Analyses

Les Masters 1000, premier signe du déclin du Big 3

Il n’y a pas si longtemps, les membres du Big 3 (Roger Federer, Rafael Nadal et Novak Djokovic) se partageaient le gâteau en ce qui concerne les titres en Masters 1000, tournois les plus importants après les quatre Grands Chelems et les ATP Finals. Désormais, ces tournois représentent une réelle opportunité pour la nouvelle génération de progresser et inscrire son nom dans la continuité de ces trois légendes du tennis.


Rien ne dure éternellement. Grâce à Roger Federer (n°9), puis Rafael Nadal (n°4) et Novak Djokovic (n°1), nous avons vécu des années fastes au cours desquelles ces trois monstres ont eu la mainmise sur le tennis masculin et nous ont offert des duels absolument inoubliables. Une tyrannie sans limites s’est exercée dans les tournois du Grand Chelem au cours des deux dernières décennies, mais aussi en ce qui concerne les Masters 1000. Après le forfait de Rafael Nadal lors du Masters 1000 de Toronto, le tournoi canadien est devenu le deuxième Masters 1000 cette année où aucun membre du Big 3 ne participe. La semaine prochaine, à Cincinnati, nous aurons le troisième. Ce qui nous amène à une réflexion, vous vous en doutez bien. Nous savons que les tournois du Grand Chelem restent la dernière barrière à franchir, le fort imprenable qu’est désormais chargé de défendre Novak Djokovic, vainqueur des trois derniers Majeurs. Il est vrai qu’en 2020, un épisode malheureux avec une juge de ligne avait ouvert les portes du royaume, mais comme s’il s’agissait d’une malédiction, Dominic Thiem (n°6) a connu un gros coup de mou après avoir triomphé à Flushing Meadows. La nouvelle génération doit encore progresser sur le format au meilleur des cinq sets. Est-il possible que la dynamique du circuit leur donne l’élan dont ils ont besoin ?

En effet, la saison 2021 semble prendre une toute autre tournure, avec un Roger Federer âgé de 40 ans et absent en Masters 1000. Le Suisse n’a pas beaucoup joué cette année, faisant l’effort d’aller à Roland-Garros, puis à Wimbledon sur son gazon fétiche. Il semble y avoir laissé quelques plumes à cause de son genou, qui le gêne toujours et qui inquiète pour un joueur qui vient de fêter ses 40 ans. Quant à Rafael Nadal, il traîne une blessure au pied gauche depuis Roland-Garros et sa condition physique inquiète. Depuis quelques temps, le Majorquin est un peu plus vulnérable dans les tournois au meilleur des trois sets, où la marge d’erreur est moindre pour lui. Sur terre battue, il a enregistré un tiers de défaites de plus contre des joueurs qu’il dominait les années précédentes (Andrey Rublev ou encore Alexander Zverev, par exemple). Sur dur, l’éventail des candidats s’élargit largement… Il n’y a qu’à regarder contre qui il a perdu la semaine dernière au tournoi ATP 500 de Washington (LLoyd Harris, 50ème joueur mondial). Enfin, Novak Djokovic qui prend du repos lors de l’été américain pour revenir en pleine forme à l’US Open. « Je vais me concentrer sur le Grand Chelem », a clairement déclaré le Serbe. En ce 2021, il n’a disputé que deux tournois de cette catégorie et il n’en a gagné aucun… Il arrivera à Flushing Meadows après en avoir manqué quatre au total (Miami, Madrid, Toronto et Cincinnati).

L’année 2021 pourrait donc être celle du changement. Tout a commencé lors du Masters 1000 de Miami, où les circonstances de la pandémie de Coronavirus a eu une conséquence : l’absence des trois membres du Big 3 et l’avènement du Polonais Hubert Hurkacz (n°13), âgé de 24 ans. Une telle absence de ces trois légendes ne s’était plus produite depuis le Masters 1000 de Paris-Bercy, en 2004. Quelques mois plus tard, à la fin du Masters 1000 de Cincinnati, nous aurons eu trois tournois de cette catégorie sans aucun membre du Big 3. Une grande première, qui laisse la porte ouverte à un grand nombre de joueurs. Depuis 2011, et jusqu’à l’arrivée de la COVID-19 en 2020, 81 Masters 1000 ont été disputés, soit neuf par saison. Le Big 3 en a remporté pas moins de 57 sur cette période, sans oublier les huit glanés par Andy Murray (n°105), qui formait à un moment donné le Big 4 avec les trois autres légendes du tennis. En somme, 80% des titres ont été remportés par ces quatre joueurs. Depuis le retour du tennis après la pandémie, Djokovic a remporté deux titres (Cincinnati et Rome 2020), Nadal un (Rome 2021)… et le reste du circuit en a déjà accumulé quatre ! Sans oublier les deux joueurs qui soulèveront le trophée à Toronto et Cincinnati dans les prochains jours. Le circuit est en train de changer, ce qui semble normal quand on scrute l’âge des membres du Big 3. Ces trois joueurs qui ont tout gagné vont peu à peu laisser leur place, et de nouveaux noms viendront s’inscrire au palmarès des plus grands tournois de la planète tennis. La vie suit son cours.

Crédit photos : @TennisWorlden, @usopen, @WeAreTennis

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