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Depuis sa victoire à l’US Open en septembre 2020, Dominic Thiem est « tombé dans un trou »

Ce lundi, l’Autrichien Dominic Thiem (n°4) a donné un long entretien dans lequel il a donné de ses nouvelles, qui ne sont pas très encourageantes. Il a ainsi révélé ne plus y arriver depuis son premier sacre en Grand Chelem, à l’US Open en septembre dernier, avançant que la pandémie ne l’aide pas à avancer.


Beaucoup de gens se demandent ce qu’il se passe pour l’Autrichien Dominic Thiem (n°4) en ce début de saison 2021. Après avoir terminé l’année 2020 avec son premier titre du Grand Chelem – remporté à l’US Open – et après avoir été très proche de remporter le titre aux ATP Finals à Londres, son début de saison est loin des attentes que l’on peut désormais avoir. N’ayant toujours pas lancé sa saison sur terre battue en raison de problèmes au genou, le joueur autrichien a donné un long entretien au journal Der Standard, où il a révélé être coincé dans un trou, n’ayant pas digéré, psychologiquement, son titre à New York. Avec une pandémie qui dure et qui ne semble pas l’aider non plus. Physiquement, le joueur de 27 ans n’est pas non plus à son meilleur. En Australie, il a fini par sortir en huitièmes de finale contre le Bulgare Grigor Dimitrov (n°17), qui lui a même infligé une roue de bicyclette dans le troisième set. Sa défaite inattendue contre le Sud-Africain Lloyd Harris (n°53) lors de son premier match au tournoi ATP 500 de Dubaï et ses forfaits au Masters 1000 de Monte-Carlo et au tournoi ATP 250 de Belgrade ont fini par sonner l’alarme. « Il y a plusieurs problèmes », a déclaré Dominic Thiem lors de l’interview. « L’année dernière, lors de la première quarantaine, j’ai eu des problèmes avec mon genou droit. Maintenant, c’est le gauche. A ce moment-là, je n’avais pas besoin de sortir d’un tournoi, car il n’y en avait pas. C’est un problème congénital, qui apparaît de temps en temps dans mes genoux. Les gens découvrent cela maintenant, mais il faut quelques semaines pour que cela disparaisse. Cela a déjà commencé à faire mal en Australie. C’est une douleur intense, mais elle disparaîtra. »

Cependant, le problème actuellement avec Dominic Thiem n’est pas seulement physique. Il est aussi mental. « Lorsque vous passez toute votre vie à poursuivre un objectif et que vous conditionnez tout pour cela, une fois que vous l’avez atteint, les choses cessent d’être les mêmes », a-t-il expliqué. « C’est normal. Le problème, c’est qu’au tennis, tout va très vite et ne ralentit pas de semaine en semaine. » Avant d’expliquer, plus en détails : « Au tennis, vous n’avez pas le temps de traiter la victoire. Dans ce sport, si vous n’êtes pas à 100%, vous perdez. C’est ce qui m’est arrivé en 2021. Le niveau est très élevé et les adversaires sont très forts. Par conséquent, il vaut mieux ne pas aller aux tournois et revenir quand on va mieux. Si j’étais allé à Belgrade, j’aurais perdu au premier tour, encore une fois, et je serais entré plus complètement dans cette spirale négative. J’ai besoin de m’éloigner de ça. Je préfère être à la maison. Je ne suis pas le premier à en faire l’expérience et je ne serai pas le dernier. » Par ailleurs, le 4ème joueur mondial fait également référence à l’impact qu’a la COVID-19 sur le monde du tennis. L’absence de public et le fait de jouer devant des stades totalement vides affecte psychologiquement certains joueurs. « Le Coronavirus nous a pris beaucoup de bonnes choses, à commencer par les voyages, la libre circulation. Il est difficile de jouer semaine après semaine dans ces circonstances. Il y a des gens qui ont réussi à s’adapter à cela. C’est même un avantage pour eux de vivre dans une bulle », a commenté l’Autrichien, qui n’a pas hésité à donner des noms pour illustrer ses propos. « Par exemple, Evans ou Bublik. Il est normal pour eux de se concentrer, mais de cette façon, ils parviennent à se concentrer uniquement sur le tennis, pas sur autre chose. À Dubaï, la bulle était extrême. Ils nous ont seulement permis de quitter l’hôtel pour aller jouer dans un stade vide. Ce n’est pas la meilleure situation. J’ai toujours eu ma vie planifiée, semaine après semaine, mois après mois. Maintenant, avec cette incertitude sur ce qui sera joué ou non, tout a changé. »

Par la suite, Dominic Thiem est revenu sur ce qu’il s’est passé lors de l’Open d’Australie, où il a vécu un match incroyable contre le local Nick Kyrgios (n°55), qui est quelque peu passé inaperçu. « Je pense que j’ai joué l’un des matches les plus mémorables de toute ma carrière contre Kyrgios, revenant de deux sets à zéro. C’était beaucoup d’efforts pour si peu de prix », a-t-il déclaré. « L’ambiance y était incroyable. Et puis, il y avait un couvre-feu. Soudain, je me suis retrouvé dans le vestiaire, en sueur, et toute la pièce était vide. Il est apparu qu’un incident s’était produit. Deux jours plus tard, contre Dimitrov, j’ai joué dans un stade vide et sous une chaleur étouffante. Je ne savais pas comment gérer la situation. » Le joueur autrichien est apparu affecté par la situation que vit le monde depuis plus d’un an. Pour lui, c’est difficile de retrouver la flamme devant des tribunes vides. « Je me sens vide. Je n’ai même pas vu les matchs de Monte-Carlo », a-t-il admis, quelque peu effondré. « J’ai passé 15 ans de ma vie à poursuivre un objectif, ne regardant nulle part. Une fois que j’ai réussi, certaines choses se sont effondrées. Ma vie privée, devant faire face à beaucoup de choses, il y a des horizons qui se sont élargis. Il faut faire quelque chose avec sa tête, avec son cerveau. C’était juste du tennis. Je veux changer cela. » Le succès est une chose, vivre avec et poursuivre sa route en est une autre. Voilà l’expérience difficile qu’est en train de vivre Dominic Thiem. « Lorsque j’ai remporté l’US Open, j’étais dans un état d’euphorie », a-t-il ajouté. « Les résultats ont continué à être bons, j’ai atteint la finale à Londres. Mais, en préparant cette saison, je suis tombé dans un trou. Nous verrons si je peux en sortir. Je ne sais pas. Je l’espère. » Malgré ces obstacles, le joueur de 27 ans ne met pas de côté sa préparation sur terre battue et espère être prêt pour Roland-Garros. Même s’il ne sait pas encore où il en sera en terme de niveau de jeu. « Je n’ai pas joué en compétition contre les top players depuis longtemps », a-t-il concédé. « Je ne sais pas où j’en suis. J’espère pouvoir jouer à Madrid et à Rome et j’aimerais être compétitif à Paris. Obtenir une médaille aux Jeux Olympiques serait un rêve, mais nous verrons ce qui se passera avec la pandémie. En tout cas, je ne laisserai pas cela emporter mon rêve de jouer au tennis, car à un moment donné, tout devra revenir à la normale. »

Crédit photos : @derStandardat, @ESPNTenis, @rolandgarros

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