Reportages

Lesia Tsurenko publie un message de détresse à propos de la guerre en Ukraine

Ce mardi, une joueuse unkrainienne, une de plus, s’est exprimée sur la guerre qui sévit actuellement dans son pays. Il s’agit de Lesia Tsurenko (n°135), qui a évoqué le fait qu’elle viviat à Kiev et n’a plus d’endroit où elle se sent chez elle. Par ailleurs, elle a raconté les diffilcutés mentales provoquées par ce conflit armé, qui conduit chez elle à des crises de panique et même de la culpabilité.


Lesia Tsurenko (n°135), âgée de 32 ans, a perdu ce mardi au premier tour du tounoi WTA 125 de Marbella, qui se dispute sur terre battue. Juste après sa défaite d’entrée face à la Française Océane Dodin (n°97), la joueuse ukrainienne a posté un tweet, dont le message ne peut pas laisser indifférent. « Après avoir vécu le pire mois de ma vie avec des maux de tête permanents, des crises de panique et de la culpabilité à cause de la guerre en Ukraine, je suis confronté à un nouveau défi : en tant que joueuse basée à Kiev, je n’ai nulle part où aller », a-t-elle notamment écrit. « Désormais, chaque Ukrainien a sa propre histoire cauchemardesque… Où devrais-je aller ? » Pour nos confrères du quotidien L’Equipe, Lesia Tsurenko a accepté de parler de son quotidien depuis le début de la guerre. « Je cherche un lieu en Europe pour m’entraîner ces prochaines semaines, peut-être louer quelque chose pour une période plus longue, six mois par exemple », a expliqué la joueuse de 32 ans. « Un endroit qui me permette de me sentir chez moi. C’est le conseil que m’a donné mon agent. Ne pas continuer à voyager avec quatre valises en permanence… » Avant de tempérer : « Je suis consciente que ce que je vis n’a rien à voir avec ce qui vivent mes compatriotes en Ukraine, mais j’aimerais simplement que la WTA s’intéresse à ma situation. Aujourd’hui, c’est très difficile pour une joueuse comme moi d’être sur le circuit. Malheureusement, je fais face à beaucoup de défis en ce moment, pas seulement le fait de ne pas pouvoir rentrer chez moi. »

Parmi ces défis dont parle Lesia Tsurenko, il y a bien sûr ces bombardements quotidiens que vivent les Ukrainiens, notmament dans la ville de Kiev, où elle vivait encore il y a peu. « Je vis avec une angoisse permanente à cause des nouvelles qui arrivent d’Ukraine », a ainsi expliqué la 135ème joueuse mondiale. « Par exemple, aujourd’hui (ce mardi, ndlr), des bombes ont explosé sur des bâtiments gouvernementaux dans la région où j’ai grandi, dans la ville où j’ai vécu pendant un an, Mikolaïv. J’ai étudié là-bas, je me suis entraînée là-bas. Ce n’est pas loin de là où vit ma mère en ce moment… Tout ça est très douloureux. » Elle a ensuite évoqué le fait que dans le milieu du tennis, très peu de gens ont pris position depuis le début de ce conflit armé. Comme si maintenir le silence pouvait faire oublier ce qu’il se passe en Ukraine. « À côté de ça, j’ai l’impression que le monde du tennis vit normalement, que rien n’a vraiment changé », a ajouté Lesia Tsurenko. « C’est très difficile d’être sur le circuit. J’ai l’impression que mes adversaires ont un avantage quand elles m’affrontent. Elles n’ont pas tous mes problèmes, elles n’ont pas toutes ces difficultés mentales que je dois surmonter. » En parlant du mental, on peut comprendre qu’une joueuse originaire d’un pays en guerre ait du mal à se concentrer à 100% sur son tennis. On l’a déjà vu avec des joueuses comme Elina Svitolina (n°20), Marta Kostyuk (n°55) ou encore Dayana Yastremska (n°104). A son tour, Lesia Tsurenko a expliqué comment cela se traduisait chez elle. « Ce stress permanent a des conséquences sur mon corps », a-t-elle confié. « Lundi, en plein entraînement, sans stress particulier, j’ai commencé à faire des crises de panique. Mon corps s’est mis à trembler. Pendant vingt minutes, j’étais comme paralysée. J’étais assise à côté du court, incapable de rentrer au vestiaire, incapable de respirer. J’ai des maux de tête tout le temps, tous les jours, plus ou moins violents. Pendant les matches, parfois, je me sens vidée, sans énergie. »

Au-delà de ce stress et de ces difficultés mentales, Lesia Tsurenko – comme d’autres joueuses ukrainiennes, ou d’anciens joueurs partis faire la guerre dans leur pays – ressent de la colère. Un sentiment qu’elle a tenté d’expliquer à travers ces mots : « Je ressens aussi beaucoup de colère. Une colère terrible qui explose à l’intérieur de moi. J’ai parlé à beaucoup de joueurs et joueuses ukrainiens : on ressent tous cette colère parce que notre pays est attaqué et qu’on ne peut rien faire. Si vous saviez combien je me sens coupable de ne pas être là-bas… Avant Indian Wells, je me suis demandé si je devais rester et jouer ou me porter volontaire et rentrer pour aider mon pays, d’une façon ou d’une autre. Après une longue réflexion, j’ai décidé de rester et de jouer au tennis, mais c’est devenu très difficile. Je fais de mon mieux… J’espère que mon système nerveux et mon corps vont s’adapter et que ça sera mieux dans les prochaines semaines. » Enfin, Lesia Tsurenko a élargi sa réflexion en pensant à ce qu’il se passera après cette guerre terrible. Avant le conflit, elle avait déjà des projets pour un après-carrière qui, la trentaine passée, se rapprochait inexorablement. « La vie, ce n’est pas seulement jouer au tennis », a tenu à ajouter la joueuse ukrainienne. « J’aime profondément mon pays. Je vis là-bas. J’avais prévu de rester à Kiev après la fin de ma carrière. Je voulais y fonder une famille avec mon mari et développer le tennis dans mon pays. Organiser des tournois, ouvrir une académie, créer des études pour les entraîneurs et les coachs physiques… J’avais beaucoup de projets. Là, tout est différé. Il y a beaucoup de points d’interrogation dans ma vie à l’heure actuelle. » Comme toutes les joueuses ukrainiennes, elle connaît donc une période difficile. Notez que de son côté, Elina Svitolina a décidé de faire une pause de quelques jours, prête à manquer le début de la saison sur terre battue pour se remettre es vives émotions provoquées par cette situation insoutenable.

Article rédigé par Yannick Giammona
Crédit photos : @LTsurenko, @JJlovesTennis

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