Analyses

US Open – Les joueuses et les joueurs sont-ils réellement dans une bulle sécuritaire à New York ?

Depuis le début de l’US Open, et surtout depuis le test positif au Coronavirus du joueur français Benoît Paire (n°23), la bulle new-yorkaise mise en place pour que le Grand Chelem américain puisse avoir lieu se voit de plus en plus critiquée. À tort ou à raison ? Voici quelques éléments qui pourraient vous permettre de vous faire votre propre opinion…


En dehors des courts et des matches qui ont démarré ce lundi pour lancer l’US Open version 2020, à l’ère Covid, les discussions vont bon train. Bulle ou pas bulle ? Sécurité pour les joueurs ou esbroufe ? De plus en plus, cette bulle new-yorkaise reçoit de nombreuses critiques et voit ses failles pointées du doigt. Tout d’abord, le second hôtel mis à disposition des joueuses et des joueurs s’est vu largement critiqué. En effet, au Garden City à Long Island, où logent une quarantaine de joueurs et leurs staffs, ces derniers se trouvent mélangés avec des clients qu’ils peuvent croiser dans l’ascenseur ou dans le hall. D’après le joueur allemand Tim Puetz, qui évolue en double à l’US Open, il y aurait même eu quatre fêtes de mariage à cet endroit la semaine dernière ! « Sans parler des cuisiniers, de la sécurité et des chauffeurs qui rentrent chez eux, en famille, le soir », a-t-il déclaré, visiblement mécontent, au journal allemand Sportschau. « L’USTA ne nous a jamais dit que cet hôtel n’était pas dans une bulle. Beaucoup de joueurs sont en colère. » Et on peut les comprendre.

En colère, la première adversaire de Kristina Mladenovic (n°44), la joueuse américaine Hailey Baptiste (n°236), l’était également. Pour quelle raison ? Tout simplement parce qu’elle n’avait pas été avertie que la Nordiste était un cas contact avec Benoît Paire (n°23), testé positif à la COVID-19 avant le début du tournoi. Quand elle a manifesté son mécontentement, les organisateurs du tournoi se sont contentés de lui dire que l’information était confidentielle. De son côté, le Canadien Milos Raonic (n°18) a peur d’autre chose : les faux tests positifs, qui entraîneraient plus de forfaits et de mises en quarantaine. Par ailleurs, d’autres personnes reprochent aux organisateurs de l’US Open d’avoir changé les règles entre les cas de Guido Pella (n°36) et Hugo Dellien (n°97), cas contacts avec leur préparateur physique, évincés du Masters 1000 de Cincinnati, et la façon dont les cas contacts de Paire ont été traités, ces derniers pouvant disputer le Grand Chelem américain. « Le protocole a changé », s’est d’ailleurs plaint Pella en conférence de presse mardi après sa défaite au premier tour. « Je ne nie pas que j’ai été en contact rapproché avec mon préparateur physique à Miami avant d’arriver ici. Mais le protocole disait que si l’on ne partage pas la chambre avec une personne positive, on n’a pas à être mis en quarantaine. Et c’est ce qui m’est arrivé pourtant. J’ai demandé des explications, tous les jours. Je les attends encore. »

En attendant, l’USTA (la fédération américaine, ndlr) est tranquille, puisqu’elle a fait signer un contrat aux joueuses et aux joueurs. Cependant, ceux-ci pourraient se retourner contre l’État de New York et porter plainte en cas de problèmes plus graves. Et si l’USTA semble avoir pris conscience des limites de cette bulle, le joueur tricolore Gilles Simon (n°52) ne veut pas entendre parler de bulle hermétique. « Je crois qu’il faut arrêter de parler de bulle », a-t-il déclaré dans des propos relayés par nos confrères du quotidien L’Equipe. « En fait, il n’y en a pas et il n’y en aura pas. Il faut simplement dire que chaque tournoi va faire le maximum pour diminuer le risque de contamination. Bulle, ça signifie que de A à Z, on ne va pas croiser une personne de l’extérieur et ce n’est pas le cas. Tout le monde sait en venant qu’on peut malheureusement l’avoir (le virus, ndlr). Tu sais que si tu es positif, ton tournoi est terminé. Ce qui est compliqué à gérer, c’est plus la clause contact Covid qui a l’air très aléatoire, voire arbitraire, et qui peut ruiner ta vie quinze jours. Ce côté-là n’avait pas du tout été éclairci avant, c’est un peu frustrant. Ceux qui viennent de rentrer dedans s’en sortent mieux que ceux qui étaient dans le même cas la semaine dernière. Ça reste très pénible. Maintenant on sait que c’est compliqué de jouer, d’organiser un truc et que ça ne sera pas parfait. Chacun essaie de faire au mieux. » Comme quoi, le retour du tennis à l’ère Covid n’est pas tout rose, et ne le sera pas avant un long moment.

Crédit photos : @usopen, @LaPresse_Sports, @flejazotenis

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