Analyses

De Roland-Garros à Wimbledon : comment réussir la transition entre terre battue et gazon ?

Depuis deux décennies, on dit que le gazon a été ralenti. La transition entre la terre battue et le tapis vert semble donc moins difficile qu’avant pour les joueuses et les joueurs professionnels. Cependant, il n’est pas facile de s’adapter aux spécifités du jeu sur herbe, notamment pour les rameurs de fond de court, qui excellent sur ocre. Alors, quels ajustements doivent faire les plus grandes stars du jeu ? C’est ce que nous allons tenter de voir ici…


Pour la plupart des joueuses et des joueurs, la transition de la terre battue au gazon peut s’avérer délicate et difficile. Pourtant, pour les plus anciens, vous avez connu une joueuse comme Martina Navratilova, qui a appris à jouer au tennis sur terre battue avant de voir son jeu atteindre sa pleinitude sur le tapis vert. « La terre battue ne convenait pas vraiment à mon jeu, mais je savais comment le faire progresser », a expliqué l’ancienne championne dans des propos relayés par le site officiel de la WTA. « Le problème sur terre battue, c’est quand vous arrivez au filet. Parce que vous ne pouvez pas récupérer après la volée, vous ne pouvez pas manœuvrer et atteindre la balle assez rapidement. » Le jeu de l’ancienne Tchécoslovaque, très athlétique avec un rebond bas, était fait pour le jeu sur gazon. Ainsi, elle a remporté neuf fois Wimbledon en simple, sept fois en double dames et quatre fois en double mixte. Aujourd’hui, la saison sur gazon est courte et ne s’étend que sur une trentaine de jours. Par conséquent, la différence avec la terre battue semble amoindrie qu’à son époque. « Il n’y a plus autant de différence entre la terre battue et le gazon qu’avant », a déclaré Martina Navratilova. « Les courts en terre battue sont plus rapides, avec l’utilisation de balles plus légères, et l’herbe est plus lente. »

Peu de sports professionnels ont des surfaces aussi variées que le tennis. Pour réussir dans ce sport, un athlète doit être particulièrement fluide et flexible. D’ailleurs, on trouve peu de joueuses ou de joueurs encore actifs à avoir remporté à la fois Roland-Garros et Wimbledon. Chez les hommes, on peut parler du Big Three, forcément à part : Roger Federer (n°50), Rafael Nadal (n°4) et Novak Djokovic (n°1). Chez les femmes, on a Serena Williams (n°1223), avec trois titres à Roland-Garros et sept à Wimbledon, Simona Halep (n°20) et Garbiñe Muguruza (n°10). La question de l’adaptation entre les deux surfaces va notamment se poser pour la Polonaise Iga Swiatek (n°1), désormais double championne à Roland-Garros, qui n’a remporté jusque-là que trois rencontres à Wimbledon en deux participations. Cependant, elle a remporté le titre chez les Juniors, il y a quatre ans ; mais la concurrence n’était pas la même. Si la joueuse elle-même n’était pas très confiante, après sa victoire Porte d’Auteuil, quant à ses capacités à être performante sur gazon, son entraîneur, Tomasz Wiktorowski, lui a dit qu’il pensait qu’elle avait le jeu pour évoluer sur gazon. « Je ne sais encore rien à ce sujet », a déclaré Iga Swiatek à Paris. « Mais honnêtement, le gazon c’est toujours délicat. En fait, j’aime le fait de ne pas avoir d’attentes là-bas. C’est plutôt rafraîchissant. »

Selon Brad Gilbert (qui a entraîné Andre Agassi, Andy Roddick ou encore Andy Murray, des joueurs plutôt à l’aise sur gazon), ce qui rend la transition si difficile, c’est qu’elle est abrupte. « Vous avez moins de temps », a-t-il expliqué. « Pour passer de la terre à l’herbe, vous avez trois semaines Avant, c’était seulement deux semaines. Le gazon reste la surface la plus dure dans les nuances de mouvement. Vous ne pouvez pas suivre les balles aussi bien que sur d’autres surfaces. » Le plus gros ajustement se situe au niveau du jeu de jambes. Au début du siècle, le gazon de Wimbledon était beaucoup plus rapide, favorisant les excellents services de Venus Williams et Goran Ivanisevic. En 2001, Goran Ivanisevic a établi un record de 213 aces quand il a remporté le titre. Aujourd’hui, l’herbe est beaucoup plus lente et on voit beaucoup plus de retours de service qu’auparavant. Cependant, le rebond est tellement bas que le retour de service reste peut-être le coup le plus difficile à jouer sur gazon. Et pourtant, des joueurs comme Rafael Nadal, qui lifte la balle et la fait rebondir un peu plus, sont déjà parvenus à s’imposer au All England Club. Même si la deuxième et dernière victoire du Majorquin remonte désormais à douze ans. Par ailleurs, la cadence est plus rapide que sur les autres surfaces, avec une balle qui revient plus vite, ce qui donne moins de temps de préparation pour les joueurs. Quoiqu’il en soit, certains joueurs ou certaines joueuses qui ont bien figuré lors du dernier Roland-Garros devront faire des ajustements pour réaliser des performances similaires à Wimbledon. Comme prendre la balle plus tôt et aller vers l’avant, ce qui amène à travailler sa volée. La transition est en marche.

Article rédigé par Yannick Giammona
Crédit photos : @ptpaplayers, @Wimbledon

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