Interviews

Grigor Dimitrov : « J’ai perdu trois kilos. J’étais K.-O. J’ai perdu beaucoup de choses »

Après avoir été atteint du Coronavirus, Grigor Dimitrov (n°19) était de retour sur les courts de la Mouratoglou Academy ce week-end pour disputer la deuxième édition de l’Ultimate Tennis Showdown. Éliminé après avoir perdu ses deux rencontres samedi et dimanche, il a confessé dans une interview donnée à nos confrères de L’Equipe avoir eu une forme sévère du virus et n’être pas encore prêt physiquement à reprendre le chemin de la compétition.


Ce samedi, Grigor Dimitrov (n°19) a donc été revu sur les courts pour la première fois depuis le mois de juin, après avoir contracté le Coronavirus durant l’Adria Tour, l’exhibition de Novak Djokovic (n°1) qui a tourné au fiasco. Après avoir perdu successivement face à Richard Gasquet (n°50) samedi et Feliciano Lopez (n°56) ce dimanche, le Bulgare s’est exprimé sur la forme particulièrement sévère du virus qu’il a développé, ayant même été hospitalisé. « Ça n’a rien à voir avec l’état de forme dans lequel vous êtes avant d’être touché, le virus ne se pose aucune question », a-t-il confié à nos confrères du quotidien L’Equipe. « J’ai perdu trois kilos. J’étais K.-O. J’ai perdu beaucoup de mes facultés en cardio. J’ai perdu beaucoup de choses. Je ne respirais pas bien, j’avais perdu le goût et l’odorat… Il y a plein de variables à remettre en place. Vingt jours à la maison, c’est beaucoup. Même si ça peut ne pas avoir l’air grave, ça vous affecte beaucoup. On ne sent rien tout de suite, mais ça arrive après. Juste après avoir été testé positif, je me sentais plutôt bien et progressivement j’ai commencé à faiblir, à ressentir beaucoup de fatigue. Je ne me sentais pas bien avec peu de retours positifs au fil des jours. Qu’est-ce que je peux dire de tout ça ? C’est une histoire de timing, on ne peut rien faire d’autre qu’attendre. Mentalement, ce n’est pas facile. Les gens doivent savoir que ça peut arriver, que ça peut arriver à tout le monde et qu’il faut apprendre à vivre avec ça. Après une semaine d’entraînement en tout cas, je ne suis pas encore prêt à jouer à mon meilleur niveau… » Ne voulant pas s’étendre sur l’Adria Tour, le 19ème joueur mondial a quand même eu quelques mots sur ce qu’il s’est passé en juin dernier : « Il s’est passé ce qu’il s’est passé. Il y a eu beaucoup d’interprétations. C’est du passé, pas seulement pour moi. En général. C’était bien de retrouver la compétition là-bas, et il est arrivé ça… »

Cependant, Grigor Dimitrov a tenu à en remettre une couche sur le respect des règles sanitaires pouvant aider à empêcher le virus de se répandre. « Il faut respecter tous les gestes barrière », a indiqué le joueur de 29 ans. « Je le redis, ça ne dépend pas de votre état. Avoir le corps le plus ‘extra’ ne vous prémunit de rien. Il faut porter un masque, laver ses mains bien plus souvent qu’à l’habitude, changer vos affaires quand vous rentrez à la maison. Toutes ces petites choses qui peuvent tout changer. Si j’avais pu imaginer que j’allais me retrouver dans cet état… Ces choses ne demandent rien avant d’arriver. Après ces cinq-six jours, j’ai commencé à me sentir un peu mieux. Mais il faut avoir conscience que ce virus traîne. » Bien que déjà éliminé de la deuxième édition de l’Ultimate Tennis Showdown après avoir perdu ses deux premiers matches de poule, sans avoir de grandes sensations au niveau du jeu, le Bulgare semble quand même y avoir passé du bon temps. « Il y a de bonnes vibes, c’est sympa », a-t-il déclaré à propos de la compétition mise en place par Patrick Mouratoglou. « C’est une autre manière de jouer au tennis. C’est assurément bien de retrouver l’esprit de compétition. Même pendant la quarantaine, il faut trouver des raisons pour lesquelles se bouger. Et notre raison à nous, ce sont les matches. Il y a des choses intéressantes. Le fait de ne pas s’échauffer et de plonger direct dans la rencontre, ça pourrait être transposé sur le circuit. Les quinze secondes entre chaque point, par contre, je ne suis pas sûr que beaucoup de joueurs le souhaiteraient. Avec Patrick (Mouratoglou, ndlr), on a eu une discussion sur le coaching pendant les matches. Il est pour, pas moi. Je n’aime pas que les choses changent trop. La chose la plus difficile en tennis, c’est de trouver le chemin pour gagner pendant une rencontre. Il y a plein de joueurs qui savent bien taper dans la balle. Le plus important en tennis, c’est le mental ! »

Enfin, durant cet entretien, il a été question de l’US Open, dont la date se approche de plus en plus, avec une situation sanitaire toujours inquiétante aux États-Unis. Les organisateurs prévoient de créer une bulle stricte pour que le tournoi puisse se dérouler, avec des hôtels réservés aux joueurs qui ne pourront pas en sortir – en dehors des rencontres – pendant quatre semaines. Il a été demandé son avis à Grigor Dimitrov, un des joueurs à avoir eu le virus. « Je l’ai eu, mais je peux encore l’avoir », a-t-il expliqué. « Qui sait ? C’est un choix personnel d’y aller ou pas. Je suis sûr que tout le monde va faire du mieux pour assurer la sécurité de tous. Il va falloir analyser les plus et les moins. Quand je vois ce que fait la NBA, j’ai l’impression qu’ils offrent plus de possibilités. Avec une bulle plus grande, et le fait que les joueurs peuvent sortir se promener. Pour nous, le même hôtel pour quatre semaines, ça peut être dur pour le mental aussi. Peu de joueurs ont l’habitude de se retrouver si seuls. Ça va être intéressant… » Ce qui reste en suspens, c’est la participation du joueur bulgare au Grand Chelem new-yorkais, si celui-ci peut se dérouler à la fin du mois d’août. Et pas seulement pour des raisons sanitaires. « Pour tout le monde, il y a encore beaucoup de questions, comme la quarantaine, et peu de réponses », a analysé le 19ème joueur mondial. « Pour moi, il y a aussi et surtout la dimension physique. Mentalement, je peux le faire. Mais retrouver les trois kilos dans les trois semaines, puis jouer Cincinnati et l’US Open au meilleur des cinq sets… Ça me semble pour le moment être très ambitieux. Il y a des jours où je me sens bien et où je peux m’entraîner longtemps. Et d’autres où je me sens vidé. C’est tout un processus. »

Crédit photos : @WeAreTennisITA, @UTShowdown

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