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Alexander Bublik, cet ovni kazakhe qui semble heureux de la vie qu’il mène

Récent vainqueur de son premier tournoi sur le circuit ATP, au tournoi ATP 250 de Montpellier, Alexander Bublik (n°31), qui vient d’atteindre son meilleur classement, détonne dans le monde du tennis. Un style fantasque entre déclarations controversées et services à la cuillère qui amène une forme de fraîcheur sur le circuit.


Natif de Gatchina, en Russie, puis naturalisé Kazakhe, le puissant serveur ne cachait pas sa grande satisfaction après avoir battu Alexander Zverev (n°3) en deux sets 6-4, 6-3 lors du tournoi ATP 250 de Montpellier, il y a huit jours. Alexander Bublik (n°31) avait d’ailleurs remporté la balle de match sur une amortie osée. « Je suis très heureux de remporter mon premier titre face au public français qui m’a beaucoup soutenu », a indiqué le joueur de 24 ans. « On a grandi ensemble avec Sascha (Zverev, ndlr), c’est un grand champion. Le battre ici en finale, ça signifie beaucoup. » Brillant lors de cette semaine dans le sud de la France, il s’étonnait de sa côte de popularité qui n’a cessé de grandir dans les tribunes héraultaises. « Je ne parle pas français, je ne suis pas quelqu’un de très agréable, je ne porte pas d’écharpe », a-t-il ajouté. « Je ne sais vraiment pas pourquoi les Français m’aiment bien. C’est peut-être ma façon offensive de jouer, mais ça m’a vraiment surpris moi-même. »

Alexander Bublik, le bienheureux, est un de ces showmen de la trempe des Nick Kyrgios (n°122) ou encore Gaël Monfils (n°25), un joueur qu’il admire depuis toujours, d’ailleurs. Faisant le spectacle sur le terrain à coups d’amorties, de premiers services à la cuillère ou de secondes balles surpuissantes, il fait en sorte de ne surtout pas s’ennuyer sur un court et déteste les rallyes de fond de court. Il préfère perdre un point en ayant pris un risque, plutôt que de le gagner à l’endurance. « Si quelque chose est ennuyeux, il faut avoir du cran pour frapper sa deuxième balle au service à cinq partout, par exemple », a déclaré le joueur kazakh. « Quelqu’un peut dire que c’est stupide mais j’ai les couilles de le faire. Parfois ça marche, parfois ça ne marche pas, mais c’est comme ça que j’aime jouer. » Et en plus, il assume !

Le jeune homme de 24 ans sait aussi faire parler de lui en conférence de presse. En 2020, il déclarait non sans quelques contradictions et un cynisme bien Russe : « Je hais le tennis de tout mon cœur. Je déteste chaque jour où je dois jouer. Pour tout vous dire, je ne vois pas de point positif à être un joueur de tennis. Je ne joue que pour l’argent. S’il n’y avait pas d’argent en jeu, j’arrêterais tout de suite. Si j’avais assez d’argent, j’aurais déjà pris ma retraite. Ou peut-être pas… Je n’en suis pas encore arrivé au même point que mon pote Bernie (Bernard Tomic, ndlr). Mais je n’en suis pas loin. Mais bon j’aime quand même ce sport, je ne peux pas dire le contraire, j’adore frapper dans la balle. Après ma carrière, je suis sûr que je continuerai à frapper des milliers de balles. Je pense que je mourrai en jouant au tennis. Mais être joueur professionnel, se confronter chaque jour à de nouveaux adversaires, même si vous avez mal partout, c’est difficile. Vous ne pouvez pas dire :‘je ne me sens pas bien donc je ne joue pas.’ Si tu te sépares de ta copine, si tu divorces, tu dois quand même aller jouer. Et quand tu perds, tout le monde te demande pourquoi tu as perdu. Mais va te faire voir, va sur le court si tu crois que tu pourrais faire mieux que moi… C’est cette partie du tennis que je déteste. Dans n’importe quel autre sport collectif, tu peux aller voir ton coach et lui dire que tu ne te sens pas bien et que tu ne peux pas jouer. Au tennis, ce n’est pas possible. » En tout cas, nous étions heureux de le voir se sentir bien à Montpellier, parce qu’il a largement mérité ce trophée après avoir surclassé le 3ème joueur mondial en finale.

Article rédigé par Hugo Délen
Crédit photos : OpenSudedeFrance, WeAreTennisFR

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