Analyses

Pour Rafael Nadal, les joueurs modernes délaissent la tactique au profit de la puissance

En marge de la série d’exhibitions qu’il s’apprête à disputer en Amérique du Sud, Rafael Nadal (n°3) a répondu à plusieurs questions en conférence de presse. Il a notamment soulevé un problème : selon lui, tous les joueurs modernes ont un peu le même style de jeu, basé sur la puissance, et utilisent moins l’aspect tactique quand ils évoluent sur un court.


L’air de rien, Rafael Nadal (n°2) a jeté un pavé dans la mare. Présent en Amérique du Sud pour disputer une série de matches d’exhibition face au Norvégien Casper Ruud (n°3), le taureau de Manacor a répondu à plusieurs questions en conférence de presse. L’une d’elle concernait son avis sur le tennis moderne et la nouvelle génération qui débarque sur le circuit. « D’un point de vue personnel, en tant que spectateur, j’aimerais voir un tennis qui offre plus d’opportunités, des styles de jeu plus diversifiés », a notamment expliqué l’homme aux 22 titres en Grand Chelem. « Aujourd’hui, en raison de la façon dont le tennis est joué et dont les courts ou les balles sont fabriqués, je pense que la plupart des joueurs développent un style de jeu très similaire ; la vitesse à laquelle le tennis est joué et les conditions ont si peu de place pour démarrer un jeu tactique. Tout va trop vite pour proposer quelque chose de différent, pour avoir le temps de réfléchir, comme cela pourrait arriver sur terre battue. Le tennis a changé, quand je suis arrivé sur le circuit il se jouait d’une manière différente, le Big 3 a dû s’adapter pour rester compétitif et s’améliorer. Les choses se sont très bien passées pour moi, je ne peux pas me plaindre, mais j’aime davantage un autre type de tennis. » Alors, êtes-vous en accord avec les propos de Rafael Nadal, pour qui le jeu actuel n’est basé que sur la puissance sans véritable plan de jeu tactique ?

D’un côté, on peut se dire que le Majorquin n’a pas complètement tort dans ses propos. En effet, depuis une bonne vingtaine d’années, le matériel et les surfaces se sont uniformisés. D’une marque à l’autre, les raquettes peuvent avoir des caractéristiques très proches, notamment concernant le poids, la taille du tamis et l’équilibre. Par ailleurs, il n’y a plus d’énormes différences entre les balles fabriquées par les marques présentes sur le circuit professionnel (Babolat, Head, Wilson ou encore Artengo). Enfin, les surfaces sur lesquelles les joueurs évoluent à longueur d’année sont désormais très proches. Comparé aux années 80 et 90, il n’y a plus d’énormes différences entre la terre battue, le gazon et les surfaces en dur. L’herbe, comme à Wimbledon, a été ralentie et on voit de moins en moins de serveurs-volleyeurs sur le circuit professionnel. Sur toutes les surfaces, c’est ainsi le jeu de fond de court qui est privilégié. Ces surfaces nécessitent en effet une grande puissance pour faire avancer la balle et donc les joueurs développent leurs qualités physiques dans ce sens. Cependant, même s’ils jouent avec beaucoup de forces, il reste encore des joueurs qui savent se montrer offensifs, à l’instar du Danois Holger Rune (n°11) qui a montré toute l’étendue de son talent et ses progrès en fin de saison (et notamment lors du Masters 1000 de Paris-Bercy).

D’un autre côté, on ne peut pas dire que Rafael Nadal a tout à fait raison. Lui-même fait toujours preuve d’une grande intelligence tactique, tout comme son plus grand rival : Novak Djokovic (n°5). Parmi les joueurs plus jeunes, on peut citer le Russe Daniil Medvedev (n°7), un joueur capable d’adapter son plan tactique à l’adversaire qui se trouve de l’autre côté du filet. Par ailleurs, on pense que le joueur espagnol a voulu dire qu’il manque des joueurs créatifs sur le circuit, sans pour autant être de grands attaquants. On peut penser à des joueurs comme Stefanos Tsitsipas (n°4), Nick Kyrgios (n°22), Carlos Alcaraz (n°1) ou encore Holger Rune. Mais ils ne sont pas majoritaires et certains, comme le Grec ou l’Australien (il est encore trop tôt pour se prononcer sur le Danois et l’Espagnol a un jeu qui l’a fait devenir, à 19 ans seulement, n°1 mondial), sont capables de coups d’éclat mais n’ont pas encore remportés de titres majeurs. En effet, Stefanos Tsitsipas a déjà remporté des trophées aux Masters et en Masters 1000 mais il n’a disputé qu’une seule finale en Grand Chelem (Roland-Garros en 2021). Même constat pour Nick Kyrgios, qui a atteint la finale à Wimbledon cette saison mais qui, malgré son talent et sa créativité, n’a remporté que des tournois ATP 250 et ATP 500. Alors, faut-il plus de diversité pour rendre le tennis plus attractif ? Nous avons bien notre avis sur la question mais ça, c’est un autre débat…

Article rédigé par Yannick Giammona
Crédit photos : @ESPNtenis, @UniversTennis

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