Analyses

Quand Benoît Paire nous démontre pourquoi le tennis a besoin du public

Le Français Benoît Paire (n°50), quart de finaliste du Masters 1000 de Cincinnati, semble avoir retrouvé sa volonté de jouer et semble se faire à nouveau plaisir sur un court de tennis. Les cas de Gaël Monfils (n°22), qui a renoué avec la victoire la semaine dernière à Toronto, et de l’Australien Nick Kyrgios (n°81) prouvent également que le public tient une place de choix dans notre sport.


Jorge Valdano, joueur de football argentin et champion du monde en 1986 au Mexique, a déclaré que « le football sans public est un sport sans âme ». Marcelo Bielsa commente constamment que la partie la plus importante des événements dans son sport sont les fans. Et la même chose semble se passer au tennis, mais il faut demander à Benoît Paire (n°50), Nick Kyrgios (n°81) ou encore Gaël Monfils (n°22), pour ne citer qu’eux, qu’elle est la différence entre des tribunes pleines et des stades vides. Depuis quelques semaines, alors que la plupart des tournois ont réouvert leurs tribunes aux spectateurs, ces joueurs sont revenus montrer leur meilleure version et ont à nouveau pris du plaisir à jouer. Terminée l’image apathique qu’ils affichaient à chaque fois qu’ils rentraient sur un court. En effet, ces trois joueurs aiment interagir avec les gens au milieu d’un match et semblent renaître, tennistiquement parlant.

Par exemple, Benoît Paire s’est qualifié pour les quarts de finale du Masters 1000 de Cincinnati. Avec un ratio victoires-défaites de 8-22 avant le début du tournoi, le joueur français a réussi à enchaîner 14 défaites en 15 matchs sur une partie de l’année. Arrogant et souvent irrespectueux envers les organisateurs et les autres joueurs, il a décidé de garder sa meilleure version pour lui. D’une part, il était conscient qu’il ne perdrait pas de points en raison du gel du classement et d’autre part, il ne pouvait pas ressentir le soutien des fans. À Roland-Garros, il avait montré son côté sensible, cette armure de bad boy du circuit. Il ne fait aucun doute que lorsque vous pouvez sentir la chaleur des gens dans les tribunes, c’est autre chose. À tel point que l’Avignonnais a éliminé cette semaine des joueurs tels que Miomir Kecmanovic (n°58), Denis Shapovalov (n°10) – il n’avait plus battu un Top 10 depuis quatre ans – et John Isner (n°26). « Cette année, je profite beaucoup de pouvoir jouer devant du public, de pouvoir retrouver un circuit normal », a-t-il déclaré après sa victoire en huitièmes à Cincinnati. « Je peux à nouveau sortir dans la rue, je peux à nouveau aller dans mes fast-foods préférés, je peux retrouver une vie normale, celle que j’aime. Ça se ressent dans mes résultats. »

Le cas de Gaël Monfils est à peu près similaire. Au-delà d’avoir subi certaines blessures qui ne lui ont pas permis de jouer à 100 %, ce n’est que sur la tournée nord-américaine qu’il est redevenu lui-même. Avec une aisance et une précision qu’on n’avait pas vues depuis longtemps, le Parisien a semble-t-il lâché le meilleur coup du tournoi, remportant quatre victoires en deux tournois et célébrant quelques points d’une poignée de main avec les gens présent dans le public. Quant à l’Australien Nick Kyrgios, il avait à peine disputé un tournoi, perdant d’entrée depuis l’annonce de la pandémie de Coronavirus. Malgré son manque d’intérêt constant pour le tennis, la réalité marque qu’il a décidé de ne pas participer au circuit pour le simple fait de ne pas voyager dans des temps aussi difficiles. Il a déclaré à plusieurs reprises qu’il n’allait pas jouer dans un endroit où il n’y avait pas de public pour le soutenir. « Revoir les fans, c’est la meilleure partie d’être de retour, de voir tout leur soutien », a-t-il commenté après sa participation au tournoi ATP 250 d’Atlanta. Il a même renoncé à disputer les Jeux Olympiques de Tokyo car le huis clos signifiait un vrai coup dur pour lui et qu’il n’était pas viable de concourir dans ces conditions, selon lui. Aussi, il est utile de rappeler qu’il avait brillé lors du dernier Open d’Australie, où il avait joué sans rythme de compétition.

Il y a logiquement plus de cas de joueurs qui augmentent considérablement leurs prestations lorsqu’ils se sentent accompagnés par le public. Par exemple, l’Argentin Guido Pella (n°93) a souligné l’importance de jouer avec du public car cela lui a redonné l’impression d’être un joueur. D’autres avaient même dit l’année dernière que Roland-Garros avec des tribunes vides, c’était comme jouer un Futures. C’est pourquoi une liste interminable pourrait être dressée, mais l’idée était de prendre le cas de ces trois bad boys, qui semblaient « finis » et qui ont connu une sorte de renaissance ces dernières semaines.

Crédit photos : @CincyTennis, @OnlyRogerCanFly, @tennis_phil, @bet365_aus

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