Analyses

Open d’Australie – Les 10 conclusions laissées par les triomphes de Novak Djokovic et Naomi Osaka

Il aurait pu ne jamais avoir lieu, mais l’Open d’Australie s’est bien terminé ce week-end avec les victoires de Naomi Osaka (n°2) et Novak Djokovic (n°1). Il est donc grand temps pour nous d’analyser ce qu’il faut retenir du premier tournoi du Grand Chelem de al saison, qui nous en a appris beaucoup en ces temps de pandémie mondiale.


1/ Novak Djokovic se rapproche un peu plus de ses rivaux dans la légende

Ce que le Serbe Novak Djokovic (n°1) a réalisé au cours de cet Open d’Australie est une démonstration fidèle de sa grandeur, de ce caractère de vainqueur à l’épreuve des bombes dont seuls quelques privilégiés peuvent se targuer dans l’histoire du sport. Le Serbe a donné une leçon de force mentale en acceptant les désaccords avec l’organisation à propos de la quarantaine, les critiques reçues pour tout ce qu’il a fait sur et en dehors des courts, notamment en rapport avec sa blessure aux abdominaux, qui ne l’a pas empêché d’ajouter un dix-huitième titre du Grand Chelem à son escarcelle. Parfois, il semble avoir tellement de marge sur ses rivaux que même blessé, il parvient à s’ne sortir et à triompher. Grâce à son tennis et sa force mentale, grâce à sa résilience face à l’adversité, il est revenu à deux longueurs seulement de Roger Federer et Rafael Nadal, qui comptent tous deux vingt titres en Grand Chelem. Et s’il les égalait cette année pour mieux les dépasser en 2022 ?

2/ Un Big Three toujours devant, qui intensifie sa gloire

Pour qu’un tournoi du Grand Chelem ne soit pas remporté par un membre du Big Three, il faut des circonstances spéciales comme la blessure de Roger Federer, la décision de Rafael Nadal de ne pas y assister ou encore la disqualification de Novak Djokovic. C’est simple : les années ne semblent pas avoir totalement raison d’eux et ils sont toujours les meilleurs. Ayant à nouveau maîtrisé ceux qui cherchent à les renverser, la compétition acharnée qui se joue entre eux est renforcée par ce neuvième titre du Serbe à Melbourne, qui n’est plus qu’à deux trophées du Grand Chelem derrière le Suisse et l’Espagnol. Cela ne pourra que les motiver à aller encore plus haut : Nadal à Roland-Garros, où il pourrait accentuer son record en s’imposant une quatorzième fois au printemps, et Federer à Wimbledon, alors qu’il effectuera son retour dans quelques jours seulement au tournoi ATP 250 de Doha.

3/ Daniil Medvedev, impressionnant jusqu’à la faille mentale en finale

Sur cette édition 2021 de l’Open d’Australie, on a cru que le Russe Daniil Medvedev (n°3) pourrait aller au bout. Il semblait impossible qu’un joueur qui a accumulé 20 victoires consécutives, 12 consécutives sur les 10 meilleurs joueurs au monde, puisse quitter Melbourne sans le trophée et avec un goût amer dû à son impuissance en finale face à Novak Djokovic (n°1). Est-il capable de battre les membres du Big Three légendaire en finale d’un Grand Chelem ? Cette question concerne tout le circuit, et pas seulement le joueur russe. Même pour un joueur brillant comme le Grec Stefanos Tsitsipas (n°6), qui a touché le ciel en battant Rafael Nadal (n°2) en quarts de finale, il n’y a pas eu de suite tant la tâche avait été ardue. Qui pourra donc détrôner les trois légendes de ce sport, qui sont encore actives et ne veulent laisser aucune miette à leurs rivaux ?

4/ Rafael Nadal et ses soucis dans les moments importants

L’Espagnol Rafael Nadal (n°2) n’a pas pour habitude d’enchaîner neuf breaks consécutifs perdus contre des joueurs du Top 10 ou de gaspiller une avance de deux sets en quarts de finale d’un tournoi du Grand Chelem. Et pourtant, il l’a fait lors de cet Open d’Australie. Sa blessure au dos, qui l’a gêné au cours de sa préparation, doit en être une des causes. Cependant, la façon dont il a perdu contre Stefanos Tsitsipas (n°6) a été décevante pour lui et surprenante pour les observateurs du tennis. Ce n’est pas la première fois, ces derniers temps, que le Majorquin laisse échapper un avantage et il devra se reprendre pour que cela ne se reproduise pas, notamment en Grand Chelem. On attend de voir comment il réagira, notamment sur terre battue et à Roland-Garros.

5/ Aslan Karatsev, la révélation ; Nick Kyrgios, les espoirs

Personne ne pouvait imaginer qu’un joueur classé en dehors du Top 100 et issu des qualifications atteindrait les demi-finales de l’Open d’Australie, en battant au passage des joueurs comme Diego Schwartzman (n°9), Grigor Dimitrov (n°17) ou encore Félix Auger-Aliassime (n°19). Face au Canadien, il a même remonté un handicap de deux sets à zéro… Mais voilà, le Russe Aslan Karatsev (n°42) l’a fait et nous attendons désormais de voir s’il sera capable de confirmer les nouvelles attentes qui sont nées de son parcours incroyable. Quant à Nick Kyrgios (n°48), il a montré un bel enthousiasme sur le court et, s’il en a envie, il pourrait réaliser une saison à la hauteur des attentes que l’on peut placer en lui au vu de son talent. Il a notamment participé à deux grandes rencontres de la quinzaine : sa victoire face au Français Ugo Humbert (n°32) mais aussi sa défaite face à l’Autrichien Dominic Thiem (n°4), qu’il aurait pu tout aussi bien battre.

6/ Naomi Osaka, nouvelle reine du circuit WTA ?

La question a déjà été posée dans nos lignes juste après la victoire de la Japonaise Naomi Osaka (n°2) : avec désormais quatre titres en Grand Chelem, là où aucune autre joueuse n’en a acquis autant ces dernières années, est-elle la nouvelle patronne du circuit féminin ? Il semblerait que oui, même si elle doit encore confirmer en s’imposant par exemple à Roland-Garros ou Wimbledon, deux tournois du Grand Chelem qui lui échappent encore. Ou en décrochant la place de n°1 mondiale, toujours détenue – pour l’instant – par l’Australienne Ashleigh Barty. Cependant, notons qu’à 23 ans, la Japonaise a un record incroyable de 4 victoires en 4 finales en Grand Chelem. elle est donc au-dessus du lot et pourrait vite confirmer sa suprématie dans les mois à venir.

7/ Serena Williams et un dernier sommet de plus en plus difficile à atteindre

Pour Serena Williams (n°7), l’illusion commence à se transformer en désespoir, le désir en obsession et le rêve en cauchemar. De plus en plus, l’Américaine de 39 ans semble souffrir des rigueurs de l’âge et de l’amélioration notable du niveau moyen sur le circuit WTA. On peut battre une grande joueuse de tennis, même deux, mais il semble très difficile de montrer la constance nécessaire pour remporter un nouveau titre en Grand Chelem. Elle l’a encore payé lors de cet Open d’Australie, échouant en demi-finales face à la future vainqueur, Naomi Osaka (n°2). Cependant, elle a montré de très belles choses, notamment sur le plan physique. Mais ce n’est pas suffisant. On peut penser qu’elle cherchera encore à s’améliorer et qu’elle reviendra plus forte pour tenter de décrocher ce 24ème titre en Grand Chelem qui lui permettrait d’égaler enfin ce record après lequel elle court depuis bientôt quatre ans.

8/ Le manque de constance d’Ashleigh Barty

L’Australienne Ahsleigh Barty (n°1) n’avait plus rejoué en compétition officielle depuis environ un an et le simple fait de la voir sur le court fut un vrai plaisir pour tout amateur de tennis féminin. Son jeu est aussi précieux qu’efficace, mais il ne lui suffit pas toujours pour l’amener à la victoire. Sui elle s’est imposée lors d’un des deux tournois WTA 500 disputés à Melbourne avant l’Open d’Australie, elle a échoué à remporter un deuxième titre en Grand Chelem. Elle avait tout, semblait-il, pour aller jusqu’au bout, mais elle s’est arrêtée en quarts de finale. Si elle possède toutes les armes dans son jeu pour s’imposer à nouveau dans un grand tournoi, elle doit encore s’améliorer sur le plan mental et en terme de constance.

9/ La belle progression de Jennifer Brady et Jessica Pegula

Après avoir atteint les demi-finales lors du dernier US Open, l’Américaine Jennifer Brady (n°13), redoutable sur dur, a franchi un pas supplémentaire à Melbourne. Du haut de ses 25 ans, elle possède un talent naturel pour frapper la balle et promet de fortes émotions pour l’avenir. Si elle continue à progresser comme elle l’a fait ces derniers mois, elle pourrait même remporter un titre en Grand Chelem, voire intégrer le Top 10 au classement WTA. N’oublions pas sa compatriote Jessica Pegula (n°43), qu’elle a battu en demi-finales et qui a elle aussi réalisé un très beau tournoi. A voir si les deux joueuses américaines pourront confirmer leurs bonnes dispositions tout au long de la saison.

10/ La déception tricolore

Enfin, parlons un peu du bilan français lors de cet Open d’Australie. Que ce soit chez les hommes ou chez les femmes, il a été plutôt décevant. Côté féminin, les joueuses à aller le plus loin ont été Fiona Ferro (n°45) et Kristina Mladenovic (n°51), toutes deux éliminées… au troisième tour ! Derrière, seules Caroline Garcia (n°46) et Alizé Cornet (n°58) ont franchi le premier tour, ce qui est assez maigre mais malheureusement, on commence à y être habitués… Du côté des messieurs, Adrian Mannarino (n°35) a été le meilleur de nos représentants, s’arrêtant lui aussi au troisième tour (contre un de ses pires bourreaux, l’Allemand Alexander Zverev). Il a d’ailleurs dû se sentir bien seul, puisque derrière lui trois joueurs seulement ont atteint le deuxième tour : Corentin Moutet (n°72), Ugo Humbert (n°32) – certes battu par un grand Nick Kyrgios (n°48) – et Alexandre Muller (n°194), issu des qualifications et éliminé par l’Argentin Diego Schwartzman (n°9). Sinon, tous les autres joueurs français ont perdu d’entrée, ce qui là aussi fait un bilan bien maigre. On aurait pu s’en remettre au double, comme c’est déjà arrivé par le passé, mais Mladenovic avait décidé de se concentrer sur le simple. Quant à la paire composée par Pierre-Hugues Herbert et Nicolas Mahut, elle a été éliminée en quarts de finale… 2021 n’était décidément pas un bon cru pour les Tricolores à Melbourne !

Crédit photos : @AustralianOpen, @atptour, @WTA, @TennisChannel, @Tennis, @Babolat

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