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Dans le dur, David Goffin continue malgré tout d’y croire

Depuis un incident intervenu au tournoi ATP 500 de Rotterdam il y a maintenant quatre ans, en 2018, le Belge David Goffin (n°47) ne semble plus être que l’ombre de lui-même. Explications sur les raisons de ces difficultés à revenir au niveau qui était le sien en 2017.


En perte totale de confiance, celui que l’on surnommait « le mur » ne sait plus quoi faire et perd ses moyens dès qu’un adversaire le met sous pression. Laminé par Alex De Minaur (n°34) en deux sets 6-0, 6-3 au tournoi ATP 500 de Rotterdam cette semaine, le Belge David Goffin (n°47) est en quête de retrouver progressivement son niveau de 2017. Cette année-là, il finissait la saison au 7ème rang mondial, après une saison terminée en boulet de canon : après un premier quart de finale à l’Open d’Australie et un premier titre en ATP 500 à Tokyo, le n°1 belge avait atteint la finale des ATP Finals de Londres, battant notamment Rafael Nadal, Dominic Thiem et Roger Federer, avant de s’incliner en finale face au Bulgare Grigor Dimitrov. Durant cette période faste, les qualités principales du Belge étaient sa capacité à tout renvoyer sans faire beaucoup de fautes et surtout son œil incroyable. Mais lors du tournoi ATP 500 de Rotterdam en 2018, il recevait une balle dans l’œil sur un coup boisé face à Grigor Dimitrov, lui provoquant un important oedème. « Il fallait le faire pour que la balle rebondisse sur la raquette puis pile-poil dans mon œil », confiait le tennisman dans une interview accordée à Tennis Major en 2020. « J’ai vraiment eu peur. Pendant 24 heures, c’était tout noir d’un œil. Un voile noir, je ne voyais plus du tout. J’étais un peu en panique. Finalement la vue est revenue progressivement. Mais revenir à la compétition a pris plus de temps, pour retrouver tout ce que j’avais avant l’accident. »

Le docteur Jorris a ainsi indiqué que son œil avait perdu de sa réactivité : « Sa connexion oeil-cerveau était si rapide qu’il faudra du temps avant que son œil redevienne aussi vif qu’il ne l’était avant. » Pendant cette période, David Goffin sort du Top 20 pour la première fois en cinq ans. « J’ai eu un manque de confiance quand j’ai commencé à travailler avec Thomas Johansson début 2019 », explique-t-il, alors qu’il terminait finalement la saison aux portes du Top 10. « Il m’a fait part de son expérience et a fait en sorte que je joue un tennis plus offensif. On a beaucoup travaillé sur le service. Cela a commencé à se mettre en place à Roland-Garros, où je perds contre Nadal, mais mon niveau était bon. Le déclic de la saison est venu sur gazon avec la finale à Halle et les quarts à Wimbledon. » Puis, début 2020, il bat Grigor Dimitrov et Rafael Nadal à l’ATP Cup, avant que la saison ne soit interrompue en mars, stoppant net son bel élan. Testé positif à la Covid-19 en octobre, sa saison 2020 fut donc quasiment blanche. Son début de saison 2021 est compliqué mais il parvient à remporter le tournoi ATP 250 de Montpellier, avant de se blesser au genou en septembre.

David Goffin ne réapparaît qu’en ce début d’année 2022, où il s’incline sévèrement au premier tour de l’Open d’Australie face à Daniel Evans (n°27) en trois sets 6-4, 6-3, 6-0. Une entrée en matière difficile qui ne l’a clairement pas aidé à reprendre confiance en son tennis. Tenant du titre à Montpellier, il bat Benjamin Bonzi (n°68) en trois sets avant de s’incliner logiquement face à Adrian Mannarino (n°57) en deux sets 6-4, 6-2 au deuxième tour. Après sa lourde dernière défaite à Rotterdam ce lundi, David Goffin ne perd pas espoir pour autant. « Je peux bouger normalement au niveau du genou, c’est déjà ça », a déclaré le joueur de 31 ans. « Il faut voir le positif et je sais que je ne suis pas loin. J’essaie de prendre les choses avec légèreté. À l’entraînement, cela se passe de mieux en mieux. Et même contre De Minaur, d’un coup, mes jambes se remettent à bouger, il commence à y avoir plus d’échanges, je fais de meilleures choses et cela me fait du bien. Il faut travailler là-dessus, essayer d’avancer et c’est ce que je veux. Être plus créatif et m’amuser de plus en plus sur le court. J’ai besoin de matches et je me sens prêt à refaire des matches. » Avant de poursuivre : « L’année dernière, quand j’avais des douleurs au genou, je montais sur le terrain avec des pieds de plomb, mais là ce n’est pas le cas. C’est compliqué pour le moment, avec des gros matches dès les premiers tours, mais il faut s’accrocher et être patient aussi. Et avec quelques victoires, la confiance reviendra rapidement, j’espère. On verra si j’envisagerai éventuellement de disputer un tournoi Challenger, mais là le programme est fait, ce sera Doha, Dubaï, puis la Coupe Davis en Finlande et Indian Wells et Miami. » Le Belge fait bien d’y croire, car sans victoire dans les semaines à venir, il pourrait bien redescendre au-delà de la 70ème place mondiale au classement ATP.

Article rédigé par Hugo Délen
Crédit photos : @LesoirSports, @livetennis

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