Analyses

Daniil Medvedev et la terre battue : je t’aime moi non plus…

Très à l’aise sur dur extérieur et en indoor, le Russe Daniil Medvedev (n°2) n’a pas encore eu de résultats probants sur terre battue. alors que l’on rentre de plain pied dans la saison sur ocre avec le début du Masters 1000 de Monte-Carlo, nous nous sommes demandés ce que pouvait améliorer le dauphin de Novak Djokovic (n°1) pour briller sur cette surface et continuer d’asseoir sa domination.


Tout le monde sait que la tournée européenne sur terre battue n’est pas exactement le moment préféré de Daniil Medvedev (n°2) dans une saison tennistique. Et le fait est que le joueur russe a encore de nombreux progrès à faire sur cette surface. Comme il l’a lui-même reconnu dans plusieurs interviews, l’un de ses objectifs pour la saison 2021 est de remporter un match à Roland-Garros, chose qu’il n’a pas encore accompli dans sa carrière. Dans quelques semaines, il aura une cinquième occasion de passer le premier tour Porte d’Auteuil, ce que son rang de n°2 mondial lui impose désormais. Et tout cela commence par un bon tournoi à Monte-Carlo, pas loin de l’endroit où Medvedev s’entraîne avec son coach français, Gilles Cervara. « Je suis vraiment heureux d’être ici », a déclaré le Russe lors d’une interview en marge du tournoi. « J’aime le tournoi. J’ai bien joué, une fois, ici. Je peux rester à la maison, ce qui aide avec toutes les bulles et tout. J’ai vraiment de la chance de pouvoir rester à la maison cette semaine. C’est très malheureux que nous n’ayons pas de fans, mais maintenant tout le club est pour nous. C’est certainement l’un des plus beaux tournois du monde en ce moment. »

Cependant, s’il se sent bien à Monte-Carlo, il y a un fait qui montre combien il n’aime pas évoluer sur terre battue : son ratio victoires-défaites, qui est négatif sur la surface. En effet, Daniil Medvedev y a joué un total de 28 rencontres, avec un ratio de seulement 10 victoires pour 18 défaites. Pourquoi une telle statistique ? Disons que le jeu du n°2 mondial est parfaitement adapté aux surfaces rapides, moins à la terre battue. Comme tout le monde le sait maintenant, il frappe toujours très à plat et ses coups perdent de leur efficacité sur ocre, où il devrait lifter un peu plus. Sa balle, quand il frappe à plat et qu’elle touche le sol, perd ainsi de la vitesse, ce qui lui fait plus mal qu’autre chose. Ajoutez à cela le fait que le joueur de 25 ans n’aime pas la terre battue. « Honnêtement, il n’y a rien que j’aime sur terre battue », a déclaré Medvedev avec un sourire ironique. « Il y a toujours de mauvais rebonds et tu es sale après avoir joué. Je n’aime vraiment pas jouer sur terre battue. » Au moins, ça a le mérite d’être clair ! Pourtant, le joueur russe est déjà parvenu çà avoir de bons résultats sur ocre, notamment lors du Masters 1000 de Monte-Carlo, en 2019, où il avait éliminé le Serbe Novak Djokovic (n°1) avant d’atteindre les demi-finales, son meilleur résultat sur terre battue à ce jour. « Après ce qu’il s’est passé il y a deux ans, je sais que je peux bien jouer sur ce court », a ajouté Daniil Medvedev. « Chaque fois que je m’entraîne sur terre battue, après quand je joue en match, j’essaie de faire de mon mieux, mais c’est difficile pour moi. »

Le Russe sait donc qu’il doit adapter son jeu à la terre battue, mais pour lui le défi est aussi mental que tactique. « Mentalement, je pense que pour moi, le plus important sera de savoir que certains coups qui seraient peut-être gagnants sur des terrains durs, ne le seront certainement pas sur terre battue », a-t-il expliqué. « Vous devez faire peut-être trois bons coups, alors qu’un seul suffirait sur des terrains durs. C’est parfois difficile pour moi de comprendre. » Et c’est là que Daniil Medvedev a une marge de progression. S’il sait s’appuyer sur son formidable revers quand il connaît un jour sans sur dur, il n’a pas encore trouvé de solution tactique pour l’emporter sur terre battue. « Si je joue sur terre battue comme sur dur, ce n’est pas si incroyable avec mes coups à plat », a analysé le n°2 mondial. « Je travaille à donner plus de spin, un peu plus de trajectoire. Tout cela est difficile car pendant neuf ou dix mois, je joue comme j’en ai l’habitude. Ensuite, je dois changer pendant deux mois, en gardant toujours les choses que je fais bien aussi. Vous ne pouvez pas changer complètement votre jeu. » S’il s’est entraîné avec sérieux, Daniil Medvedev pourra faire preuve de ses progrès dans les jours qui viennent, lors de son entrée en lice au deuxième tour du Masters 1000 de Monte-Carlo. Il affrontera, pour ses débuts sur terre battue, le Géorgien Nikoloz Basilashvili (n°36) ou le Serbe Filip Krajinovic (n°37). Notez qu’il se trouve dans la partie de tableau de l’Espagnol Rafael Nadal (n°3), qui cherchera à soulever le trophée pour la douzième fois de sa carrière. Cependant, le Russe n’a aucun point à défendre lors de cette tournée sur terre battue, contrairement à son poursuivant au classement ATP. Il pourrait même aller challenger Novak Djokovic et la place de n°1 mondial, s’il parvenait à dompter cette surface qu’il déteste tant…

Crédit photos : @ROLEXMCMASTERS, @ubitennisenesp, @ESPNtenis

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