Analyses

Jiri Vesely, finaliste à Dubaï et étonnante bête noire de Novak Djokovic

La victoire de Jiri Vesely (n°123) face à Novak Djokovic (n°1), ce jeudi au tournoi ATP 500 de Dubaï, rentre dans l’histoire du tennis comme étant celle qui mettra fin au règne du Big 4 Four, du moins temporairement. En effet, elle permettra au Russe Daniil Medvedev (n°2) de devenir numéro 1 mondial. Celui-ci restera à jamais le premier homme à avoir mis fin à l’hégémonie de Roger Federer (n°27), Rafael Nadal (n°5), Andy Murray (n°83) et Novak Djokovic, dont il semble d’ailleurs être une sorte de bête noire, vainqueur deux fois en eux rencontres face au Serbe !


Cette victoire de Jiri Vesely (n°123) en deux sets 6-4, 7-6 (4) confirme que le joueur tchèque est une bête noire du Serbe, puisqu’il l’avait déjà battu en 2016 lors du Masters 1000 de Monte-Carlo (6-4, 2-6, 6-4) et qu’il n’a donc jamais perdu contre lui. Il rejoint ainsi Nick Kyrgios (n°133) et Marat Safin (ex-n°1 mondial), les deux autres seuls joueurs à n’avoir jamais perdu face à Novak Djokovic (n°1). Une performance qui a forcément ému Jiri Vesely, qui a contracté la Covid-19 et a été récemment victime d’un accident de voiture. « C’est un sentiment incroyable », a déclaré le Tchèque après son exploit. « Je ne pensais vraiment pas avoir une chance contre Novak, contre l’un des meilleurs joueurs de tous les temps, si ce n’est le meilleur. Après cette dernière année compliquée, je dois dire qu’il y a beaucoup d’émotions qui me traversent en ce moment, c’est assez difficile à décrire mais le sentiment est absolument incroyable. Pour être tout à fait honnête, jouer contre Novak est tellement difficile, c’est un défenseur phénoménal, il est sur chaque balle, il faut vraiment mériter chaque point pour pouvoir le déborder. J’ai essayé de raccourcir au maximum les échanges et je pense l’avoir plutôt bien fait. En fin de compte, j’ai joué contre le meilleur joueur du monde devant un stade plein, c’est tout qu’on demande en tant que joueur de tennis et j’en ai bien profité . »

Au-delà de cet incroyable exploit, le gaucher de 28 ans connaît un parcours qui sort un peu de nulle part, puisqu’il fut tombeur auparavant d’Alexei Popyrin (n°66), en trois sets 7-6 (4), 6-7 (6), 6-2 en qualifications, de Marin Cilic (n°24), en deux sets 6-4, 7-6 (3), puis de Roberto Bautista Agut (n°15), en deux sets 6-2 6-4, qui pratiquent pourtant tous un très bon tennis depuis le début de la saison (l’Espagnol a notamment remporté le tournoi ATP 250 de Doha la semaine dernière). Mais le géant Jiri Vesely (1m98) n’en est pas à son premier coup d’essai, et réalise de temps en temps ce genre de coups d’éclats. Il était déjà prometteur au début des années 2010, lorsqu’il devenait n°1 mondial chez les Juniors, après avoir notamment remporté l’Open d’Australie. Il se révèle réellement en 2013, année où il casse la barrière du Top 100 grâce à trois trophées remportés sur le circuit Challenger à Mersin, Ostrava et Liberec. Deux ans plus tard, il remporte son premier tournoi ATP au tournoi ATP 250 d’Auckland, où il bat Ernests Gulbis et Kevin Anderson, alors 13ème et 16ème mondiaux. Il atteint cette année-là la 35ème place mondiale, qui reste à ce jour son meilleur classement.

En ce qui concerne les tournois du Grand Chelem, le grand serveur n’a jamais vraiment performé, sauf à Wimbledon, où il atteint par deux fois les huitièmes de finale, battant notamment Dominic Thiem en 2016, avant de perdre face à son compatriote Tomas Berdych  (ex-n°4 mondial), puis en 2018, où il élimine Fabio Fognini (n°38) pour s’incliner ensuite face à Rafael Nadal. Le Tchèque va maintenant tenter d’enchaîner, et de faire valoir un potentiel qui saute aux yeux. Il n’avait plus disputé de demi-finale dans un tournoi du circuit principal depuis son titre au tournoi ATP 250 de Pune, en 2020, ce qui pouvait sembler totalement anormal. Et il pourrait désormais remporter son troisième titre en carrière sur le circuit ATP, le premier dans un tournoi ATP 500, après avoir renversé le Canadien Denis Shapovalov (n°12) en trois sets 6-7 (7), 7-6 (2), 7-6 (3) en demi-finales. « C’était ma première demi-finale dans un ATP 500 et la seule façon de passer était de me battre jusqu’au dernier point, et je suis très heureux », a déclaré Jiri Vesely après la victoire. Si Andrey Rublev (n°7), que l’on surnomme « monsieur ATP 500 », se dressera face à lui ce samedi, tout est désormais possible pour celui qui sera, à tout jamais, le joueur ayant mis fin au règne de Novak Djokovic à la tête du tennis masculin.

Article rédigé par Hugo Délen
Crédit photos : @DDFTennis

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