Il était une fois...

Il était une fois… Andy Murray aux Jeux Olympiques

Le Britannique Andy Murray (n°104) est entré dans l’histoire, au niveau masculin, aux Jeux Olympiques. En effet, il a réalisé des performances qu’aucun autre joueur n’a pu faire… La question es t désormais de savoir s’il peut renouveler ce type de performance, cette année à Tokyo, après les blessures et les mois de galères qu’il a dû endurer.


Le nom dAndy Murray (n°104) restera à jamais gravé dans les lettres d’or de l’histoire des Jeux Olympiques. Au niveau masculin, la dernière décennie de tennis aux J.O. a eu un dénominateur commun : un Ecossais, originaire de Dunblane, qui a fini par repartir avec la médaille d’or autour du cou. À l’époque du Big 3, dont on a tant parlé ces derniers temps en raison de leur impact dans l’histoire du jeu, réussir une telle performance est plus qu’honorable. Cette année, Andy Murray arrive à Tokyo dans des conditions très différentes de ses deux dernières apparitions aux Jeux Olympiques, en 2012 et 2016. En effet, il ne fait plus partie du Top 100 au classement ATP. Cela fait bizarre de le dire mais il est désormais 104ème joueur mondial. Par ailleurs, il doit sa dernière apparition à Wimbledon à une wild card et cette année, on l’a même vu évoluer le circuit Challenger. Voilà le résultat de dures années de labeur et d’opérations à la hanche qui auraient pu avoir raison de la carrière du Britannique.

2012 : les Jeux Olympiques de Londres, le début du succès

Mais revenons à l’été 2012, lorsque Novak Djokovic (n°1), Roger Federer (n°9) et Rafael Nadal (n°3) se partageaient le gâteau en Grand Chelem, avec un Andy Murray toujours proche mais jamais vainqueur. Pour mettre fin à cette situation, le joueur écossais avait engagé Ivan Lendl. La récompense était proche. Déjà en début de saison, l’union entre les deux avait montré de bonnes choses. Impossible d’oublier la demi-finale de l’Open d’Australie 2012 contre Djokovic : une bataille physique sur la Rod Laver Arena, au cours de laquelle ces deux amis se sont poussés à la limite et se sont épuisés comme jamais auparavant. Murray avait joué son meilleur, mais il était tombé en cinq sets, au terme d’une bataille très difficile, à une marche d’un premier titre en Grand Chelem. À Wimbledon, l’histoire se répétait. Et elle était peut-être même plus dure à encaisser. Andy Murray atteignait la finale, et le destin semblait avoir écrit que son premier titre en Grand Chelem serait celui qui mettrait fin à une attente de plus de 70 ans pour les Britanniques. Il jouait le meilleur tennis de sa carrière mais cette fois, c’était un Federer éclairé qui allait lui claquer la porte au nez. Larmes, malaise. Tout allait changer un mois plus tard. Même scène, panneaux publicitaires différents. De la publicité Slazenger aux anneaux olympiques. L’herbe un peu plus usée. La première tour a été renversée en demi-finales : Novak Djokovic, l’homme qui se mettait toujours en travers de son chemin, n’a rien pu faire face à un match absolument excellent au service de l’Ecossais. Des services qui sont tombés comme des bombes et qui conduiraient à une nouvelle finale au All England Club. Une nouvelle finale face à Roger Federer mais cette fois, le destin ou la chance, appelez ça comme vous voulez, était du côté de Murray. Le Suisse sortait d’un duel épique en demies contre Juan Martin del Potro, qui s’était éternisé et l’empêchait d’être à 100% physiquement dans le match pour la médaille d’or. Le soleil s’est levé sur Londres et Andy Murray est devenu un homme. C’était le titre le plus important de sa carrière, obtenu dans le sanctuaire où il avait toujours voulu réussir, et il y a même quelque chose de paradoxal dans cette médaille d’or : le garçon que beaucoup rejetaient parce qu’il était « trop écossais » avait été en chargé de ramener cette médaille à la maison.

2016, Andy Murray sur le toit du monde

Ce qu’il s’est passé après cette médaille olympique appartient à l’histoire. Andy Murray est devenu plus fort dans les grands matches, s’imposant mentalement lors de sa quatrième finale du Grand Chelem à l’US Open. Il avait bouclé un cycle parfait dans lequel il avait évolué mentalement, physiquement et tennistiquement, et la médaille d’or olympique y avait joué un rôle absolument essentiel. Avançons maintenant, pour se retrouver quatre ans plus tard : Federer et Nadal sont blessés, Djokovic domine le circuit d’une main de fer et Murray qui commence à se montrer la tête à la recherche d’un objectif relativement lointain : la place de n°1 mondial. Au premier tour des Jeux Olympiques de Rio, l’Argentin Juan Martin del Potro fait parler la poudre pour un résultat qui résonne comme une bombe : il élimine le n°1 mondial, Novak Djokovic, d’entrée. Par la suite, personne n’a été capable d’arrêter un Andy Murray plus mature, avec un bonheur dans sa vie personnelle qui se traduit sur le court. Il n’a jamais été meilleur physiquement, à la fois en termes de force et de mobilité, et son regard transférait la férocité que beaucoup exigeaient de lui à ses débuts. La version la plus complète d’Andy Murray n’a trouvé aucun rival de taille à le faire tomber sur le ciment brésilien. Un homme en mission. A partir de cette deuxième médaille d’or olympique, l’Ecossais enchaînerait une fin d’année absolument spectaculaire, avec des titres partout, dont celui qui le hisserait au sommet du classement : les ATP Finals. Andy Murray, le gars qui semblait toujours à la traîne, était au sommet, regardant le monde de haut.

2021, l’ultime bataille ?

Cinq ans plus tard, tout a changé. Arriver au sommet a un prix, et peu ont souffert autant que le Britannique. Son armure de fer a été totalement meurtrie par les assauts des blessures, apparues après des mois de frénésie physique. Les exigences de la décennie des monstres ont poussé Andy Murray à ses limites, mais même avec une hanche en métal, l’Écossais est retourné à Tokyo pour dire au monde entier qu’il est toujours là. Avant le début des Jeux Olympiques de Tokyo, il nous semblait important de lui rendre une sorte d’hommage. Pourquoi ? Parce que sa carrière, l’une des plus brillantes de l’histoire, est indissociable des Jeux Olympiques, tremplin des meilleures années de sa carrière sportive ; parce qu’il a fait au niveau individuel masculin ce que personne n’a jamais pu faire, pas même le Big 3, et parce que ses valeurs représentent l’effort et la volonté de s’améliorer qui sont dans l’esprit olympique. Quel que soit le résultat obtenu la semaine prochaine, Andy Murray n’a plus rien à prouver à personne. Mais il mérite de vivre un ultime combat, qui passera par une première bataille – qui pourrait être épique – face au Canadien Félix Auger-Aliassime (n°15). Jusqu’où ira le joueur écossais cette fois ? Réponse dans quelques jours.

Crédit photos : @RachetteM, @Olympics, @TelegrammeSport, @Tokyo2020

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