Il était une fois...

Il était une fois… 2001, quand l’équipe de France remportait sa 9ème victoire en Coupe Davis

Il y a vingt ans jour pour jour, dix ans après l’exploit de Lyon en 1991 et cinq ans après la victoire de Malmö, l’équipe de France remportait une neuvième fois la Coupe Davis. Un nouvel exploit, que les Bleus étaient allés chercher en Australie, grâce notamment à un joueur qui s’était arraché au cinquième match décisif : Nicolas Escudé. Mais rendons tout de même ici hommage à toute l’équipe, qui avait œuvré pour cette victoire.


Pour gêner la France, l’Australie avait choisi le gazon, à Melbourne. Finalement, ils l’ont peut-être regretté après la victoire lors du dernier simple décisif de Nicolas Escudé (déjà vainqueur du premier match le vendredi), dont le jeu s’adaptait à merveille à cette surface aussi noble que difficile à maîtriser. Si le succès à Lyon, en 1991 contre les Etats-Unis, avait été un sacre historique pour le tennis français (après 59 ans de disette), la victoire en Australie dix ans plus tard demeure peut-être un exploit encore plus fort au vu des circonstances. Le dimanche 2 décembre 2001, Guy Forget est devenu le deuxième Français de l’histoire, après René Lacoste, à remporter la Coupe Davis en tant que joueur et en tant que capitaine. « En 2001 à Melbourne, je crois qu’il y avait la même osmose qu’en 1991 ou en 1996 (titre à Malmö, ndlr)« , s’est-il souvenu dans des propos rapportés par Le Figaro. « En 2001, les joueurs m’ont procuré une émotion incroyable avec 15 000 Australiens qui rêvaient de l’emporter, voulaient vivre ce qu’on avait vécu à Lyon en 1991. La petite bande de Français partis au bout du monde les a empêchés de vivre ce rêve-là. Jouer contre Rafter et Hewitt, c’était aussi fort que Sampras-Agassi. C’était une prolongation de 1991… »

En effet, cette année-là, Lleyton Hewitt a 20 ans ; il est n°1 mondial, a remporté son premier tournoi du Grand Chelem à l’US Open et vient de remporter les Masters. De son côté, Patrick Rafter – vainqueur de deux tournois du Grand Chelem à l’US Open en 1997 et 1998 – fait encore partie du Top 10. Il a été finaliste à Wimbledon et les supporters australiens ont bien raison de croire en leurs chances. En face, la France pense tout de même pouvoir compter sur Sébastien Grosjean, qui vient de réaliser sa meilleure saison avec notamment des demi-finales à l’Open d’Australie et à Roland-Garros et une finale aux Masters (perdue donc face à Hewitt). Cédric Pioline, même s’il était en fin de carrière, pouvait apporter son expérience à l’équipe et Fabrice Santoro était un vrai pilier en double. Le seul bémol lors de cette finale venait de l’absence sur blessure d’Arnaud Clément, finaliste de l’Open d’Australie mais qui avait joué lors des tours précédents. Remplacé par Nicolas Escudé, qui restait sur quatre défaites consécutives au premier tour en tournoi, ce dernier allait créer la surprise. Et quelle surprise !

Le premier jour, Nicolas Escudé bataillait dur face au n°1 mondial, Lleyton Hewitt. En cinq sets, il allait créer la première surprise de cette finale. En effet, le joueur français dominait, à domicile et sur gazon, la grande star que toute l’Australie adulait : 4-6, 6-3, 3-6, 6-3, 6-4. Quelques heures plus tard, les deux équipes se quittaient sur un score nul, un point partout. En effet, Sébastien Grosjean, peut-être fatigué par sa saison exceptionnelle, ne pouvait rien faire face à Patrick Rafter, dont le jeu de service-volée s’exprimait à merveille sur gazon. Résultat : défaite 3-6, 6-7 (2), 5-7 pour le joueur tricolore. Le lendemain, samedi. Si la France alignait son équipe-type en double en cette saison 2001, à savoir une fine association entre Cédric Pioline – non spécialiste du double mais qui était complémentaire avec son partenaire – et Fabrice Santoro – vrai spécialiste, les Australiens misaient tout sur leurs deux superstars en alignant Lleyton Hewitt avec Patrick Rafter. Ils voulaient frapper fort, mais c’est eux qui allaient prendre un coup sur la tête. Sérieuse et solide, l’équipe tricolore allait l’emporter en quatre manches 2-6, 6-3, 7-6 (5), 6-1 pour donner un net avantage à la France. Sous cette ancienne formule aujourd’hui disparue, on disait souvent que le point du double était capital. Surtout dans la tête.

Dimanche 2 décembre 2001. Sébastien Grosjean affronte Lleyton Hewitt. Comme en finale des Masters de Sydney, quelques jours plus tôt. Le Français était avide de revanche mais après sa défaite deux jours plus tôt, pouvait-il rebondir ? Comme aux Masters, le n°1 tricolore allait se laisser prendre dans le jeu de Hewitt. Résultat : une défaite en trois sets 3-6, 2-6, 3-6. Déçu, tête basse, celui qui avait terrassé Andre Agassi à Roland-Garros ne pouvait plus compter que sur son partenaire, Nicolas Escudé, pour espérer soulever la coupe. Quelques minutes avant le coup d’envoi de ce cinquième match décisif, les Australiens tentaient un coup d’éclat : leur capitaine, John Fitzgerald, préférait aligner Wayne Arthurs à la place de Patrick Rafter. Il jouait alors la carte de la surprise, pour tenter de déstabiliser un Nicolas Escudé à la confiance retrouvée. Et cela aurait pu fonctionner. Si le joueur français remportait le premier set au jeu décisif, il perdait le suivant dans un second tie break. Heureusement pour lui et pour la France, Escudé allait ensuite prendre définitivement le dessus sur Arthurs pour l’emporter en quatre sets 7-6 (3), 6-7 (5), 6-3, 6-3. La France de Guy Forget pouvait laisser parler sa joie et aller soulever l’imposant trophée pour la neuvième fois de l’histoire.

Crédit photos : @FFTennis, @AllezlesFRA, @BFMTV, @MichelVignon1

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