Wimbledon

Adieu, Manic Monday : la fin d’une tradition à Wimbledon

L’édition 2021 de Wimbledon est particulière sur plusieurs points. Tout d’abord, parce que le tournoi a pu reprendre ses droits dans un calendrier ATP largement perturbé, en 2020, par la crise sanitaire. Et puis, aussi, parce que le Middle Sunday, suivi du Manic Monday, sont amenés à disparaître à partir de l’année prochaine. Profitez-en, c’est donc la dernière fois que vous verrez tous les huitièmes de finale, hommes et femmes confondus, se disputer sur une seule et même journée de folie !


Adieu, Manic Monday. L’édition 2021 de Wimbledon a vu, ce dimanche, la dernière occasion pour le Grand Chelem britannique de faire une pause d’une journée, le traditionnel Middle Sunday. Avant de vivre une journée aux antipodes, avec un programme unique parmi les tournois du Grand Chelem, où chaque rencontre des huitièmes de finale, hommes et femmes confondus, est jouée lors du Manic Monday. C’est ainsi le jour le plus chargé de tous les tournois de la planète – et pour beaucoup de fans de tennis, le meilleur jour au monde. Profitons-en une dernière fois pendant que nous le pouvons ! En effet, les progrès technologiques concernant l’entretien du gazon signifient que la surface ne nécessite plus une journée de récupération en plein milieu du tournoi. Ainsi, à partir de 2022, les seize matches des huitièmes à Wimbledon seront répartis sur les septième et huitième jours du tournoi, soit le dimanche et le lundi, comme partout ailleurs. « Nous voulons que davantage de ce merveilleux événement soit disponible pour plus de personnes à travers le monde pour partager la joie de Wimbledon », a expliqué Sally Bolton, directrice générale du All England Club. « Inclure le premier dimanche de façon permanente dans notre programme nous permettra de faire exactement cela et de commencer une nouvelle tradition dont nous espérons pouvoir devenir immensément fiers. Cela nous permet d’en faire plus avec le deuxième lundi, que l’on appelle maniaque pour une bonne raison. »

Pour ceux que cette nouvelle n’enchante guère, ils noteront que ce ne sera pas la première fois que le All England Club évolue dans sa programmation. Avant 1982, le tournoi se terminait un jour plus tôt, avec la finale du simple dames le vendredi et la finale du simple messieurs le samedi. Pendant ce temps, ce n’est qu’en 1991 que l’on a joué le premier dimanche de la quinzaine, lorsque les pluies diluviennes qui se sont déversées tout au long de la première semaine ont forcé un changement radical. Stefan Edberg a commencé la défense de son titre avec une victoire en deux sets sur Marc Rosset répartie sur 73 heures, avec à peine un cinquième des 240 matches programmés pour les quatre premiers jours du tournoi ! Jouer le premier dimanche n’a eu lieu que trois fois depuis, la dernière fois en 2016. Il deviendra désormais la norme. Mais regardons avec tendresse une dernière fois cette grande fête du tennis, qui s’apparente à un cadeau de Noël avant l’heure. Les mathématiciens avertis auront déjà compris que pour disputer les seize matches au programme, cela nécessite au moins cinq courts pour qu’ils puissent tous être joués en temps et en heure. Il y a quatre ans, ceux qui faisaient la queue pour le Court n°3 ont noté parmi leur nombre la rédactrice en chef de Vogue, Anna Wintour, attendant poliment l’occasion de voir Tomas Berdych affronter Dominic Thiem, préférant cette perspective à sa place sur le Centre Court.

Chaque année jusqu’à aujourd’hui, certains des médias internationaux couvrant le tournoi de Wimbledon ont cherché à assister à une partie des seize rencontres de simple – un chef-d’œuvre de logistique avec les protocoles Covid, ce qui pourrait contrecarrer leurs plans, cette fois-ci. Mais rien ne peut changer le fait que le Manic Monday a été ce que Hollywood appellerait un best seller, faisant partie de l’iconographie de Wimbledon. « Je dirais que c’est le meilleur jour de tennis que l’on puisse voir », a déclaré le Tchèque Tomas Berdych, finaliste en 2010. « Je pense que si quelqu’un me demandait quel jour il faut aller voir du tennis, je dirais le deuxième lundi de Wimbledon. » Pour ceux qui se demandent quelle personne a eu l’idée astucieuse d’emprunter le titre du hit de 1986 de The Bangles (« Manic Monday ») et de l’appliquer au deuxième lundi de Wimbledon… Il s’agit de Thomas Bonk, ancien écrivain du Los Angeles Times, qui écrivait sur le tennis et qui a été crédité, inventant l’expression dans un article en juin 1992. Son héritage restera une partie de l’histoire de Wimbledon, aussi longtemps que le tournoi sera joué. Cependant, on le sait, toutes les bonnes choses ont une fin. Alors, dites adieu à ce lundi de folie ou, comme le diraient nos amis de l’autre côté de la Manche : « Farewell, Manic Monday ! »

Crédit photos : @Wiimbledon

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