Analyses

Roland-Garros – Quelle a été la stratégie payante de Rafael Nadal pour étouffer Novak Djokovic en finale ?

Ce dimanche, Rafael Nadal (n°2) a remporté treizième titre à Roland-Garros en écrasant le n°1 mondial, Novak Djokovic, en trois sets 6-0, 6-2,7-5 en finale. Impressionnant tout au long de la partie, le Majorquin est par surprendre son adversaire grâce à une stratégie claire et limpide pour lui. Nous vous proposons de décortiquer ce plan tactique mis en place par l’Espagnol pour glaner son vingtième trophée en Grand Chelem.


Ce dimanche, c’est donc grâce au premier coup de raquette que Rafael Nadal (n°2) est parvenu à étouffer Novak Djokovic (n°1), qui a peut-être trop compté sur les amorties, un coup qui avait bien fonctionné pour lui jusque-là. Ainsi, le Majorquin l’a emporté en trois sets 6-0, 6-2, 7-5 en étant agressif dès le premier coup de raquette plus que dans les longs rallyes. En effet, quand l’échange a dépassé les trois coups de raquette, les deux hommes ont été au coude-à-coude mais quand l’échange était plus court, l’avantage est largement allé à Nadal. Les statistiques parlent d’elles-mêmes : 8 coups gagnants pour seulement 1 faute directe en faveur de l’Espagnol lorsque l’échange ne dépassait pas les trois coups, contre 6 coups gagnants et 16 fautes directes pour le Serbe. Cette pression exercée par Nadal a même mené Djokovic à être moins performant sur son service : ce dernier n’a ainsi remporté que 50% des points derrière sa première balle et 48% des points derrière sa deuxième balle, étant breaké sept fois au total sur l’ensemble de la rencontre. En somme, le Serbe a commis le plus de fautes dans les échanges courts, alors que Nadal a de son côté remporté le plus de points gagnants.

Par ailleurs, et comme à son habitude face à des droitiers, Rafael Nadal a utilisé son coup droit de gaucher pour pilonner le revers adverse, notamment côté avantage. Ainsi, le Majorquin a frappé 17 coups gagnants pour 11 fautes directes en coup droit, là où Novak Djokovic a commis 35 fautes directes pour seulement 13 coups gagnants sur son revers. Notez par ailleurs que le Serbe a commis 25 fautes directes en coup droit, des fautes qui ont tout de même été provoquées par l’agressivité du n°2 mondial. Nadal a ainsi contrôlé les échanges avec son coup droit, le faisant tourner aussi haut que possible sur le revers de Djokovic. Après quelques minutes de match et le sévère 6-0 infligé par l’Espagnol lors du premier set, il est apparu évident que le Serbe n’avait pas la réponse au problème tactique qui lui était proposé. « Sa façon de jouer m’a surpris », a-t-il reconnu en conférence de presse après la rencontre. Si dans le troisième set, Djokovic est revenu à trois jeux partout en breakant l’Espagnol pour la première fois du match, cela n’aura pas suffi.

Novak Djokovic a-t-il trop compté sur les amorties, ce coup qui avait bien fonctionné jusqu’en demi-finales ? Possible. Il en a joué beaucoup, sans que ce coup soit efficace face à son adversaire du jour. Dès le premier jeu du match, le Serbe en a joué quatre. Au total, il en tentera onze dans le premier set, près de trente sur l’ensemble de la rencontre. Face à Nadal, cela n’aura pas suffi, puisqu’il n’a connu que 40% de réussite grâce aux amorties. Bien en-dessous du taux de réussite lors de ses matches précédents. « Disons que ça n’a pas très bien fonctionné aujourd’hui », a avoué le n°1 mondial. « Finalement, je n’en ai pas joué tant que ça. J’ai essayé des choses différentes tactiquement, mais pas grand-chose ne fonctionnait dans les deux premiers sets. Je voulais casser son rythme, mais il était prêt. Il a joué tous les bons coups. » Dernier élément à prendre en compte pour les observateurs : Rafael Nadal s’est parfaitement adapté aux conditions de jeu, avec le toit fermé. Certains disaient que cela avantagerait plus Djokovic, plus à l’aise dans des conditions indoor. Que nenni. « Je pensais aussi que les conditions me seraient plus favorables« , a reconnu le Serbe. « Je me sentais très bien tout au long du tournoi, je jouais un excellent tennis, j’avais gagné Rome, j’avais une grande confiance dans mon jeu. Mais Rafa a donné tort à tout le monde. C’est pour ça qu’il est un immense champion. Il a réussi un match fantastique. » Fantastique, voilà un adjectif qui va bien au taureau de Manacor. Qui, en remportant son vingtième titre en Grand Chelem ce dimanche, a égalé le record d’un certain Roger Federer (n°4).

Crédit photos : @rolandgarros

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