Analyses

Roland-Garros – Elsa Jacquemot, titrée en Juniors, représente-t-elle l’avenir du tennis féminin français ?

Ce samedi, une joueuse française a été titrée à Roland-Garros ! Du haut de ses 17 ans, Elsa Jacquemot a ainsi remporté le titre chez les Juniors, après une belle bataille en finale, qui a duré deux heures et douze minutes. Originaire de Lyon, cette joueuse dont le nom vous dit peut-être déjà quelque chose représente-t-elle, avec d’autres joueuses que nous évoquerons ici, le futur du tennis féminin français ?


Cette édition 2020 de Roland-Garros avait pourtant bien mal débutée pour Elsa Jacquemot, 17 ans et 525ème joueuse mondiale à la WTA. Bénéficiaire d’une wild card, la jeune joueuse française avait ainsi le droit de disputer son premier tableau principal de Grand Chelem chez les grandes. Une expérience qui a vite tourné au cauchemar pour la Lyonnaise, opposée à la qualifiée mexicaine Renata Zarazua (n°178). En à plus d’une heure de jeu, avec au compteur 29 fautes directes, Jacquemot offrait la victoire à son adversaire, en deux sets 6-1, 6-2. Une expérience bien mal vécue par la joueuse, comme elle en a témoigné après sa victoire en demies du tableau juniors. « J’étais super contente d’avoir la wild card mais la pression est venue d’un coup pendant mon match », a-t-elle ainsi raconté. « J’ai mal géré ça, l’autre avait plus d’expérience donc ç’a été un peu dur à la fin. » Il faut dire que la Mexicaine sortait d’une finale dans un tournoi ITF, à Prague, et qu’elle n’a ensuite été éliminée qu’en trois sets par l’Ukrainienne Elina Svitolina (n°5). Une fois cette déception passée, il fallait se lancer dans le tournoi Juniors, où Jacquemot était tête de série n°3. Elle était donc attendue.

Et Elsa Jacquemot a répondu aux espérances placées en elle. Tout au long de son parcours jusqu’en finale, elle n’a concédé aucun set, allant jusqu’à éliminer la tête de série n°2 du tournoi, la joueuse des Philippines Alexandra Eala, en deux sets 6-3, 6-2 en demi-finales. En finale, elle a affronté ce samedi la Russe Alina Charaeva, que l’on attendait pas forcément à ce niveau de la compétition. Là, il faut préciser que Jacquemot était bien mal embarquée dans la finale, car trop tendue. Elle a même été menée d’un set et un break (6-4, 4-2) avant de se réveiller et de revenir au score ! Elle a ainsi montré une solidité mentale dont elle n’avait pas eu besoin de faire preuve jusqu’alors. Ponctuant tous ses points gagnants d’un « come on » particulièrement sonore, elle a ainsi remporté les deux derniers sets pour s’imposer 4-6, 6-4, 6-2 après 2h12 de match. « Je suis super contente, c’est vraiment incroyable », réagissait-elle après sa victoire finale. « Quand j’étais au début du Roland Juniors, je n’avais qu’une envie, c’était de gagner le tournoi. Mais je me suis toujours dit de faire match par match. » Maintenant que la Française a gagné, il est temps de la découvrir et de parler un peu de son jeu.

Elsa Jacquemot se définit elle-même comme une joueuse offensive. Elle a travaillé pour avoir un service et un coup droit puissants, mais elle a aussi une très bonne qualité de retour, secteur du jeu dans lequel elle affiche souvent plus de 50 % de points gagnés. Notez qu’elle sait aussi varier le jeu, casser l’échange en distillant des amorties qui payent souvent sur terre battue. Ce jeu, elle l’a mis en place à la All In Academy, fondée par Thierry Ascione près de Lyon, avec ses coaches Simon Blanc et Nicolas Tourte. Elle a d’ailleurs profité du confinement pour aller s’entraîner tous les jours dans la résidence de ce dernier. Avec un objectif de clair : le Top 10 mondial au classement WTA. Pour y parvenir, la Lyonnaise a commencé à faire ses classes chez les grandes en cette saison 2020 particulière. Au mois de septembre dernier, elle a enregistré sa première victoire sur une Top 100. Ainsi, elle a pris le meilleur sur la Serbe Nina Stojanovic (n°90) lors du tournoi ITF de Cagnes-sur-Mer (80 000 $, terre battue).

Enfin, Elsa Jacquemot fait partie d’une nouvelle génération de joueuses françaises dont on attend beaucoup pour prendre la relève. Elle est d’ailleurs un vrai modèle de précocité. En effet, en mars 2018, la Lyonnaise avait fait sensation sur un tournoi ITF en France, du côté d’Amiens. Classée -4/6, elle devenait à 14 ans l’une des plus jeunes Françaises à remporter un match chez les pro. Elle avait alors battue sa compatriote Carole Monnet, qui a un an de plus qu’elle, en deux sets 6-3, 6-4. Elle avait même failli créer un autre exploit au tour suivant, puisqu’elle avait poussé la 256ème joueuse mondiale, Katarina Zavatska, tête de série n° 1 du tournoi, dans ses retranchements, ne cédant qu’au troisième set (7-6 [2], 4-6, 6-1). Avec Clara Burel (n°357), qui à 19 ans a montré un fighting spirit que l’on devrait revoir pour se hisser au troisième tour de Roland-Garros, Elsa Jacquemot représente donc la relève tant attendue du tennis féminin français. Sans oublier de citer Diane Parry (n°305), qui à 18 ans a également reçu une wild card mais a perdu au premier tour et Carole Monnet (n°522), également âgée de 18 ans, qui a passé un tour lors des qualifications avant de s’incliner face à la 156ème joueuse mondiale.

Crédit photos : @FFTennis

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