Roland-Garros

Novak Djokovic, le passage au vestiaire qui a tout changé en finale de Roland-Garros

Ce dimanche, le Serbe Novak Djokovic (n°1) a remporté la finale de Roland-Garros, soulevant son dix-neuvième titre en Grand Chelem. Pourtant, il était malmené en début de match par le Grec Stefanos Tsitsipas (n°5), qui a mené deux sets à zéro. Voici comment, après un passage aux vestiaires, il a su se remobiliser pour aller chercher une victoire homérique. Ce qu’il avait déjà fait, souvenez-vous, en huitièmes de finale…


Deux fois au cours de cette édition 2021 de Roland-Garros, Novak Djokovic (n°1) sera parvenu à remonter un handicap de deux manches à rien. Ce qui mérite d’être souligné, car aucun joueur n’avait réussi un tel exploit dans un tournoi du Grand Chelem depuis 1949. Par ailleurs, il y a un point commun entre ces deux retournements de situation : à chaque fois, le joueur serbe est passé par le vestiaire avant de revenir avec de nouvelles dispositions. Et à chaque fois, il s’est montré impérial durant les trois sets suivants, comme s’il s’agissait d’un nouveau match. La question que tout le monde se pose est donc la suivante : que s’est-il passé dans ce vestiaire pour que Djokovic, bousculé par Lorenzo Musetti (n°61) et Stefanos Tsitsipas (n°4), se transforme en ce cyborg que son adversaire est incapable de déborder, alors qu’il avait la mainmise sur la rencontre ?

Le Serbe, qui a remporté son deuxième titre à Roland-Garros après 2016 en battant finalement le Grec Stefanos Tsitsipas en cinq sets 6-7 (6), 2-6, 6-3, 6-2, 6-4 après 4h11 de jeu, a livré lui-même un élément de réponse. Lors de la conférence de presse d’après-match, dimanche, voici ce qu’il a expliqué aux journalistes : « J’ai eu une conversation intérieure avec moi-même. Il y avait deux voix. L’une me disait que je n’y arriverai pas, que c’était terminé pour moi. Cette voix était assez forte après la perte des deux premiers sets. J’ai senti qu’il était temps de verbaliser la deuxième pour essayer de supprimer la première. Je me suis encouragé en me disant que je pouvais le faire. J’ai commencé à me répéter ça à moi-même avec ardeur, dans mon esprit, et à vraiment y croire de tout mon être. Une fois que j’ai commencé le début du troisième set, surtout dans les premiers jeux, j’ai vu que mon jeu était là. Ça m’a poussé d’écouter cette deuxième voix plus positive. Après ça, je n’avais plus aucun doute. » On le sait, Novak Djokovic a parfois pété les plombs sur un court de tennis, comme lors du dernier US Open, ce qui a pu lui coûter cher. On peut donc le croire quand il parle de ses deux voix intérieures, car nous avons vu un joueur différent en début de troisième manche sur le Court Philippe-Chatrier. « Sur le court, vous n’avez pas vraiment le temps de penser à tout ça », a ajouté le n°1 mondial. « Les pensées vont et viennent très rapidement. Ça dépend aussi de la personne. Tout au long de ma carrière, je me suis beaucoup entraîné sur la capacité mentale à ‘revenir au centre’, pour ainsi dire. Trouver un équilibre, être dans le moment présent, plutôt que laisser mes pensées me tirer à gauche et à droite. Malheureusement, ce dialogue intérieur a pris une mauvaise tournure à certains moments de ma carrière quand le côté négatif l’a emporté. Ça m’est arrivé de nombreuses fois lors de matchs importants que j’ai perdus en Grand Chelem. C’est un sport individuel, vous ne pouvez compter sur personne d’autre que vous sur le court. Si vous n’êtes pas capable de vous sortir de certaines situations, comme celle d’aujourd’hui (dimanche, ndlr) où j’étais mené deux sets à zéro, le match est terminé. C’est pour ça que j’estime le travail mental aussi important que l’entraînement physique. J’y accorde beaucoup de temps. Je suis ravi que ça paye. » Voici donc un premier élément de réponse, qui a changé la physionomie de la finale. Il faut bien se rendre compte que Tsitsipas n’a pas forcément baissé de rythme ni relâché la pression. C’est bien le Serbe qui est devenu un autre joueur.

Le pire, c’est qu’il nous avait déjà fait le coup ! En huitièmes de finale, le n°1 mondial était mené 6-7 (7), 6-7 (2) par l’Italien Lorenzo Musetti. Mal embarqué, il était déjà allé faire un petit break au vestiaire. A son retour, il n’était plus le même : il infligeait un 6-1, 6-0, 4-0 en quelques minutes seulement à son adversaire, qui préférait jeter l’éponge pour ne pas prendre une double bulle. Après sa victoire en quarts de finale face à un autre joueur italien, Matteo Berrettini (n°9), le Serbe avait déjà fourni quelques explications. « J’ai changé mes sous-vêtements », avait-il expliqué. « Mais tu profites surtout de ce moment pour te remettre à zéro mentalement et changer ton environnement. Si vous voulez vraiment savoir, je n’ai pas utilisé les toilettes. Après la pause, je me suis senti différent. » S’il ne va pas aux toilettes pendant ces pauses où il sort du court, le joueur est-il dans son bon droit ? Oui, car le règlement prévoit deux pauses lors des rencontres au meilleur des cinq sets. Une concerne la pause toilettes, alors que l’autre peut être prise pour changer de vêtements. Djokovic n’est d’ailleurs pas le seul à en avoir bénéficié : lors de la finale, nous avons également vu Tsitsipas sortir pour, a priori, aller aux toilettes. Il a même demandé un temps mort médical par la suite, prodigué sur le court. Il n’a pas été rare, durant tout le tournoi, de voir des joueuses sortir se changer. Quoi de plus normal ? Mais là où le n°1 mondial est un joueur exceptionnel, différent des autres, c’est qu’il a su se mettre dans un autre état d’esprit après cette pause qu’il a prise, par deux fois. Dans sa tête, c’était un autre match qui commençait. Un match où il devait jouer son meilleur tennis, n’ayant plus le droit à l’erreur. Et à ce petit jeu, il gagne à chaque fois, finissant par dégoûter ses adversaires qui ne peuvent rien faire d’autre que constater sa supériorité.

Crédit photos : @rolandgarros

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