Analyses

Quand Gilles Simon analyse les bénéfices de la longue pause forcée due au Coronavirus…

Pour le site de l’ATP, le joueur français Gilles Simon (n°54) a écrit un billet, expliquant quels pouvaient être les bénéfices d’une si longue pause forcée dans le tennis. En effet, cela fait cinq mois que les joueurs n’ont plus disputé la moindre compétition officielle, à cause de la pandémie de Coronavirus. Une analyse très intéressante du « Prof », comme l’appellent ses compatriotes tricolores…


Sur le site de l’ATP, Gilles Simon (n°54) a donc rédigé un billet, introduisant son analyse par une question : quels joueurs seront les mieux équipés pour reprendre la compétition après plus de cinq mois d’arrêt ? Voici ce que le joueur français répond : « Je pense que cette période est la meilleure pour les joueurs d’âge moyen, les gars entre 25 et 30 ans. Je crois qu’ils ont déjà de l’expérience sur l’ATP Tour et c’est le bon moment pour eux d’améliorer leur jeu et de faire un check-up de ce qu’il s’est passé dans la première partie de leur carrière. Ils commencent à en savoir un peu plus sur eux-mêmes en tant que personnes et joueurs. Les joueurs d’âge moyen commencent à comprendre les limites qu’ils avaient auparavant et maintenant ils ont eu le temps de travailler sur ces choses, tout en ayant l’énergie de le faire. Ils sont encore très jeunes et en bonne santé. Pour eux, ce sera génial. » Comme on peut le lire, le 54ème joueur mondial livre là une analyse assumée, pensant que les joueurs plus jeunes, mais ayant assez d’expérience sur le circuit, pourront bénéficier le plus de cette période d’arrêt forcé.

Et Gilles Simon ne s’arrête pas là. Il poursuit son analyse en insistant sur le fait que les joueurs plus jeunes, qui n’ont pas encore atteint la trentaine, peuvent physiquement assumer de grosses charges de travail, ce qu’un trentenaire ne peut plus forcément se permettre… Ce qui devrait permettre à cette catégorie de joueur de travailler en profondeur sur un coup à améliorer. « Quand on est jeune, on peut encore beaucoup s’entraîner sans se blesser », ajoute-t-il dans son analyse. « Vous avez beaucoup de choses à améliorer dans votre jeu. C’est le bon moment pour travailler beaucoup, pour améliorer vos faiblesses, pour enfin avoir le temps de travailler sans avoir la pression d’avoir un tournoi juste après. C’est le moment si vous souhaitez améliorer quelque chose dans votre jeu. Certaines choses ont besoin de temps pour être corrigées. Ce qui est vraiment difficile au tennis, c’est qu’il y a toujours des choses à venir et des tournois à jouer. Vous dites : ‘J’aimerais vraiment travailler sur mon deuxième service, mais j’ai besoin de temps pour le faire.’ Disons que je veux être plus agressif sur le deuxième service, une semaine après y avoir travaillé, vous jouez un tournoi et vous frappez 10 doubles fautes d’affilée. Ensuite, vous quittez cette tentative d’amélioration. Vous venez de perdre et vous dites : ‘Ah, mais mon classement!’ Vous avez beaucoup de pression avec ça. » Ce sur quoi veut insister le joueur tricolore, c’est qu’en tant que joueur de tennis professionnel, le temps manque souvent pour améliorer les choses en profondeur. Avec la crise liée au Coronavirus, ce temps leur a été donné et tous les joueurs ont pu travailler sur un point précis de leur jeu. Voilà pourquoi il a continué en écrivant : « Il n’est jamais facile de trouver le temps de travailler quand on est jeune une fois sur le circuit, car c’est un tournoi par semaine. Lorsque vous avez un peu plus de temps comme là, c’est le moment de dire : ‘D’accord, je peux travailler dessus pendant deux semaines, trois semaines, quatre semaines et m’entraîner, le tester à l’entraînement, le tester en match ou à l’entraînement pour un mois de plus avant de le faire en match officiel.’ Cela aide parfois beaucoup. C’est ce que je ferais si j’étais plus jeune. »

Après cette juste analyse concernant les bénéfices de la pause forcée sur les joueurs d’âge moyen, Gilles Simon a également voulu parler des joueurs de son âge, qui ont autour de 35 ans environ. « Pour les gens comme moi, pour les joueurs plus âgés, je pense que la clé de cette période est de travailler beaucoup avec le corps », a-t-il ainsi expliqué. « Il est très important de rester en bonne santé et d’essayer de travailler suffisamment pour rester en forme, mais sans trop travailler, et de prendre le temps de prévenir les blessures. Votre corps n’est plus le même que lorsque vous aviez 20 ans. Avant, vous pouviez vous entraîner quatre heures par jour, quoi que vous fassiez, et vous n’aviez aucun problème. Pour nous, les joueurs plus âgés, c’est un peu différent maintenant. Vous pouvez également utiliser le temps pour travailler sur le court et ce que j’ai dit avant est toujours vrai. Mais gérer le corps est encore plus important. Vous savez qu’une grosse blessure à 35 ou 36 ans peut être la dernière et que votre carrière sera terminée. Lorsque vous avez cela à l’esprit, il est plus important de rester en bonne santé. C’est aussi la partie la plus difficile de l’entraînement. Essayez de vous entraîner, essayez d’être prêt, mais ne poussez pas trop. Ne vous blessez pas de manière stupide. En général, il est très difficile de faire des changements significatifs, car lorsque vous arrivez sur le circuit et que vous avez 21 ans, cela fait déjà 15 ans que vous jouez au tennis. Vous êtes nouveau sur le Tour, mais vous faites déjà ce que vous faisiez depuis longtemps. Lorsque vous faites quelque chose pendant très longtemps, il est toujours difficile de le changer. Quand tu as 35 ans, ça fait 30 ans que tu joues au tennis. »

L’expérience semble parler, et une fois de plus, cette analyse de Gilles Simon vaut de l’or, raison pour laquelle nous tenions à vous la partager. Pour conclure, le Tricolore a pris exemple sur sa propre expérience, afin d’illustrer ses propos. « Un exemple : ma volée n’est pas géniale. J’ai essayé d’améliorer cela toute ma carrière, donc je peux encore y travailler maintenant. Ce n’est pas un problème, mais ce ne sera jamais une bonne volée. C’est juste une chose avec laquelle je ne me sens pas aussi bien que d’autres choses sur le court. Ce serait une très grande surprise si soudainement dans trois mois je revenais et que j’avais la meilleure volée du circuit et que je jouais service-volée et retour-volée. Il faut être réaliste à un moment donné. Bien sûr, je m’améliore et je sais qu’il y a beaucoup de choses que je peux améliorer, mais ce n’est plus tant que ça sur le tennis. Je suis toujours plus détendu, plus confiant, en essayant d’utiliser le temps pour peut-être voir les choses différemment et peut-être avoir une approche différente. Ensuite, les résultats seront très différents sur le court, mais sans trop travailler sur le tennis lui-même. Le tennis existe dans ma vie depuis 30 ans maintenant. » Au terme de cette analyse, nous avons hâte de voir le tennis masculin revenir à la compétition, pour voir si les propos de Gilles Simon se vérifient. Des joueurs qui ont entre 25 et 30 ans, à l’instar de Dominic Thiem (n°3), très en forme sur les exhibitions qu’il a pu jouer, seront-ils vraiment les meilleurs bénéficiaires de cette période d’arrêt forcé ?

Crédit photos : @ATPTour, @FFTennis

À LIRE AUSSI :

Rafael Nadal : « Je ne sais pas si je jouerais à Rome ou non après l’annulation de Madrid »

Le Citi Open de Washington, un tournoi cher à Andre Agassi mais aussi à Gaël Monfils et aux frères Bryan

3 réflexions au sujet de “Quand Gilles Simon analyse les bénéfices de la longue pause forcée due au Coronavirus…”

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s