Reportages

Ons Jabeur, première joueuse du monde arabe à se faire une place dans le Top 10

Après le tournoi WTA 1000 d’Indian Wells, la Tunisienne Ons Jabeur (n°8) est devenue la première joueuse de tennis du monde arabe, hommes et femmes confondus, à accéder au Top 10 du classement WTA. Désormais, elle tutoie les sommets grâce à sa détermination ; sans manquer de garder un attachement viscéral à son pays, la Tunisie.


La semaine dernière, la Tunisienne Ons Jabeur (n°8) s’est hissée en demi-finales du tournoi WTA 1000 d’Indian Wells, où elle a chuté face la future lauréate, l’Espagnole Paula Badosa (n°13). Désormais âgée de 27 ans, la joueuse arabe a fait un bond au classement WTA, en passant de la 14ème à la 8ème place mondiale. Elle a ainsi poursuivi une progression plutôt linéaire, montant semaine après semaine, alors qu’elle avait débuté l’exercice 2021 au 31ème rang à la WTA. Atteindre ce classement, « c’est un rêve qui devient réalité, j’ai toujours voulu être là », a-t-elle expliqué. « Ce n’est que le début. » La Tunisienne a par ailleurs estimé « mériter cette place depuis longtemps » et a parlé son ambition de devenir numéro une mondiale. Dans un entretien avec l’AFP en juillet dernier à Tunis, elle se disait déjà « très fière de représenter une nation entière, la Tunisie », aux Jeux Olympiques de Tokyo, ainsi que « les Arabes et l’Afrique. » Elle avait malheureusement perdu d’entrée, ne pouvant représenter son pays comme elle l’aurait souhaité. De plus, l’été dernier, la droitière avait vendu deux de ses raquettes au profit d’hôpitaux locaux, quand la Tunisie était submergée par une terrible vague de COVID-19. « C’était un devoir pour moi d’aider mon pays », avait confié Ons Jabeur après avoir réuni 27 000 dollars (environ 23 300 euros).

Son succès, Ons Jabeur l’a construit mois après mois, traversant une crise du Coronavirus qui n’a été facile pour personne. Son premier véritable fait d’arme, qui l’a fait connaître au monde entier, avait eu lieu lors de l’Open d’Australie, en janvier 2020. Classée 78ème joueuse mondiale, elle était devenue la première joueuse d’un pays arabe à se qualifier pour les quarts de finale d’un tournoi du Grand Chelem. Elle avait alors perdu face à l’Américaine Sofia Kenin (n°14), future vainqueur de l’épreuve. En juin 2021, Ons Jabeur remportait le tournoi WTA 250 de Birmingham, son premier titre sur le circuit principal, sur gazon. En parvenant en huitièmes de finale à Wimbledon en juillet, elle devenait « Onstoppable » pour les internautes tunisiens, un jeu de mots entre son prénom et le mot unstoppable (inarrêtable en anglais). « J’ai gagné en expérience et en confiance à partir de l’Open d’Australie », expliquait la joueuse de 27 ans à l’AFP. « Les autres joueuses ont commencé à avoir peur de jouer contre moi. Ma façon de jouer reflète ma personnalité. En tant qu’être humain, j’ai beaucoup de sentiments et durant le match, je les exprime. » Voilà pourquoi on peut la voir frustrée, mais la plupart du temps avec un large sourire quand elle est sur le court.

Née le 28 août 1994 à Ksar Hellal, ce petit format de 1,67 m pour 66 kg a commencé très tôt le tennis, à Hammam Sousse, banlieue chic de la station balnéaire Sousse. A trois ans, son club a pour seuls terrains les courts de tennis des hôtels voisins. Nabil Mlika, qui l’a entraînée à l’époque, se souvenait en 2020 de « son dynamisme, de son application et de sa rage de vaincre. » A 10 ans, elle disait à sa mère qu’elle l’emmènerait « un jour boire un café à Roland-Garros », racontait-il. « Elle l’a fait, c’est magique. » A 12 ans, la jeune prodige intègre le lycée sportif de El Menzah, à Tunis. « Ons avait une facilité de gestes techniques exceptionnelle », a témoigné l’ex-directeur technique de la Fédération tunisienne, Hichem Riani. D’anciens camarades se souviennent également d’une adolescente qui aimait affronter les garçons. « Une fois, elle a participé à un tournoi et a gagné des matches, ce qui a démoralisé certains joueurs, vexés d’être battus par une fille », a raconté l’un d’eux, Mehdi Abid. Après sa victoire à Roland-Garros chez les Juniors, en 2011, Ons Jabeur a quitté la Tunisie, mais elle y revient régulièrement pour se préparer avec son entraîneur Issam Jalleli, et son mari et préparateur physique, Karim Kamoun. « Dès le début, j’ai voulu une équipe technique composée de Tunisiens », disait-elle, pour montrer que « le Tunisien peut réussir et réaliser l’impossible à l’étranger. » Dans la course aux WTA Finals de Guadalajara, la joueuse tunisienne devrait être devancée par ses poursuivantes au classement WTA. En effet, elle a abandonné lors du tournoi WTA 500 de Moscou, ce mardi, alors qu’elle était menée 6-1, 1-0 par la Russe Ekaterina Alexandrova (n°37). Ce qui n’enlève rien à ses performances des semaines passées.

Crédit photos : @JJLovesTennis, @BNPPARIBASOPEN

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