Analyses

Daniil Medvedev et Taylor Fritz : leur point de vue, parfois tranché, sur la nouvelle règle du coaching

Deux joueurs, qui se sont affrontés ce vendredi en quarts de finale du Masters 1000 de Cincinnati, se sont exprimés sur la nouvelle règle de l’ATP, qui autorise les entraîneurs à faire du coaching depuis leur box. Mise en place depuis le 11 juillet dernier, cette nouvelle règle est loin de faire l’unanimité auprès des principaux acteurs du tennis. En effet, Taylor Fritz (n°13° est totalement contre – tout comme Nick Kyrgios (n°28) -, alors que Daniil Medvedev (n°1) ne pense pas que cela puisse influer sur le court du jeu.


Ce vendredi, Daniil Medvedev (n°1) s’est qualifié pour les demi-finales du Masters 1000 de Cincinnati en éliminant Taylor Fritz (n°13) en deux sets 7-6 (1), 6-3. Avant de s’affronter, les deux joueurs s’étaient exprimés, en conférence de presse, sur la nouvelle règle de l’ATP qui autorise le coaching depuis les tribunes. Et encore, il faut que le joueur et l’entraîneur soient du même côté du court pour pouvoir discuter entre eux. Sinon, seuls des gestes sont autorisés. Depuis quelques semaines, on peut ainsi entendre les coachs prodiguer quelques conseils à leurs joueurs, en pleine rencontre. Comme Craig Boynton avait pu le faire avec son joueur, Hubert Hurkacz (n°10), la semaine dernière lors du Masters 1000 de Toronto. Cependant, l’avis de Taylor Fritz est tranché : il n’aime pas du tout cette règle ! « C’est une règle stupide », a-t-il déclaré en conférence de presse. « L’intérêt du tennis est de savoir se débrouiller seul. C’est ridicule de pouvoir être mauvais tactiquement, mais d’avoir quelqu’un vous disant quoi faire. Je déteste ça. » Il a d’ailleurs ajouté qu’il n’avait pas parlé une seule fois à son entraîneur, Mike Russell, depuis le court. « Je n’ai pas parlé à Mike et il ne m’a pas parlé une seule fois depuis que le coaching est autorisé », a ainsi argumenté le 13ème joueur mondial. « Le tennis est un sport individuel. Pourquoi n’en faisons-nous pas un sport individuel ? Une grande partie du tennis est, dans mon esprit, autant mental que physique, et une grande partie est que vous devez le comprendre sur le court par vous-même. Vous devez être celui qui le comprend. »

Notez que l’Australien Nick Kyrgios (n°28) avait critiqué cette mesure dès son annonce, au mois de juin dernier. Ainsi, le joueur australien avait affirmé qu’il était « en désaccord complet » avec l’autorisation du coaching. « Le joueur doit comprendre les choses par lui-même. C’est la beauté du tennis. » Il avait même posé la question suivante, plutôt intelligente : « Que se passerait-il si un joueur de haut niveau jouait contre un joueur de rang inférieur qui ne peut pas se permettre d’avoir un entraîneur ? » Il faut savoir que cette règle est en période d’essai. Elle n’est pas encore définitive. Cependant, lors de l’annonce de cette période d’essai, l’entraîneur de Simona Halep (n°6), Patrick Mouratoglou, avait eu une réaction totalement inverse. Lui est plutôt en faveur du coaching, depuis longtemps, et il ne s’était pas gêné pour féliciter l’ATP de « légaliser une pratique qui se poursuit à presque tous les matchs depuis des décennies. » En effet, plusieurs joueurs ont déjà accusé leurs adversaires de recevoir illégalement des conseils de leur coach durant un match.

À l’Open d’Australie, plus tôt cette année, Daniil Medvedev avait exprimé sa frustration de voir son adversaire, le Grec Stefanos Tsitsipas (n°7), recevoir des instructions de la part de son père, Apostolos. Cette semaine, à Cincinnati, le n°1 mondial a expliqué qu’il n’était pas contre ces nouvelles règles, bien qu’il ne pense pas que cela ait trop d’impact sur le jeu. « Pendant le match, je ne vois pas vraiment comment un entraîneur peut aider comme dans certains autres sports, où la tactique est importante », a déclaré Daniil Medvedev en conférence de presse. « Mais ça peut parfois changer la donne. Quand je joue Fritz, même si c’est notre première rencontre, je sais quand même comment il joue et il sait comment je joue. » Quoi qu’il en soit, la prochaine fois qu’il affrontera le joueur grec, le n°1 mondial ne pourra plus rien dire s’il le voit échanger avec son père de coach ! Et vous, que pensez-vous de cette règle ? Êtes-vous plutôt en faveur d’une évolution des règles du tennis, ou êtes-vous plutôt traditionnalistes, comme l’Américain Taylor Fritz ?

Article rédigé par Yannick Giammona
Crédit photos : @atptour, @CincyTennis

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