US Open

Alcaraz, Raducanu, Fernandez : il fait bon avoir 18 ans à l’US Open

Cela faisait bien longtemps qu’un si grand vent de fraîcheur n’avait pas soufflé sur un tournoi du Grand Chelem. Depuis 2009, d’après nos calculs. En 2021, il fait bon avoir 18 ans à New York : Carlos Alcaraz (n°55), Emma Raducanu (n°150) et Leylah Fernandez (n°73) en sont la preuve. Tous les trois qualifiés pour les quarts de finale, ils confirment certains des espoirs placés en eux.


Carlos Alcaraz, le chouchou du public

Né en 2003, l’Espagnol Carlos Alcaraz (n°55) est l’un des plus jeunes joueurs à atteindre les quarts de finale d’un tournoi du Grand Chelem. Le premier de sa génération, qui plus est, et le plus jeune à réussir une telle performance à Flushing Meadows. Notez par ailleurs qu’il est est le plus jeune joueur à atteindre les quarts en Grand Chelem depuis un certain Michael Chang, à Roland-Garros, en 1990. Tombeur du Grec Stefanos Tsitsipas (n°3) au troisième tour de cet US Open, il est parvenu à confirmer son statut de favori lors du huitième de finale qui l’opposait à l’Allemand Peter Gojowczyk (n°141). Ce qui a été tout sauf facile, même s’il a conclu la partie par un cinglant 6-0 dans l’ultime manche. « Je suis hyper enthousiaste de participer pour la première fois à une deuxième semaine de Grand Chelem, c’est incroyable pour moi », a déclaré le teenager en conférence de presse. « C’est un rêve qui devient réalité. » Mais les faits sont là : il jouera sa place en demi-finales, ce mardi, face au Canadien Félix Auger-Aliassime (n°15). Ce duel, que l’on pourrait s’habituer à voir à l’avenir, promet déjà de faire des étincelles. Parce que Carlos Alcaraz, c’est avant tout une frappe de balle intense et puissante. Certes, parfois il en met trop et son coup peut alors largement sortir des limites du court. Mais quand c’est dedans, son adversaire reste cloué sur place. Le n°3 mondial l’a appris à ses dépens, il y a quelques jours, sur le Stadium Arthur Ashe. L’autre point fort du joueur espagnol, c’est qu’il a (déjà) le public new-yorkais dans sa poche. Il n’a rien fait pour, si ce n’est montrer qu’il a du talent et déjà une force mentale à toute épreuve. Et ça, quelque soit le pays, les fans de tennis adorent. « Je pensais avoir atteint ma limite physique et mentale », a d’ailleurs expliqué le 55ème joueur mondial après sa victoire en huitièmes de finale, dimanche. « Le public a vraiment été très important pour moi dans cette situation. J’ai senti leur énergie, ça m’a poussé. Sans le public, ça n’aurait pas été possible d’être ici. »

Leylah Fernandez, la joie avant tout

La veille de ses 19 ans, la Canadienne Leylah Fernandez (n°73) s’est offert un beau cadeau : battre une ancienne vainqueur de Grand Chelem – l’Allemande Angelique Kerber (n°17), en l’occurrence – pour gagner sa place ne quarts de finale de l’US Open. Elle est pourtant passé près de la défaite, mais elle a confirmé ses bonnes dispositions, déjà entrevues lors de sa victoire sur Naomi Osaka (n°3), au troisième tour deux jours plus tôt. Que se passera-t-il, en quarts de finale, au moment où elle affrontera l’Ukrainienne Elina Svitolina (n°5) ? Difficile à dire, tant cette jeune joueuse est imprévisible. capable du meilleur comme du pire au cours de la même rencontre, elle ne cesse de surprendre depuis le début du tournoi. « Si elle continue à jouer comme ça avec régularité toute l’année, elle aura un bel avenir », a confié Kerber après sa défaite face à Fernandez. Une chose différencie la joueuse canadienne de ses adversaires : son état d’esprit. Sur le court, dans la nuit de dimanche à lundi, il n’a pas été rare de la voir le sourire aux lèvres, même dans les moments difficiles. « S’amuser sur le court, je pense que c’est la clef du succès pour moi », a commenté la jeune joueuse qui a fêté ses 19 ans ce lundi. « Si je ne suis pas heureuse ou que je me mets trop de pression, je commence à faire des erreurs et je ne profite plus. Ces dernières semaines, j’ai pris beaucoup de plaisir sur le court, et c’est mon état d’esprit depuis toujours. Celui que mon père et ma mère m’ont appris à avoir pour profiter de la vie. J’ai choisi ce métier et je veux en profiter autant que possible, m’amuser. C’est l’une des clefs les plus importantes que j’ai. Depuis un très jeune âge, je pense être une fille joyeuse et insouciante. Je ne prends jamais les choses trop au sérieux. Je m’amuse dans tout ce que je fais. C’est aussi dû à ce que mes parents m’ont appris hors du court, en me disant qu’il ne fallait pas prendre les choses trop au sérieux, qu’il fallait être mature et en même temps rester une enfant, se lâcher, s’amuser, manger du chocolat quand j’en avais envie, regarder des films, dépasser l’heure du coucher. » En tout cas, on espère voir ce sourire et cette fraîcheur encore longtemps, car cela fait le plus grand bien !

Emma Raducanu, un niveau de jeu époustouflant

Enfin, le cas Emma Raducanu (n°150) est aussi très intéressant. Si elle n’a pas encore fait son entrée dans le Top 100 au classement WTA, elle n’en est pas moins impressionnante. Issue des qualifications lors de cet US Open, elle en est à sept victoires de rang, avec une moyenne de 2,2 jeux perdus par match. La joueuse britannique est la plus jeune joueuse à atteindre les quarts de finale à Flushing Meadows depuis la Croate Ana Konjuh en 2016. Où s’arrêtera-t-elle ? Impossible de le savoir, mais elle n’en reste pas moins ahurissante de facilité. Ce lundi, elle a balayé l’Américaine Shelby Rogers (n°43) en deux sets 6-2, 6-1 en huitièmes. Deux jours plus tôt, il ne lui avait fallu que 72 minutes pour dominer de la tête et des épaules l’Espagnole Sara Sorribes Tormo (n°41) en deux sets 6-0, 6-1. Et c’est peut-être son sang-froid qui impressionne le plus. L’une après l’autre, elle dévore ses adversaires sans se soucier du lendemain. Et dire que ce n’est que son deuxième tournoi du Grand Chelem ! Déjà, à Wimbledon, elle avait atteint le troisième tour en sortant des qualifications et déjà, elle avait laissé entrevoir de belles choses. Cependant, à New York, c’est différent, comme Raducanu l’a elle même souligné. « Il se passe beaucoup plus de choses à New York qu’à Wimbledon », avait-elle expliqué après sa victoire au troisième tour. « À Wimbledon, il y a un silence de mort lorsque vous jouez, alors qu’il se passe constamment des choses ici. Ce sont deux tournois différents et ils ont chacun leur propre style, mais j’aime beaucoup le public. Son soutien m’aide beaucoup. J’aime jouer au tennis et je pense que je joue à mon meilleur niveau lorsque je m’amuse. » Espérons voir la joueuse britannique s’amuser, lors de sa prochaine rencontre, face à la Suissesse Belinda Bencic (n°12), qui ne sera pas une adversaire facile à battre.

Crédit photos : @usopen

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