Wimbledon

Nick Kyrgios : « J’ai été crucifié parce que je suis différent, mais je suis content de ma façon de jouer »

Ce jeudi, l’Australien Nick Kyrgios (n°60) – qui n’avait plus rejoué depuis l’Open d’Australie en février dernier – s’est qualifié pour le troisième tour de Wimbledon. On le sait, ses conférences de presse sont du pain béni ; et il n’a pas dérogé à la règle qui veut qu’à chaque sortie, nous avons envie de partager ses propos – pour le moins intéressants – avec vous.


Après avoir sorti le meilleur espoir français – Ugo Humbert (n°25) – au premier tour de Wimbledon, l’Australien Nick Kyrgios (n°60) est parvenu à enchaîner. ce jeudi, il a éliminé l’Italien Gianluca Mager (n°77) en trois sets 7-6 (7), 6-4, 6-4 pour se qualifier pour le troisième tour. Pas mal pour un gars qui n’avait plus joué en compétition depuis l’Open d’Australie, et qui a eu du mal à quitter son île natale ! Le joueur australien, on le sait depuis longtemps, a une personnalité unique en son genre. Voilà pourquoi ses conférences de presse sont scrutées avec attention. Et celle qu’il a donnée après sa seconde victoire au All England Club n’a pas dérogé à la règle. Il est tout d’abord revenu sur sa victoire contre un adversaire qu’il ne connaissait pas, mais qui a failli le surprendre dans la première manche. « Honnêtement, j’ai été très surpris par son niveau », a déclaré le joueur de 26 ans. « Je pense que c’est un grand joueur et dans le premier set, il a tout fait très bien. Il a trouvé un moyen de me mettre mal à l’aise. J’ai été sauvé par son manque d’expérience dans des jeux comme le tie break, ce qui m’a permis de gagner des points clés, mais son grand niveau m’a fait comprendre que même si j’avais perdu la première manche, je n’aurais rien eu à me reprocher. J’ai eu la capacité de rester concentré et positif, en attendant une opportunité, et quand elle est arrivée, j’en ai profité. »

Cependant, la partie la plus importante de cette conférence de presse est survenue quand Nick Kyrgios a évoqué le public, qui à Londres semble l’adorer, et la façon dont il mène sa carrière, lui qui ne joue actuellement que son deuxième tournoi de la saison 2021. « J’aime voir que les gens viennent à mes matchs en sachant qui je suis et qu’ils pourront assister à un spectacle », a-t-il commenté. « J’ai vu beaucoup de gens dans les premiers rangs me parler, ils semblaient être mes entraîneurs. C’est fou, ils m’ont même posé des questions sur les Tottenham Hotspurs (club de football anglais qui évolue en Premier League, ndlr). J’ai l’impression que les gens ont envie de s’amuser et sont impatients de revoir du tennis. J’ai ressenti l’affection du public et je pense que j’ai beaucoup à offrir dans ce tournoi. En ce moment, je profite de tout. J’aime ce tournoi, j’aime Wimbledon, j’aime même l’odeur des courts. Il fut un temps où je venais ici et je ne m’amusais pas, j’étais déprimé, mais je ne me pousse plus autant. Je joue juste comme j’aime jouer et j’aime être moi-même. » Avant d’ajouter, concernant ce qu’il réalise sur le court et la façon dont il gère sa propre carrière, ne désirant pas emporter de titre du Grand Chelem : « Je suis beaucoup plus libéré qu’il y a des années. Maintenant, j’aime la compétition, j’abandonne les victoires en Grand Chelem. Je sais que beaucoup de gens peuvent être offensés, mais ils doivent respecter mon choix et ce que je fais de ma vie. Ce que je veux, c’est m’amuser et que mes matchs soient un spectacle. Nous ne pouvons pas tous être des dieux comme Federer, Nadal ou Djokovic. Ce sont des gens qui inspirent des millions de personnes à travers le monde, mais il doit y avoir des gars auxquels beaucoup de gens peuvent s’identifier, qui attirer beaucoup de fans. Je suis Nick Kyrgios, un gars normal et je suis heureux d’être qui je suis. » Au moins, ça a le mérite d’être clair !

Pour rebondir sur ce sujet, Nick Kyrgios a même évoqué le fait que beaucoup de personnalités semblent lisses dans le monde du tennis. « C’est une question culturelle », a expliqué le 60ème joueur mondial, se comparant à un joueur comme Alexander Bublik (n°38). « Depuis que tu es enfant, ils t’obligent à jouer d’une certaine manière. Changer de direction, bouger de cette façon, être discipliné. Ils m’ont appris à jouer en faisant semblant d’être comme Diego Schwartzman, mais il y a des gens qui veulent être différents, nous voulons montrer notre personnalité. Je me fiche de ce que les gens pensent de moi. Je me regarde dans le miroir et j’aime ce que je vois. Cela arrive aussi à Bublik, je suis content qu’il soit là. Pour beaucoup ça aura été difficile, ils pensaient s’être débarrassés de Nick et Alexander apparaît. » Avant d’extrapoler sur ce que sera le tennis quand les trois plus grands joueurs de tous les temps auront pris leur retraite : « Quand le Big Three prendra sa retraite, nous aurons besoin de gens comme ça, qui font du tennis un spectacle et permettent aux gens qui sont prêts à payer un billet de les voir en direct. C’est très bien d’avoir des gens comme Rublev et Medvedev, mais vous avez aussi besoin d’un autre style de joueur. Un exemple est Auger-Aliassime. Je pense qu’ils ont tout pour avoir beaucoup de fans, mais ils doivent développer leur charisme. » Enfin, n’ayant toujours pas sa langue dans sa poche, Nick Kyrgios s’est exprimé sur la lenteur du gazon londonien, qu’il ne s’est a gêné à critiquer tout au long de ses deux premiers matches. « Je ne veux pas être mal compris », a prévenu le joueur australien. « Je vais préciser qu’il s’agit de l’un des meilleurs courts du monde, mais je pense que tous les joueurs conviennent qu’ils ont beaucoup ralenti ces dernières années. Le gazon devrait être une surface qui récompense les joueurs offensifs, les bons serveurs, comme Federer, par exemple. Maintenant, c’est très différent : vous servez incroyablement bien et ils vous font de très bons retours. C’est quelque chose qui répond aux intérêts commerciaux, il est plus attrayant de voir de longs échanges à la télévision, mais nous abandonnons les racines du tennis. Je pense qu’un court en gazon et un court en terre battue devraient être complètement opposés, mais maintenant toutes les surfaces sont très similaires les unes des autres. Je sais qu’ils ne vont rien faire, il n’y a pas d’autre choix que de s’adapter. »

Crédit photos : @ESPNTenis, @atptour

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