Il était une fois...

Il était une fois… le 31 mai 2009, quand Rafael Nadal subissait sa première défaite à Roland-Garros

Il y a onze ans jour pour jour, la terre tremblait. La terre battue de la Porte d’Auteuil, bien sûr, mais également toute la sphère du tennis, qui assistait à la toute première défaite de l’Espagnol Rafael Nadal, blessé et peut-être malade (nous y reviendrons…) dans son jardin de Roland-Garros. Qui avait osé commettre ce crime de lèse-majesté ? Nous sommes sûrs que vous vous en souvenez encore : il s’agissait du Suédois Robin Söderling, futur finaliste du tournoi. face à Roger Federer.


Ça s’est donc passé il y a onze ans jour pour jour, le dimanche 31 mai 2009. Et pourtant, tous ceux qui y ont assisté, depuis les tribunes ou devant leur écran de télévision, s’en souviennent encore. Ce jour-là, Rafael Nadal, déjà quadruple vainqueur de Roland-Garros, a le genou gauche qui grince. Se produit alors l’improbable, l’impensable même : une première défaite, en huitièmes de finale, face à Robin Söderling. Pourquoi cette défaite a tant marqué les esprits ? Au-delà du fait que ce soit la première subie par le Majorquin Porte d’Auteuil, il n’y en a pas eu beaucoup d’autres depuis : une défaite en quarts de finale face à Novak Djokovic en 2015 et… c’est tout, puisqu’en 2016 l’Espagnol déclarait forfait avant sa rencontre du troisième tour face à son compatriote Marcel Granollers. La performance du Suédois est également à mettre en avant, puisqu’il mettait ainsi fin à 31 victoires consécutives de Nadal dans son jardin de la Porte d’Auteuil.

Comment ce tremblement de terre a-t-il pu se produire ? Telle est la question que l’on se pose encore onze ans après. En effet, Rafael Nadal arrivait en tant que n°1 mondial à Roland-Garros, ayant déjà remporté cinq titres en cette année 2009, dont l’Australian Open et trois Masters 1000 (Indian Wells, Monte-Carlo et Rome). Il était ainsi le grand favori à sa propre succession à Roland-Garros, jusqu’au jour où… Robin Söderling, alors 25ème joueur mondial, allait lui barrer la route. Pourtant, c’était sa première apparition en huitièmes de finale d’un Grand Chelem, lui qui avait si souvent été trahi par ses émotions. De plus, la terre battue n’était pas sa surface favorite, son jeu à plat s’exprimant beaucoup mieux en indoor. En cinq participations à Roland-Garros, il n’avait jamais atteint les huitièmes et s’était même incliné d’entrée à trois reprises. Mais alors, que s’est-il passé ce 31 mai 2009 ?

Quand les deux joueurs sont entrés sur le court Philippe Chatrier, on ne donnait pas cher de la peau du Suédois. Quand on regardait le passif des deux joueurs, on pensait que cela n’avait rien d’une grande rencontre et que l’affaire serait vite pliée. Pourtant, les deux hommes avaient un passif : à Wimbledon, deux ans plus tôt, Söderling avait poussé Nadal aux cinq sets, se faisant remarquer en imitant l’Espagnol pour le provoquer. Par ailleurs, Söderling s’était fait détruire à Rome par le Majorquin, en deux sets 6-1, 6-0, quelques jours auparavant. Cependant, dès le début de ce huitième de finale à Roland-Garros, le joueur suédois montre qu’il n’est pas venu pour faire de la figuration. Il sert très fort et son coup droit à plat semble réglé comme une horloge. De son côté, l’Espagnol ne défend pas aussi bien que d’habitude, il joue plus court et semble quelque peu fébrile. Résultat, Söderling remporte le premier set 6 jeux à 2. Première surprise.

On voit alors que Rafael Nadal n’est pas dans un bon jour mais, comme il l’a toujours fait, il s’accroche. Dès que le Suédois baisse d’intensité, il s’engouffre dans la brèche. Ce qui se produit dans la deuxième manche, que le Majorquin parvient à empocher 7 jeux à 6 après un jeu décisif bien mené (7-2). Nadal s’est fait peur, et on pense alors qu’il va reprendre le dessus et ne plus se laisser faire pour rejoindre les quarts de finale du tournoi. Que nenni. Le taureau de Manacor se remet à jouer court et Söderling joue le feu. C’est son jour, ses coups droits partent toujours aussi bien et mettent Nadal loin de la balle. Conséquence, le joueur suédois parvient à reprendre l’avantage dans le troisième set et à l’emporter (6-4). Stupeur dans les tribunes, c’est la première fois que Nadal perd deux sets dans un match Porte d’Auteuil. Comment va-t-il réagir ? Va-t-on assister à une surprise alors que ce match ne devait être qu’une banalité ?

Offensif à souhait, Söderling ne lâche pas la pression. Il sent que son heure est venue et qu’il va devoir saisir sa chance sans trembler. De son côté, l’Espagnol ne parvient pas à mettre son plan de jeu en place comme il le voudrait et s’expose au coup droit surpuissant du joueur suédois. Dans la quatrième manche, le jeu est serré et les deux adversaires doivent à nouveau se départager avec un tie break. Fait surprenant, le public français prend fait et cause pour le Suédois. Nadal donne tout, jusqu’au bout, mais ce n’est pas suffisant : Robin Söderling remporte ce deuxième tie break 7 points à 2 et par conséquent le match, en quatre sets 6-2, 6-7 (2), 6-4, 7-6 (2). La poignée de main est froide, Rafael Nadal n’a pas apprécié l’attitude du public, mais les faits sont là : il vient de perdre pour la première fois dans son jardin de la Porte d’Auteuil.

Après la rencontre, on apprendra que Rafael Nadal n’était pas dans les meilleures dispositions mentales pour aborder ce tournoi : problèmes familiaux et fatigue mentale s’étaient accumulés. Par ailleurs, ses genoux grinçaient à nouveau, notamment son genou gauche qui était déjà douloureux. Enfin, on a appris il y a quelques jours, à travers le Français Jo-Wilfried Tsonga (lors d’un live sur Twitch avec Gaël Monfils) que le Majorquin était malade ce jour-là. « Rafa ne le dira jamais, mais on sait tous que cette semaine là, il était malade, qu’il souffrait d’une sacrée angine quand il est rentré dans le court. C’est ça la vérité« , a ainsi déclaré le joueur tricolore. Vrai ou non, cette défaite restera marquante dans l’histoire de Roland-Garros, comme étant l’une des deux seules subies par le roi de la terre battue, qui depuis a remporté douze fois ce Grand Chelem si particulier à ses yeux.

Crédit photos : @rolandgarros, @tennistemple, @Sportskeeda, @Tennis, @atptour

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