Reportages

Comme Richard Williams, qui sont ces pères qui ont marqué le tennis ?

La sortie du biopic sur les sœurs Williams et sur leur père, Richard, est l’occasion rêvée de parler d’eux. Ils sont nombreux dans le tennis à avoir tout misé sur leur enfant pour atteindre les sommets. Des collaborations qui ont parfois été fructueuses, mais qui le plus souvent se sont avéré être houleuses. Qui sont ces pères qui ont marqué l’histoire du tennis ?


Richard Williams, le père de Venus et Serena Williams, fait l’objet d’un biopic sortant en salles ce mercredi, où son rôle est joué à merveille par l’acteur Will Smith. Ce chef de famille a programmé ses deux filles pour qu’elles soient les meilleures. Pari réussi au-delà des espérances, puisqu’à 40 ans passé, elles évoluent encore – plus ou moins régulièrement – sur le circuit principal. Cependant, tous les pères qui ont poussé leur progéniture à la gloire n’ont pas forcément connu le même succès. En voici quelques-uns, qui font partie des plus connus dans le milieu de la petite balle jaune.

Maria Sharapova et Yuri Sharapov

Voilà une belle histoire, avec quelques zones d’ombre malgré tout. Yuri Sharapov a débarqué de Sibérie aux États-Unis sans un sou avec sa fille de 9 ans pour en faire une étoile du tennis, laissant la mère de celle-ci en Russie, faute de visa. Yuri a su convaincre le célèbre Nick Bollettieri de faire de sa fille une championne. Pari réussi, puisque Maria Sharapova a remporté cinq titres du Grand Chelem entre 2004 et 2014 (Wimbledon 2004, US Open 2006, Open d’Australie 2008, Roland-Garros 2012 et 2014), 36 titres au total sur le circuit WTA et a été n°1 mondiale. Cependant, Yuri a toujours voulu garder le contrôle sur la carrière de sa fille. Ses dérapages, face à la presse ou en plein match, ont lassé la Russe qui s’est un peu éloignée de lui, même si elle a toujours publiquement préservé son père : « Il a sacrifié sa vie pour moi. Je lui dois tout.« 

Marion et Walter Bartoli

Walter Bartoli, ancien médecin généraliste, n’avait jamais touché à une raquette de sa vie, quand il a tout lâché pour s’occuper de la carrière de sa fille. Et cela n’a pas plu à tout le monde. La Fédération Française de tennis refusa la sélection de Marion Bartoli en équipe de France lors des Jeux Olympiques de Londres en 2012. Celle-ci souhaitait être accompagnée par son père, ce qui est interdit par le règlement. Ce qui lui a également causé du tort pour la Fed Cup come dans ses relations avec les autre joueuses françaises. Cette relation fusionnelle a pourtant eu des résultats. Lauréate surprise de Wimbledon en 2013, Marion Bartoli reste ainsi la dernière Française à avoir soulevé un trophée en Grand Chelem.

Steffi et Peter Graf

Peter Graf, décédé en 2003 des suites d’un cancer du pancréas, avait lancé sa fille dans le tennis en jouant les entraîneurs au début de sa carrière, lui qui était concessionnaire et assureur automobile. C’est sous ses ordres que la future star du tennis allemand deviendra la plus jeune joueuse à entrer dans le classement mondial à l’âge de 13 ans, à la 124ème place. Peter a longtemps été à ses côtés lors des 22 titres du Grand Chelem remportés par sa fille. Steffi Graf coupera les ponts avec lui (avant de se réconcilier), après la condamnation de son père à un an de prison en 1997 pour ne pas avoir déclaré les gains de sa fille au fisc. Peter Graf avait été accusé d’avoir soustrait au fisc près de 20 millions de Deutsche Marks (13 millions de dollars) des revenus de sa fille entre 1989 et 1993, par le biais de sociétés écrans opérant à l’étranger.

Andre et Mike Agassi

Dans son autobiographie Open, Andre Agassi révélait que son père, Mike, fou de tennis, avait fait construire une machine à balles, surnommée par le Kid de Las Vegas « Dragon », avec laquelle son père forçait son fils à frapper au moins 2 500 fois par jour ! Andre Agassi, qui a entretenu une relation amour-haine avec son père, qu’il a qualifié de « tyrannique », avouera ne jamais avoir aimé le tennis et avoir été dans l’incapacité de le faire entendre à son père, décédé fin septembre 2021 à l’âge de 90 ans. Et s’il n’a pas « aimé le tennis », Andre Agassi, ancien n°1 mondial, a marqué l’histoire du jeu en remportant huit titres du Grand Chelem entre 1992 et 2003, ainsi qu’une médaille d’or aux Jeux Olympiques d’Atlanta en 1996 et une première place mondiale pendant de nombreuses semaines dans les années 90 et au tout début des années 2000.

Aravane et Arsalan Rezaï

En 2010, Aravane Rezaï atteint la 15ème place mondiale, le tout dans un climat familial assez délétère. Son père, Araslan, exerçait sur sa fille un contrôle total, aussi bien sur le plan sportif que privé. Trois ans auparavant, il avait été interdit d’accès à Roland-Garros par la WTA, suite à de nombreuses insultes et menaces proférées. En 2011, à l’Open d’Australie, Arsalan s’en prend à sa fille dans les vestiaires. Une dispute qui va très loin puisque la jeune fille porte plainte pour violences, menaces de mort et harcèlement moral. « J’ai agi pour une question de survie », avait expliqué la joueuse tricolore à nos confrères du quotidien L’Equipe en mai 2011. Longtemps fâchée avec ce père volcanique, Aravane s’est de nouveau tournée vers lui en 2019 quand elle a tenté, à 34 ans, un come-back au plus haut niveau.

Mary et Jim Pierce

Mary Pierce, vainqueur de l’Open d’Australie en 1995 et de Roland-Garros en 2000, a dû composer dans sa belle carrière avec les débordements de son père sulfureux. Jim fut notamment éjecté des tribunes de Roland-Garros en 1993 pour s’y être mal comporté. Cet ancien commando de marines, au passé diabolique, avait fini par inspirer une telle peur à sa fille et à son épouse qu’elles auraient embauché un garde-du-corps pour se protéger. Longtemps en froid avec son père, l’ancienne n°1 française s’était réconciliée avec lui, avant son décès en 2017.

Jelena et Damir Dokic

Plus dure sera la chute. Prodige du tennis avec des débuts sur le circuit à 16 ans et 4ème joueuse mondiale à 19 ans, Jelena Dokic avait été coachée par son père Damir, d’origine serbe, depuis sa toute jeune enfance. L’Australienne naturalisée devra en partie ses performances précoces à son père-entraîneur. Cependant, ce dernier sera surtout le responsable de sa chute. Alcoolique et violent, Damir a fait un détour par la case prison. Et si elle a su se séparer de ce père tyrannique, sa fille n’a jamais vu sa carrière décoller. Dans son autobiographie, Unbreakable, parue en 2017, Jelena Dokic expliquait le traitement infligé par son père quand elle avait perdu un match à Montréal. « Il m’a frappée avec son poing. Ensuite, il m’a fait me tenir droite et m’a donné des coups de pied dans les tibias avec ses chaussures de ville pointues. Quand j’ai pleuré de douleur, il m’a obligée à me remettre en position et il a recommencé. » Damir Dokic est l’exemple même de ces pères toxiques qui sont aussi une triste réalité du sport professionnel.

Crédit photos : @BlackdiasporaV1, @dreampova, @VoleandoInfo, @SEN_Drive

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