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Steve Johnson évoque le calvaire qu’il a traversé suite au décès de son père

S’il peine à avoir des résultats probants sur le circuit principal, l’Américain Steve Johnson (n°83) n’en est pas moins un personnage attachant. Pour le magazine Sports Illustrated, il est ainsi revenu sur le décès de son père, qui l’a beaucoup affecté. Au point que sa carrière sportive a fini par en pâtir, comme il l’a expliqué lui-même.


Steve Johnson (n°83) était chez lui dans le comté d’Orange, en Californie, lorsque tout a commencé. Le joueur professionnel venait de terminer un entraînement épuisant, et il a supposé qu’il avait le vertige parce qu’il n’avait pas assez mangé. Quelques minutes plus tard, cependant, il a commencé à trembler en faisant la queue dans un magasin de bagels. Steve Johnson a couru à l’extérieur et il s’est ensuite assis dans sa voiture, désorienté à cause de ce qu’il ressentait. « J’ai pété un câble. J’avais l’impression que mon cœur battait à mille à l’heure », a déclaré le joueur américain en se souvenant de cet incident, survenu en janvier 2018. Il est retourné dans le magasin, mais ses symptômes sont revenus, plus terrifiants que jamais. Steve Johnson a alors appelé sa fiancée et sa mère, pour leur dire qu’il avait l’impression d’avoir une crise cardiaque et qu’il devait aller à l’hôpital. Plus tard, on lui apprenait qu’il avait dû faire face à une crise d’angoisse. « Votre esprit vous joue des tours, pensant que c’est quelque chose de pire que ça ne l’est », a expliqué le 83ème joueur mondial. « Ce sentiment m’était complètement étranger. » Il a ressenti beaucoup de pression, à cette époque, après avoir perdu trois de ses quatre premiers matches de la saison. Mais par dessus tout, il avait encore du mal à gérer la mort de son père, Steve Johnson Senior, décédé des suites d’une crise cardiaque huit mois plus tôt. Le père de Steve Johnson lui a mis une raquette dans les mains quand il n’avait que deux ans. Enfant, l’Américain a passé de longues journées au club de tennis de son père, la Steve Johnson Tennis Academy. Il est rapidement devenu son petit protégé, remportant des tournois contre des enfants qui avaient quelques années de plus que lui. Steve Johnson Senior a abandonné son rôle d’entraîneur lorsque son fils a fréquenté l’université, mais il était dans les gradins pour regarder son fils remporter deux championnats masculins consécutifs de la NCAA (le championnat universitaire) et terminer sa carrière universitaire avec 72 victoires consécutives en 2012. Quatre ans plus tard, Steve Johnson Senior a célébré la victoire de son fils à Nottingham, où il a remporté son premier titre ATP. « Je me souviens de ce moment comme si c’était hier », a déclaré Steve Johnson.

En mai 2017, il se trouvait à l’aéroport de Los Angeles lorsque sa mère l’a appelé. Naïvement, il pensait qu’elle voulait juste lui souhaiter un bon vol. Au lieu de cela, il a reçu une terrible nouvelle : son père venait de décéder, dans son sommeil, à l’âge de 58 ans. Le joueur américain était sous le choc, mais il a poursuivi sa saison, se rendant en Suisse pour disputer le tournoi de Genève, une semaine plus tard, puis Roland-Garros. Au cours d’une interview réalisée sur le court après une victoire au deuxième tour contre Borna Coric, il n’avait pas pu retenir ses larmes. « Je ne savais pas que ça allait sortir après ce match », a-t-il confié. Pendant le reste de la saison, Steve Johnson a lutté contre lui-même, faisant bonne figure et disant à tout le monde qu’il allait bien. « Ce n’est pas facile lorsque vous essayez de dépeindre quelque chose qui n’est pas en phase avec ce que vous ressentez à l’intérieur », a-t-il ajouté. Des personnes proches de lui, comme Michelle, sa mère, ont tenté de le persuader de parler à un professionnel. Steve Johnson pensait qu’il pouvait comprendre les choses par lui-même, et il ne croyait pas que la thérapie fonctionnerait avec lui. Mais en 2018, les crises d’angoisse ont commencé, avec des symptômes particulièrement difficiles à gérer pendant les matches. « Le sol tremble et le stade tourne », a expliqué le joueur américain. « Ce n’est certainement pas un processus amusant à suivre pendant que vous êtes en compétition. » Il s’est replié sur lui-même, évitant les restaurants et les engagements sociaux et restant chez lui autant qu’il le pouvait. « Je voulais vraiment être dans mon propre confort, juste au cas où« , a-t-il confié. « J’avais toujours peur au lieu d’essayer d’embrasser le problème et de le régler. »

Finalement, l’actuel 83ème mondial a cédé à l’incitation de sa mère et a consulté un psychologue. Il s’était longtemps apitoyé sur son sort, se demandant pourquoi son père était mort à un si jeune âge. Grâce à un ce suivi psychologique, il a changé sa façon de voir les choses. À partir de là, il a commencé à aller dans la bonne direction. « La chose la plus importante a été de déplacer cette conversation dans ma tête sur la chance que j’avais d’avoir un père qui se souciait de moi, que j’aimais, avec qui j’avais une excellente relation – toutes ces choses positives que je négligeais parce que j’étais plus préoccupé par pourquoi cela lui était arrivé », a expliqué Steve Johnson. « Une grande partie de ma transition vers la guérison a consisté à faire passer ces pensées et ces processus du négatif au positif. » Bien qu’il ait trouvé un moyen de surmonter son chagrin, le père du joueur américain lui manque toujours. Son regard se tournent souvent vers une photo qu’il garde dans son bureau, où on peut voir son père l’embrasse à Nottingham, après son premier titre ATP. En décembre 2020, sa femme Kendall a donné naissance au premier enfant du couple, une petite fille prénommée Emma. Il aurait voulu qu’elle ait la chance de rencontrer son grand-père. « Je donnerais à peu près n’importe quoi pour avoir mon père ici et maintenant », a-t-il déclaré. Aujourd’hui, Steve Johnson fait face à des crises d’anxiété occasionnelles, mais elles se produisent moins fréquemment. Quand il a une attaque, il essaie de calmer sa respiration autant que possible et se concentre sur le fait de mettre son esprit dans un « endroit qui le rend heureux », un terme qui, il l’admet, fait cliché. « Je parcours une checklist, ça me calme et me ramène à des sentiments neutres, en quelque sorte », a confié l’Américain. Il sait combien cette expérience a pu lui être bénéfique, et il espère que son histoire pourra aider quelqu’un qui souffrirait en silence. « Essayez d’être ce gars qui ne veut pas d’aide ou qui a l’impression de ne pas en avoir besoin ou traversez cela par vous-même, vous verrez bien que cela ne fonctionne pas », a conclu Steve Johnson.

Crédit photos : @usta

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