Reportages

Evan Furness raconte sa formidable aventure de trois semaines à Héraklion…

Trois titres et dix-neuf victoires consécutives : voici le bilan du Français Evan Furness (n°458) après un mois passé en Grèce, à Héraklion, pour disputer un tournoi Futures qui se sera renouvelé de semaine en semaine pour éviter aux joueurs de trop voyager. De retour en France, le Breton a raconté sa formidable aventure, dont il a profité à fond !


Du haut de ses 22 ans, Evan Furness (n°458) effectuait à la fin du mois d’octobre un retour à la compétition après une opération à un genou et des sessions d’entraînement avec les meilleurs au cours du confinement. En effet, au mois d’avril dernier, nous avions relayé l’information selon laquelle il s’était entraîné à l’Elite Tennis Center, le centre de Jean-René Lisnard, avec un certain Daniil Medvedev (n°5). Ce qui a porté ses fruits, puisque durant un mois, au cours duquel il a joué quatre fois le tournoi ITF d’Héraklion (Grèce, 15 000 $, dur extérieur), le Breton a presque réalisé un carton plein : trois titres consécutifs et dix-neuf victoires de rang. Il n’a été battu qu’au deuxième tour, la quatrième semaine, par le Néerlandais Tim Van Rijthoven (n°343), au jeu décisif de la troisième manche (4-6, 7-6 [4], 7-6 [6]). « Je trouvais que mon niveau était bon », a même déclaré le joueur tricolore à nos confrères du quotidien L’Equipe. « Il n’y avait aucune raison que j’ai peur d’un adversaire en entrant sur le terrain. J’ai réussi à faire en sorte qu’un duel s’installe à chaque match. Quand on enchaîne les victoires, on réfléchit un peu moins dans les moments clés qu’après des mauvaises défaites. Ça a tourné en ma faveur et j’ai réussi à garder ce cercle vertueux. Je me suis servi de ma confiance pour gérer les moments importants de chaque match. » Si on rajoute à cela que Furness s’est également aligné une fois en double, remportant un titre au passage, on arrive à un total de 24 rencontres jouées en seulement 27 jours. De quoi être fatigué, non ? « J’étais assez content de moi là-dessus : je n’ai pas forcément senti de fatigue », a confié le principal intéressé. « C’était plus, à la fin, de la nervosité mentale du fait de devoir recommencer tout de suite. Mais c’est aussi pour ça que j’ai bien joué, je n’avais pas une semaine entière pour me satisfaire d’avoir gagné un tournoi, je devais repartir tout de suite. Ce n’est pas le sentiment le plus agréable, mais ça m’a permis de rester dans un état de vigilance, de professionnalisme entre les matches. Je n’ai pas eu le temps de me relâcher. Même sur mon dernier match, je me sentais encore capable d’aller jusqu’au bout du tournoi. »

Le bout du tournoi, il a failli ne jamais le voir lors de la troisième semaine du tournoi grec. En effet, nous en avions parlé sur notre site, une violente tempête avait inondé la plupart des courts du club, dont le court central. Corentin Denolly (n°337), autre joueur français sur place, s’était fait le témoin de ce drame, notamment sur Twitter. Evan Furness, à son tour, a raconté comment il avait vécu ce début de semaine cauchemardesque pour les organisateurs de cet événement. « Corentin a fait le reporter pour les médias », s’est exclamé le joueur de 22 ans. « Là où j’étais, à part le club qui a pris cher, l’hôtel il n’y avait pas de quoi s’inquiéter. Mais dans la ville, sur l’île, des endroits ont été gravement touchés. C’est un barrage qui s’est cassé avec le surplus de pluie, c’était une vraie catastrophe. Ça m’a un peu choqué, ça m’a perturbé. Des gens ont perdu beaucoup… Pendant un jour ou deux, j’ai déconnecté. Mais je n’ai pas pensé à une annulation, l’organisation avait vraiment envie que les tournois se déroulent coûte que coûte. Les mecs ont bossé H24 et très vite on a vu que ça allait rejouer. » Ainsi, les efforts ont payé pour les organisateurs puisque le tournoi d’Héraklion a pu se poursuivre, malgré le retard accumulé cette semaine-là. Quant au Breton, il aurait presque voulu y rester une cinquième semaine, mais revenant de blessure il a préféré rester prudent. « Je me suis déchiré le ménisque début juin (à Aix-en-Provence, ndlr), je me suis fait opérer et j’ai repris début septembre », a-t-il précisé. « Je me voyais presque enchaîner une cinquième semaine en Grèce, mais comme je reviens de cette blessure assez importante, j’ai préféré ne pas jouer avec le feu et prendre une plage de repos. »

Désormais, au jeune joueur de reproduire la même performance, de manière plus régulière, pour peut-être passer au niveau supérieur : le circuit Challenger. Mais comment faire pour jouer à son meilleur niveau tout le temps, dans toues les circonstances ? « Ce qui est agréable, c’est que je n’ai pas eu le sentiment de jouer un tennis incroyable », a analysé Evan Furness. « Je n’étais pas sur un nuage et je n’étais pas non plus en réussite extrême, je ne gagnais pas chaque point important. Mais j’étais en maîtrise de ce que je faisais. C’est un sentiment très agréable. Je pouvais proposer un duel, un match à tous les joueurs que j’avais en face. Il n’y a pas une seule fois où je me suis senti vraiment en danger. Je me suis toujours débrouillé pour avoir des occasions. Une fois qu’on arrive à ça, quand on sent que même si le mec en face joue très bien, on va avoir des occasions, on est beaucoup plus à même de les réaliser. Ça m’est arrivé de gagner sans maîtrise, en bidouillant, en m’arrachant mais là, je sentais que j’avais les clés. Ça vient de la façon dont j’ai joué, de la façon dont je me suis entraîné avant aussi. On a mis l’accent sur mon agressivité sur le terrain pour contrôler le maximum de points, de moments importants. » Finalement, on voit que ces entraînements avec le Russe, qui a remporté les ATP Finals il y a quelques jours seulement, finissent par payer. De quoi revoir les ambitions à la hausse au moment de préparer la saison 2021, qui sera toute aussi importante que celle, certes chaotique à cause du Coronavirus, qui vient de se terminer. « J’avais conscience que je pouvais avoir ce niveau », a précisé le joueur breton, 458ème mondial (qui a été 391ème à son meilleur, en août 2019). « Ça m’encourage à continuer, mais il n’y a pas de nouvelles ambitions. J’ai toujours les mêmes : aller le plus haut possible. Ça me montre que je suis sur la bonne voie. Je vais continuer à faire ce que j’ai bien fait, essayer de comprendre, essayer de me connaître le mieux possible. Et peaufiner jusqu’à ce que j’arrive à atteindre mes limites et à les repousser. » En tout cas, nous avons hâte de continuer à suivre la progression de ce jeune joueur très sympa à regarder évoluer sur un court de tennis.

Crédit photos : @OpenBlotRennes, @evanfurnesstennis

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