Analyses

Rome, Bordeaux, Trophée Lagardère : la grande débâcle du tennis français

C’est indéniable : le tennis français va mal. Le constat est là et il est mis en exergue, cette semaine, par les résultats des joueuses et joueurs tricolores dans les différents tournois des circuits principaux et secondaires. Semaine après semaine, nos représentants nous inquiètent de plus en plus, notamment à quelques jours seulement du début de Roland-Garros. De là à nous demander quand cette grande débâcle prendra fin.


Bientôt, Jo-Wilfried Tsonga (n°263) et Gilles Simon (n°160) prendront leur retraite. Richard Gasquet (n°77) ne devrait pas tarder à suivre. C’est toute une génération du tennis français qui va disparaître, et avec elle les grandes heures de gloire que nous avons pu connaître. Quand on connaît la richesse du vivier du tennis tricolore, on ne devrait pas avoir à nous inquiéter. Pourtant, ce qu’il se passe cette semaine sur les différents circuits n’est en rien rassurant. Au Masters 1000 de Rome, chez les hommes, aucun joueur français n’était directement qualifié pour le grand tableau. Gaël Monfils (n°21) aurait pu en faire partie, mais il a préféré renoncer et se reposer à l’aube de Roland-Garros, à cause d’une gêne au talon. Par ailleurs, Arthur Rinderknech (n°63) – qui aurait pu prendre part aux qualifications – est aussi sur le banc de touche à cause d’un problème au poignet. Par conséquent, ils n’étaient que trois à disputer le tournoi qualificatif : Ugo Humbert (n°44), Benoît Paire (n°65) et Adrian Mannarino (n°71). Seulement, ils n’ont pas rencontré le succès, puisque tous les trois ont été éliminés dès le premier tour. La conséquence est rude : pour la première fois depuis la création de cette catégorie en 1990, aucun joueur français ne participe donc à un tournoi de catégorie Masters 1000. Là, on commence à s’inquiéter.

On se disait alors que nous pourrions compter sur le fort contingent français présent au Challenger 125 de Bordeaux, l’un des plus relevés avant Roland-Garros. Neuf joueurs tricolores sur la ligne de départ, un seul a pour l’instant validé son billet pour le deuxième tour. Il s’agit de Quentin Halys (n°100), qui est peut-être la seule éclaircie du moment dans un ciel bien sombre. Mis à part cela, plusieurs défaites inquiétantes sont à noter. A commencer par celle de Richard Gasquet, éliminé par l’Américain Christopher Eubanks (n°157) en trois sets 4-6, 6-3, 7-6 (6). Ou encore celle de Lucas Pouille (n°165), qui a pourtant été invité pour le Grand Chelem parisien, qui s’est incliné face à l’Uruguayen Martin Cuevas (n°414) en trois sets 4-6, 6-3, 7-6 (5). Et que dire de la défaite de Pierre-Hugues Herbert (n°169), éliminé par le Marocain Eliott Benchetrit (n°457) en trois sets 3-6, 7-6 (3), 6-4. Trois défaites alors que les joueurs tricolores avaient remportés la première manche, signe que le mal semble être profond dans la tête de nos représentants. La défaite d’Hugo Gaston (n°68), tête de série n°1 à Bordeaux, peut presque sembler moins inquiétante, puisqu’il avait en face de lui un Fernando Verdasco (n°109) en pleine renaissance. Ce qui ne l’a pas empêché de perdre ne deux sets 6-2, 6-2. Le dernier espoir d’avoir une belle perf française dans le sud-ouest viendra peut-être de Benjamin Bonzi (n°56), tête de série n°2 et vainqueur du Challenger 100 d’Aix-en-Provence lundi. Ce mercredi, il entamera son tournoi face à son compatriote Grégoire Barrere (n°210), qu’il a battu… en finale à Aix !

Du côté des dames, ce n’est guère mieux. Alizé Cornet (n°39) devait se sentir bien seule au tournoi WTA 1000 de Rome. Seule joueuse française dans le grand tableau, elle a perdu d’entrée contre une très bonne Simona Halep (n°21), en deux sets 6-4, 6-4. Avec aucune autre représentante dans le Top 50 et quelques joueuses blessées (comme Caroline Garcia), les autres se sont rabattues sur le tournoi WTA 125 du Trophée Lagardère, disputé cette semaine à Paris. Mais même là, les déceptions se sont enchaînées au premier tour. Kristina Mladenovic (n°100), Chloé Paquet (n°101), Fiona Ferro (n°139) et Tessah Andrianjafitrimo (n°144) ont toutes les quatre perdu d’entrée. Seules Diane Parry (n°96) et Elsa Jacquemot (n°229) sont parvenues à se qualifier pour le deuxième tour. Jusqu’où iront-elles ? Difficile à dire. Quoi qu’il en soit, ce constat nous inquiète tout de même un peu à quelques jours de Roland-Garros. Espérons que les qualifications pour le Grand Chelem parisien nous apportent un peu de réconfort, avant le début du tableau principal où on prira pour voir le plus grand nombre de Français franchir les premiers tours. Avec l’espoir d’en voir un ou deux en deuxième semaine

Article rédigé par Yannick Giammona
Crédit photos : @MalvesinDorian, @AlcarazCarlos01, @TropheeLPR

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