Il était une fois...

Il était une fois… 1997, un ovni nommé Gustavo Kuerten débarquait à Roland-Garros !

En 1997, un joueur brésilien encore inconnu du public parisien s’imposait sur la terre battue de Roland-Garros. Il s’agissait alors du premier des trois sacres de celui qui n’était classé que 66ème joueur mondial à l’ATP. Cet homme – cet ovni – se nommait Gustavo Kuerten. Vingt-trois ans après son exploit, nous revenons sur son parcours hors du commun, en ce week-end ou les finales du Grand Chelem parisien auraient dû se disputer.


En 1997, la saison de Gustavo Kuerten en Grand Chelem démarrait par une défaite au deuxième tour à l’Australian Open. Même s’il avait par la suite éliminé son premier Top 10, en la personne de Wayne Ferreira, à Indian Wells au mois de mars, rien ne laissait présager qu’il allait sortir vainqueur de l’édition de Roland-Garros au mois de mai. D’autant plus que ses performances allaient être mitigées sur la terre battue européenne, le Brésilien rentrant dans son pays pour préparer au mieux le deuxième Grand Chelem de la saison. Ainsi, Kuerten disputait le Challenger de Curitiba, qu’il remportait pour reprendre confiance en son jeu sur terre battue. En ce 26 mai 1997, il aborde donc Roland-Garros dans la peau du 66ème joueur mondial. Il est loin de faire partie des favoris, places occupées par Yevgeny Kafelnikov (n°3 et tenant du titre), Pete Sampras (n°1 mondial, demi-finaliste en 1996), Michael Chang (n°2), Goran Ivanisevic (n°4) ou encore Thomas Muster (n°5, vainqueur en 1995). Après deux premiers tours abordables et bien gérés pour éliminer le Tchèque Sláva Doseděl et le Suédois Jonas Björkman, il se retrouve opposé au n°5 mondial, l’Autrichien Thomas Muster. C’est un premier tournant dans le parcours du champion brésilien.

En effet, Gustavo Kuerten crée la sensation en remportant cette rencontre au terme d’un combat de près de trois heures en cinq sets 6-7 (3), 6-1, 6-3, 3-6, 6-4. En huitièmes de finale, le Brésilien confirme en dominant l’Ukrainien Andreï Medvedev, récent vainqueur du Super 9 (l’ancienne appellation des Masters 1000) de Hambourg, encore une fois au terme d’une bataille en cinq sets : 5-7, 6-1, 6-2, 1-6, 7-5. Après ces deux exploits, on ne donne pas cher de la peau de Kuerten, qui en quarts de finale doit affronter le tenant du titre et 3ème joueur mondial : le Russe Yegvgeny Kafelnikov ! Une fois de plus, pour son troisième match d’affilée, le Brésilien pousse la rencontre au cinquième set, et crée une nouvelle surprise. Il élimine ainsi Kafelnikov 6-2, 5-7, 2-6, 6-0, 6-4 après avoir été mené deux sets à un… et devient le premier joueur brésilien à atteindre les demi-finales d’un tournoi du Grand Chelem. Lors d’une récente interview donnée pour le site officiel de Roland-Garros, Gustavo Kuerten s’est confessé sur ces premiers exploits Porte d’Auteuil. « En 1997, quand je bats Kafelnikov – ce qui semblait impossible après avoir gagné contre Muster et Medvedev -, en sortant du court, je savais que j’allais gagner le tournoi », a-t-il ainsi déclaré. « C’est un peu bizarre, je sais, parce que j’étais très jeune et je n’avais aucune expérience que ce soit en demie ou finale d’un tournoi, mais ça n’avait aucune importance. J’étais plein de confiance, et c’était d’ailleurs ma seule chance. Si j’avais eu des doutes, je n’aurais pas été capable de faire face à la situation. »

Beaucoup de médias commencent alors à s’intéresser au parcours de ce jeune joueur atypique, au jeu varié et à la tenue bariolée. Gustavo Kuerten devient très populaire après ses victoires alors qu’il était relativement inconnu avant le tournoi. En demi-finales, il est opposé au Belge Filip Dewulf, autre surprise du tournoi. Le Brésilien parvient à l’éliminer en quatre sets 6-1, 3-6, 6-1, 7-6 (4) et atteint la première finale de sa carrière en Grand Chelem et par la même sur le circuit ATP. Après Muster et Kafelnikov, il sera opposé à un autre ancien vainqueur du tournoi (en 1993 et 1994) : l’Espagnol Sergi Bruguera. Retombé au 16ème rang mondial, ce dernier se fait battre en trois sets, ce qui n’était plus arrivé à Kuerten depuis le premier tour ! Grâce à un niveau de jeu exceptionnel, le joueur brésilien s’impose donc finalement 6-3, 6-4, 6-2. Il devient le troisième joueur non tête de série de l’histoire à gagner Roland-Garros et le premier Brésilien à remporter un titre du Grand Chelem. Il passera, à la fin du tournoi, de la 66ème à la 15ème place mondiale.

Entré dans la légende et aux sommets du tennis lors de cette édition 1997 de Roland-Garros, Gustavo Kuerten ne se contentera pas de cette victoire. Trois ans plus tard, en 2000 et l’année suivante, en 2001, il entrera encore un peu plus dans le cœur du public parisien grâce à ses deux autres titres. Par ailleurs, il sera n°1 mondial à la fin de l’année 2000, après avoir remporté le Masters à Lisbonne. Cependant, sa carrière sera émaillée de blessures et mis à part quelques coups d’éclats, il ne triomphera pas ailleurs qu’à Paris en Grand Chelem.

Crédit photos : @SuperTennisTv, @rolandgarros, @ TEsportes, @TennisPodcast

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