Roland-Garros

Diane Parry, la belle histoire de ce début de Roland-Garros

Ce lundi, au premier tour de Roland-Garros, la Française Diane Parry (n°97) a signé la grosse perf’ du début du tournoi ! En effet, après avoir perdu le premier set 6 jeux à 1, elle a éliminé la tenante du titre, la Tchèque Barbora Krejcikova (n°2). Talentueuse, voire brillante par séquences, la joueuse de 19 ans a prouvé au monde entier qu’elle représentait l’un des espoirs du tennis féminin français. Pourra-t-elle confirmer au tour suivant ? La question est posée…


C’est déjà la plus belle victoire de sa jeune carrière. Au premier tour de Roland-Garros, ce lundi, Diane Parry (n°97) a sorti la Tchèque Barbora Krejcikova (n°2), tenante du titre, en trois sets 1-6, 6-2, 6-3. A 19 ans, la joueuse français a ainsi remporté sa toute première victoire sur le Court Philippe-Chatrier (mais pas la première du côté de la Porte d’Auteuil). Quant à son adversaire, qui n’avait plus rejoué depuis le 23 février dernier, elle évoquait une énorme baisse physique pour expliquer sa défaite. « Pendant un peu plus d’un set, j’étais la meilleure joueuse sur le court », a déclaré Barbora Krejcikova. « Jusqu’à 6-1, 2-0, tout allait bien. Puis j’ai pris le mur. Je me suis effondrée physiquement. » Il faut dire qu’au fil des semaines, elle a déclaré forfait pour tous les tournois de préparation sur terre battue. Et si elle est venue à Paris, c’est plus par respect pour le tournoi qui avait fait sa gloire en 2021 qu’avec de réelles convictions. « Est-ce que j’aurais joué si ça n’avait pas été Roland-Garros ? Je ne sais pas, je n’en suis pas sûre », a-t-elle ajouté. Ce qui n’enlève rien à l’exploit réalisé par Diane Parry, mal embarquée, qui a su inverser la tendance et ne pas se laisser prendre par l’enjeu.

Car on le sait très bien : jour sur le Court Philippe-Chatrier, pour une joueuse française, n’est jamais chose facile. Qui plus est quand on n’a encore remporté aucune victoire dans le Grand Chelem parisien. « C’était compliqué, déjà, de rentrer sur ce court », a avoué la joueuse tricolore. « On a forcément envie de bien faire, surtout qu’il y avait beaucoup de gens que je connais qui étaient venus me voir. En plus, je joue la n°2 mondiale, qui a gagné l’année dernière. Et je pense qu’on a tendance à surjouer de temps en temps, pour vouloir en faire un peu plus, alors qu’il n’y a peut-être pas forcément besoin. » Depuis 2018, Diane Parry est entraînée par Gonzalo Lopez Sanchis. Qui lui reproche de parfois vouloir trop faire du beau jeu, esthétique, au détriment de l’efficacité. Ce qui a une conséquence : « J’ai tendance à me frustrer quand je sens que mon jeu n’est pas forcément en place », a indiqué la 97ème joueuse mondiale. « Je travaille là-dessus, parce qu’on se rend compte que sur le circuit, il y a plein de matches qu’on gagne en ne jouant pas forcément très bien, juste en tenant la balle, en faisant jouer l’autre un coup de plus. Donc, j’essaie de progresser là-dessus. En tout cas, c’est ce que j’ai fait à certains moments de ce match. » D’ailleurs, après avoir été breakée au début de la troisième manche, elle a serré le jeu, sorti sa panoplie de jeu tout en variations et c’est elle qui a repris le dessus. Jusqu’à réaliser le bel exploit que nous avons pu voir, ce qui a fait d’elle la première joueuse française à passer le premier tour dans cette édition 2022 de Roland-Garros.

N°1 mondiale chez les Juniors en 2019, elle s’était d’aileurs déjà fait remarquer dans le grand tableau du Grand Chelem parisien cette année-là. En effet, Diane Parry était devenue la plus jeune joueuse tricolore à remporter un match dans le grand tableau à Roland-Garros. Elle était alors âgée de 16 ans. « Les comparer, c’est dur, parce qu’il y a eu un gros laps de temps entre les deux », a déclaré la joueuse de 19 ans. « Et c’est vrai que j’étais beaucoup plus jeune. C’était sur un plus petit court, aussi. Tout était différent. Aujourd’hui, c’est encore plus important pour moi, puisque j’ai joué sur ce Court Philippe-Chatrier rempli de monde, contre la tenante du titre… J’ai beaucoup évolué entre temps, mentalement, dans mon jeu, physiquement aussi, même s’il reste encore beaucoup de travail. » Quoiqu’il en soit, celle qui a grandi à Boulogne-Billancourt, à deux pas du stade Roland-Garros, a réalisé un rêve de gosse. Elle habite toujours tout près de là et elle a le luxe de pouvoir rentrer chez elle tous les soirs. « Ça permet de sortir un peu la tête du tournoi et ça fait du bien », a-t-elle assuré. « Ce court central, je l’ai vu tous les jours en allant à l’école, quand ma mère m’emmenait le matin. Je rêvais de pouvoir jouer une fois dessus dans ma vie. Je l’ai fait et en plus, j’ai gagné. C’est encore mieux. » Espérons qu’elle puisse réaliser d’autres rêves au court de cette quinzaine, qui pourrait bien être celui de la révélation pour cette espoir du tennis féminin français.

Article rédigé par Yannick Giammona
Crédit photos : @WeAreTennisFR, @rolandgarros

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