Analyses

Selon Gilles Simon, le Top 30 serait avantagé par le nouveau système de classement mis en place par l’ATP

On le sait, le Français Gilles Simon (n°59) n’a jamais eu la langue dans sa poche. Toujours prêt à analyser l’état de santé du tennis, comme il le fait longuement dans son livre « Ce sport qui rend fou » publié le 28 octobre dernier chez Flammarion, il a encore fait parler les mots en conférence de presse ce mardi en marge du Rolex Paris Masters. S’il est heureux de pouvoir jouer malgré la crise sanitaire qui n’en finit pas, il pointe du doigt le manque d’équité du nouveau système de classement mis en place en 2020.


Ce mardi, le Français Gilles Simon (n°59) s’est incliné au premier tour du Rolex Paris Masters face l’Américain Tommy Paul (n°55) en trois sets 3-6, 6-3, 6-3. En conférence de presse, il est ensuite revenu sur la situation actuelle du circuit masculin, qui a décidé de se poursuivre jusqu’en fin de saison malgré la remontée en puissance du Coronavirus, notamment en Europe. S’il est heureux de pouvoir jouer malgré les conditions, comme la plupart des joueurs, le Tricolore s’est tout de même montré critique envers le système de classement mis en place par l’ATP, qui consiste à prendre le meilleur résultat sur 2019 et 2020 quand un joueur dispute le même tournoi sur les deux saisons concernées. Pour lui, ce système d’attribution des points n’est pas équitable. « J’ai un point de vue différent sur la situation depuis le début », a ainsi expliqué le joueur de 35 ans. « Pour moi, si les tournois peuvent avoir lieu dans des bonnes conditions et que ça marche, on joue. Sinon on ne joue pas. Le gros problème, le point central de cette discussion, reste les points ATP. Normalement tu distribues des points ATP quand il y a une distribution équitable à tous les niveaux du classement pour permettre aux joueurs de monter et descendre. » Ce qui pose problème, selon Gilles Simon, c’est que ce système avantagerait les membres du Top 30. Il s’en est expliqué : « Là, dans les faits, jamais le top 30 n’a été autant avantagé dans l’histoire du tennis. Il a pu jouer des tournois avec des prize money normaux avec 45 ou 90 points à chaque fois. Pour le top 30, ce n’était que des tournois bonus pour améliorer (le classement) et jamais les tournois n’ont été aussi forts. J’étais 50ème et j’étais dans les qualifs partout et avec des tableaux de qualifs très durs. Toi, pour améliorer ton score, il faut passer quatre tours. Du coup, tu es en qualifs, donc les prize money ne sont pas les mêmes, il y a eu des grosses réductions sur les ATP 250. »

On peut comprendre que le joueur français se sente lésé, mais certains diront qu’il n’avait qu’à être assez régulier pour faire partie de ce Top 30 qui semble protégé par le système. Au-delà de cette distribution des points, c’est aussi les conditions dans lesquelles les tournois sont joués qui peut poser problème. « J’ai dû faire des choix, même à Cologne, tu ne peux pas venir avec ton coach et ton kiné chaque semaine quand tu es déficitaire semaine après semaine en tant que joueur », a ainsi poursuivi Gilles Simon. « Les joueurs ont fait des grosses concessions aussi en cette période. Les tournois sont en difficulté et je l’entends très bien. Dans ce cas-là, si tout le monde y perd, est-ce que c’est si bien de jouer ? Est-ce qu’il faut absolument jouer ? C’était la question de base. La réponse a été : oui, il faut jouer et remettre le circuit en route avec ces conditions. Mais je ne suis pas très à l’aise avec la situation. Le problème est que chacun a ses priorités et c’est normal. Honnêtement la priorité est financièrement à tous les niveaux et pour tout le monde. » Comme le dit si bien le 59ème joueur mondial, chacun a ses priorités, que ce soit l’USTA (avec l’US Open), l‘ATP (avec les ATP Finals) ou même la Fédération française (avec Roland-Garros) : « Tu sais que l’USTA devait organiser son tournoi parce qu’elle a besoin des revenus de l’US Open. Tu sais que la FFT veut organiser son tournoi parce qu’elle a besoin des revenus de Roland-Garros. Il y a ceux qui n’avaient pas besoin parce qu’ils avaient une assurance. Dans ce cas-là, tu n’es pas dans la même logique. Pour l’ATP, le Masters est très important. Est-ce qu’ils avaient besoin de donner des points ou non pour l’organiser ? Est-ce que c’est le point central qui fait que du coup il faut donner des points, faire une Race ? Je ne suis pas dans le cercle des décisions. Mon point de vue est juste que dans le tennis, on a toujours fait très attention que des joueurs puissent monter et descendre et qu’il n’y ait pas de protection. »

Finalement, ce qu’a voulu pointer Gilles Simon, c’est que les inégalités peuvent se creuser avec ce système de classement et surtout, avec des tournois ATP 250 qui ont attiré des joueurs classés dans le Top 30, ce qui a eu pour conséquence des tableaux plus dense. Cela s’est ainsi répercuté sur les tableaux de qualifications et de Challengers, plus denses eux aussi. « Là, dans les faits, jusqu’à Roland, il n’y avait qu’un tournoi par semaine et le cut était trentième, il y a ceux qui le jouent et ceux qui ne peuvent pas », a ajouté le joueur français. « Ceux qui sont en Challengers pouvaient bouger entre 150 et 80. Quand tu es 50-60 comme moi, en Challenger, tu as beau le gagner, tu gagnes deux places et quand tu arrives à Rome et que c’est trois tours de qualifs, c’est dur. Dans l’absolu, à mon classement, je suis content de jouer mais ce n’est pas l’opération du siècle non plus. Ce n’était pas une situation équitable pour tous les joueurs. Dans ma philosophie, comme ce n’est pas équitable pour tous les joueurs, j’aurais aimé qu’on dise non il n’y a pas de points et on organise les tournois qui veulent s’organiser. Les Grands Chelems se seraient organisés quand même. C’est mon avis et ça n’engage que moi. » Et vous, partagez-vous l’avis de Gilles Simon ? Aurait-il tenu le même discours s’il avait fait partie du Top 30 ?

Crédit photos : @RolexPMasters, @le10sport, @tennis_phil

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