US Open

Quelles sont les clés qui ont permis à Daniil Medvedev de triompher à l’US Open ?

Ce dimanche, le Russe Daniil Medvedev (n°2) a empêché le Serbe Novak Djokovic (n°1) de rentrer dans l’histoire du jeu. Il l’a privé d’un 21ème titre Majeur, synonyme de Grand Chelem calendaire, ce qui aurait été une grande première depuis 1969. Mais le joueur russe a été trop fort et il est enfin parvenu, à 25 ans, à ouvrir son propre palmarès en Grand Chelem.


Dimanche soir, nous avons encore vu pourquoi le tennis reste un sport exceptionnel. Le Serbe Novak Djokovic (n°1) n’était plus qu’à un match de rentrer dans l’histoire, devenant le premier joueur depuis Rod Laver en 1969 à remporter les quatre titres du Grand Chelem sur une même année. Oui, mais… Les émotions ont submergé le n°1 mondial, notamment quand il a été ovationné par le public dans le troisième set et qu’il a fondu en larmes sur sa chaise au changement de côté. Et puis, il ne faut rien enlever au Russe Daniil Medvedev (n°2), qui s’est montré solide d’un bout à l’autre du match, sauf peut-être sur ses deux derniers jeux de service, où la tension était palpable. Quoi de plus normal. Ceci étant dit, il nous semble intéressant d’analyser la tactique du n°2 mondial, qui l’a mené à soulever son premier trophée dans un tournoi du Grand Chelem, sur dur (sa meilleure surface).

Profondeur, jeu au centre et changements de rythme

Il est connu depuis longtemps que Novak Djokovic aime jouer en rythme. Il aime le prendre à son compte et quand il dicte les échanges, il en devient invincible. Daniil Medvedev a ainsi trouvé l’équilibre parfait entre régularité et agressivité, sans être dominé dans l’échange, et sans se précipiter pour jouer un coup gagnant. Sa tendance à jouer une puissance de base modérée, à se déplacer magistralement bien sur le court et à ne pas donner au joueur serbe la possibilité d’ouvrir des angles a porté ses fruits. Les échanges de fond de court ont été fréquents. Le Russe était très à l’aise dans le rallye et il a fini par trouver le bon moment pour changer de rythme et attaquer avec autant de létalité que de marge d’erreur. Un point qui a été réaffirmé par Gilles Cervara, son entraîneur, à l’issue de la rencontre. « Concernant le jeu, nous avions plusieurs stratégies », a ainsi déclaré l’entraîneur de Daniil Medvedev. « Surtout en jouant plus vers le milieu. Ne pas trop ouvrir les angles et beaucoup courir d’un côté à l’autre. Ce n’est pas magique. C’est facile à dire, mais pas facile à mettre en pratique. Vous devez jouer à votre plus haut niveau et avoir de la qualité dans vos coups. Vous devez également garder à l’esprit que cette stratégie peut changer pendant le match, car Novak s’adapterait. »

Le revers et une capacité innée à passer de la défense à l’attaque

C’est ce que l’on appelle ramer dans l’argot du tennis. A ce petit jeu, Daniil Medvedev a atteint des sommets, ce dimanche en finale de l’US Open. Sa capacité naturelle à se défendre contre les assauts de ses rivaux avec ce son revers était particulièrement brillante contre un Novak Djokovic qui ne voyait aucune lacune sur ce coup. A chaque fois qu’il tentait d’ouvrir le court de ce côté, il se heurtait à des coups incisifs qui lui enlevaient toute initiative. Le joueur russe a non seulement débordé grâce à son agressivité, mais aussi à une défense qui est devenue une attaque, sans coup de transition.

Le manque d’idées de Djokovic, qui s’est rué au filet

Le génie tactique, le joueur parfait, dépourvu de fissures, a été méconnaissable durant cette finale. Novak Djokovic s’est retrouvé sans arguments pour déloger son adversaire d’un confort évident sur le terrain. Le n°1 mondial a été incapable de dominer, il a fait des erreurs, ses jambes étaient lentes et sa tête ne semblait avoir que la possibilité d’éviter d’être consumée par des pensées négatives. Dans ce contexte, il s’est lancé vers le filet tel un kamikaze japonais sur l’océan. Il est ainsi monté jusqu’à 47 fois au filet, dans un habitat qui n’est pas naturellement le sien. De son côté, Daniil Medvedev a été plus fort mentalement, à des années-lumière de la finale de l’Open d’Australie, en février dernier, où le Serbe l’avait dominé en trois sets. « Après la finale à Melbourne, on a eu le sentiment que Daniil n’avait pas ce feu intérieur qui aide son jeu à être plus fort, surtout contre un joueur comme Novak », a précisé Gilles Cervara. « C’était quelque chose qui devait changer dans cette finale et l’amener à un autre niveau. Notre sentiment était que Daniil était prêt à concourir à son meilleur niveau. Je dirais que la clé de tout est dans la partie mentale, dans l’énergie. »

Difficultés à interpréter le service de Medvedev

Le sentiment de supériorité du Russe ne correspond pas tout à fait aux statistiques de la rencontre, qui montrent une bien plus grande égalité que ce qui se reflète sur le tableau de bord. Novak DJokovic a remporté le même pourcentage de points avec son premier service que son rival (80%), a eu 6 balles de break contre 8 pour Daniil Medvedev et n’a remporté que 9 points de moins que son adversaire. Cependant, le n°1 mondial n’a pas su profiter des deuxièmes services du joueur russe, qui a remporté 58% des points joués dans cette situation, pour seulement 40% du côté du Serbe.

Pour conclure, évoquons la célébration hors du commun de Daniil Medvedev. En conférence de presse, le Russe a expliqué la genèse de son choix pas banal de se jeter à terre, tel un poisson mort. « À Wimbledon, je me sentais en confiance dans mon jeu », a-t-il confié. « Une nuit, je n’arrivais pas à dormir. Pendant cinq, dix minutes, des pensées folles te traversent l’esprit, comme tout le monde. Je me suis dit, ok, si je gagne Wimbledon, contre Novak par exemple, ne pas célébrer serait ennuyeux parce que je fais déjà ça tout le temps. Il faut que je fasse un truc spécial. » Avant d’ajouter : « J’aime jouer à FIFA, j’aime jouer à la PlayStation, poursuit-il. Ça s’appelle la célébration du poisson mort. Si tu connais le mec face à qui tu joues à FIFA, tu vas souvent faire ça. Tu marques, tu mènes 5-0, tu fais cette célébration. J’en ai parlé dans le vestiaire aux jeunes qui jouent à FIFA. Ils m’ont dit : « C’est légendaire ». Je voulais rendre ce moment spécial pour mes amis avec lesquels je joue à FIFA. Je me suis un peu fait mal, ce n’est pas facile à faire sur dur, mais je suis content. J’ai rendu ce moment légendaire ! »

Crédit photos : @usopen, @TennisTV

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