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Alizé Cornet : « Toute une économie est en train de vaciller méchamment »

La joueuse française Alizé Cornet (n°53), dont la saison est déjà terminée, s’inquiète pour l’avenir du circuit féminin. Avec la pandémie de Coronavirus qui n’en finit pas de perturber les tournois, elle ne se montre pas rassurée pour les joueuses classées au-delà du Top 100, bien que son propre sort ne l’inquiète pas trop.


Cette semaine, la WTA aurait dû être à la fête, en Chine. En effet, les WTA Finals de Shenzhen auraient dû se disputer en ce moment même, avec à la clé le tournoi le plus rentable pour l’instance du circuit féminin. Seulement, avec la crise du Coronavirus, toute la tournée asiatique a été annulée. Ce qui a de quoi rendre inquiètes les joueuses, parmi lesquelles la Française Alizé Cornet (n°53), qui a exprimé son angoisse lors d’une interview accordée à nos confrères du quotidien L’Equipe. « On a très mal, surtout parce qu’on a beaucoup, beaucoup d’argent en Asie », a ainsi déclaré la joueuse de 30 ans. « Si j’ai bien compris, le Masters représente quand même 50 % des finances de la WTA. C’est colossal. Comme le Masters n’a pas lieu, et que l’Asie a fermé ses portes jusqu’en mars, on est en mode survie. Les petits tournois féminins ne sont pas très rentables et comme tout le monde est dans le dur, c’est super compliqué de faire survivre ces tournois. Ça fait mal au cœur quand on voit la programmation des garçons et celle des filles. Quand on parle de l’égalité hommes-femmes, ça me fait rire. »

Ces dernières années, la tournée asiatique a pris de l’ampleur sur le circuit féminin. En effet, on y trouve trois tournois de catégorie Premier (Pékin, Wuhan et Zhengzhou) disputés au mois d’octobre, puis les WTA Finals à Shenzhen, sans oublier un autre tournoi Premier à Tokyo, au Japon, et le WTA Elite Trophy à Zhuhai. La question qui vient désormais à l’esprit est de savoir si ce n’était pas une erreur de miser autant sur un seul continent. « Est-ce une erreur ou est-ce qu’ils (les dirigeants de la WTA, ndlr) n’avaient pas le choix », a interrogé Alizé Cornet. « Je ne peux pas vraiment me prononcer. Quand tu as des offres aussi intéressantes de la part d’un continent… Leur boulot est de faire rentrer de l’argent, de faire en sorte que les joueuses gagnent bien leur vie. Le Masters féminin, c’était historique, il était mieux doté que le Masters masculin. C’est compliqué de refuser des offres pareilles pour la WTA. Nous, on est bien contentes d’avoir du prize money. Si le circuit n’était qu’en Europe ou aux États-Unis, on serait beaucoup moins payées, c’est un peu à double tranchant. » Ce qui semble le plus inquiéter la Niçoise, c’est que ce sont les joueuses classées au-delà du Top 100, qui sont déjà les plus vulnérables, qui vont en pâtir. « Les prize money des 250 ont perdu entre 10 % et 25 %, déjà qu’ils n’étaient pas énormes et que tu gagnes correctement à partir des quarts ou des demies », a confié la joueuse tricolore. « Notre plus grande chance est de pouvoir jouer les Grands Chelems car c’est là où ça bouge le moins et ça nous finance notre saison. Mais pour ça, il faut être dans les 100. Je me fais du souci pour les joueuses qui ne sont pas dans les 100 et qui sont tributaires du moindre tournoi. Il faut vraiment avoir de l’empathie pour tous ces gens qui galèrent encore plus que nous. Toute une économie est en train de vaciller méchamment. C’est dommage parce que la WTA avait vraiment fait du bon travail ces dernières années. C’est un gros coup dur. Ça va prendre des années. »

Enfin, une solution serait peut-être que la fusion entre l’ATP et la WTA voie le jour. Cette idée avait vu le jour pendant le premier confinement, et d’anciens joueurs – hommes et femmes confondus – avaient appuyé cette idée. Roger Federer (n°5) lui-même s’était montré en faveur d’une fusion. Cependant, depuis la reprise des différents circuits, on n’en entend plus parler… « Est-ce vraiment toujours dans les plans », s’est demandé Alizé Cornet. « Je n’en ai plus entendu parler. Ça partait d’une bonne intention, mais ça m’a fait un peu l’effet d’un feu de paille. On en a parlé, Steve Simon (le président de la WTA, ndlr) était hyper content, et puis plus rien. Après, peut-être qu’ils bossent dessus dans l’ombre et qu’on n’est pas au courant. »

Crédit photos : @raygiubilo, @NickMcCarvel, @FFTennis

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