Analyses

La Coupe Davis, « un fiasco populaire » selon Nicolas Mahut

On ne pouvait pas ne pas en parler. Même si nous avons décidé de boycotter ce nouveau format de la Coupe Davis, depuis sa création, voir comment cette semaine s’est déroulée nous fait mal au cœur. Notamment à Hambourg, où l’équipe de France de Sébastien Grosjean et Nicolas Mahut a évolué dans un stade quasiment vide à chaque rencontre. Ce qui, selon les dires du pilier du double tricolore, est « un fiasco populaire. » Comment ne pas lui donner raison ?


Tout au long de cette semaine de Coupe Davis, à Hambourg, on a pu entendre les mouches voler et la pluie s’abattre sur le toit de la Am Rothenbaum, où se sont déroulées les rencontres du Groupe C, dont faisait partie la France. Ce stade, qui accueille l’été le tournoi ATP 500 de Hambourg et qui résonne au rythme des appaludissements, semblait ainsi désespérément vide et silencieuse. Même quand l’Allemagne jouait, le stade n’était rempli qu’au tiers de ses capacités, tout au plus. « C’est vraiment triste depuis 2019 », a constaté Nicolas Mahut, pilier du double français, dans des propos rapportés par nos confrères du quotidien L’Equipe. « Ça n’attire personne. Ça n’a donc pas réservé de grandes surprises. Ça a été un fiasco populaire. Il y a plein de choses à revoir, dont le prix des places. Autour de 80 euros, c’est beaucoup trop… Je ne sais pas qui a pris cette décision-là. Même contre l’Allemagne, ce n’était pas rempli à moitié. De toute façon, on en revient toujours au même… Et je ne comprends pas trop la candidature de Hambourg. C’est la seule compétition en indoor où tu regardes la météo avant d’aller jouer. S’il fait beau, il peut y avoir des traces d’ombre sur le court. S’il pleut beaucoup, tu n’entends plus la balle. Avec le vent, les conditions sont plus lourdes… Je suis assez surpris que ce court ait été retenu, sans vouloir me cacher derrière des excuses. »

Cette semaine, rien n’a semblé aller. On se serait cru dans une autre dimension, si loin de ce qui a fait la gloire de la Coupe Davis. Par exemple, ce speaker censé introduire les équipes avant chaque rencontre et faire monter l’ambiance n’avait rien à faire là. Plein de bonne volonté, il parlait dans la langue locale mais la majorité des gens présents dans l’arène ne comprenait rien. Et que dire de la sono qui, comme le reste, n’était pas à la hauteur de l’événement. « Ce n’est pas génial », disait Adrian Mannarino (n°47) mercredi. « Mais il faut comprendre. Un Australie-Belgique à Hambourg en milieu de semaine, il faut être courageux pour venir. C’est triste de voir cette salle vide, mais c’est normal. » Autre bizarrerie : les conditions de jeu, pas vraiment en indoor malgré le cahier des charges de Kosmos (propriété de Gerard Piqué, le célèbre défenseur du FC Barcelone), qui stipule que les rencontres doivent se disputer en indoor. « J’ai trouvé que les conditions n’étaient pas évidentes pour une quasi phase finale de Coupe Davis », a confié de son côté Arthur Rinderknech (n°59). « On joue dedans, mais aussi dehors. Il fait une espèce de 13 degrés avec beaucoup d’humidité. Il pleut pas mal et parfois le son de la pluie couvre la balle (qui devenait étrangement lourde après à peine quelques coups de raquette). Il y a des courants d’air partout, on a l’impression d’être à Marseille en plein mistral. »

Enfin, il faut également évoquer le format de cette compétition, qui change chaque année pour tenter de rattraper le coup. « Je préfère déjà les poules de quatre aux poules trois », a expliqué Nicolas Mahut. « Mais ce qui est dur aussi, c’est de jouer deux rencontres de suite dans ce format, nerveusement et physiquement. Sur le circuit, on sait enchaîner les matches. Mais en Coupe Davis, avec l’adrénaline et l’influx que tu y laisses, ce n’est pas la même fatigue. Les Allemands, qui reçoivent, bénéficient d’un jour de repos entre chaque rencontre. Toutes les équipes ne jouent pas dans les mêmes conditions. Ce n’est pas équitable. » De toute façon, tant que Kosmos sera en mesure d’honorer ses promesses financières aux fédérations, il sera vain de croire au retour d’une formule historique et plus satisfaisante que celle qui offre encore des matches à quasi huis clos dès lors que le pays hôte n’est pas concerné. Même si ce qu’il s’est passé à Hambourg n’est pas forcément ce qu’il s’est passé dans d’autres villes concernées par la Coupe Davis, comme Valence ou Glasgow. Là, on a pu assister à des rencontres acharnées entre joueurs phare. Même si Novak Djokovic (n°7) n’était pas là, des joueurs comme Carlos Alcaraz (n°1), Jannik Sinner (n°11), Taylor Fritz (n°12) et Félix Auger-Aliassime (n°13) se sont démenés pour prouver l’attractivité de ces rencontres où l’on joue pour son pays. Pas de quoi nous convaincre, cependant, car selon nous Kosmos a tué la Coupe Davis et ce n’est plus la même compétition à laquelle nous assistons désormais.

Article rédigé par Yannick Giammona
Crédit photos : @FFTennis, @AntRech, @luis021002

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