokoli, il était couvé des yeux par l’Italienne Camila Giorgi (n°69), partie après avoir attrapé au vol le baiser du vainqueur lancé dans un clin d’oeil. Un geste d’affection qui semblait vouloir dire : « Je n’aurais jamais cru me retrouver là à nouveau, j’en ai tellement bavé, tellement chié que là, c’est du bonheur. »

Article rédigé par Yannick Giammona
Crédit photo : @AusOpen

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