Il était une fois...

Il était une fois… 2009, ou le destin tragique de Mathieu Montcourt, finaliste à Bordeaux

Espoir du tennis français en ce début de siècle, le Français Mathieu Montcourt est tragiquement décédé d’une crise cardiaque à 24 ans, en 2009, alors qu’il venait d’atteindre son meilleur classement avec une 104ème place mondiale au classement ATP. Retour sur un destin tragique pour celui qui avait été finaliste cette année-là du Challenger de Bordeaux.


Ceux qui ont connu Mathieu Montcourt ne peuvent pas l’avoir oublié. Fils d’un professeur de sport et d’une mère agent immobilier, il a tenu sa première raquette à l’âge de six ans. Dix ans plus tard, à seize ans, il était classé n°4 mondial chez les Juniors. De la même génération que les Jo-Wilfried Tsonga, Gaël Monfils ou encore Richard Gasquet (il est né en 1985), il avait opposé une grande résistance à ce dernier aux championnats de France 11/12 ans à Blois, sur terre battue. En 2002, il avait été finaliste de l’Orange Bowl et en 2003, il avait atteint les demi-finales de l’Australian Open chez les Juniors, avant de remporter le tournoi de Roehampton en double avec Tsonga. Ceux qui l’ont vu jouer se rappellent que la surface sur laquelle le jeu de Mathieu Montcourt s’exprimait le mieux était la terre battue. Excellent relanceur, loin d’être un grand attaquant, il possédait un revers à deux mains très puissant, dont il se servait souvent afin de déborder son adversaire. Pourquoi parler de Mathieu Montcourt dans cette rubrique ? Parce qu’en 2009, nous avions eu la chance de le voir évoluer au Challenger de Bordeaux, quand il avait atteint la finale quelques mois seulement avant son décès tragique…

En ce printemps 2009, c’est la deuxième année que le tournoi de Bordeaux est à nouveau inscrit au calendrier Challenger. Il se déroule déjà au club de la Villa Primrose, qui aurait dû l’accueillir cette semaine avant que les conditions sanitaires ne poussent l’ATP à annuler toutes les compétitions officielles jusqu’à mi-juillet. Au premier tour, Mathieu Montcourt affronte l’Uruguyen Pablo Cuevas, alors âgé de 23 ans et classé n°129. Le Tricolore s’imposait en trois sets 6-7 (5), 6-2, 6-2 et rejoignait au tour suivant son compatriote Michael Llodra (alors classé 74ème mondial). L’issue de ce long match, serré jusqu’au bout, entre deux styles de jeu à l’opposé, allait se décider dans le tie break du troisième set, rempoté 12 points à 10 par Mathieu Montcourt. On ne donnait pas cher de sa peau au tour suivant, en quarts de finale, face à la tête de série n°3 Arnaud Clément (alors 56ème joueur mondial), qui avait déjà été finaliste en Grand Chelem à l’Australian Open en 2001. Et pourtant, Mathieu Montcourt allait s’en sortir beaucoup plus facilement en deux sets 6-3, 6-4 !

En demi-finales, Mathieu Montcourt était une nouvelle fois opposé à un compatriote, en la personne de Laurent Recouderc (n°150), quelque peu invité surprise à ce stade de la compétition. Le regretté français allait une fois de plus l’emporter en deux sets (6-4, 7-5) pour rejoindra la tête de série n°2, Marc Gicquel (alors classé 50ème joueur mondial) en finale. Mathieu Montcourt remportait le premier set 6 jeux à 3 et, dans les tribunes, on le voyait alors soulever le trophée, son adversaire de 32 ans semblant pêcher un peu physiquement. Mais, peut-être par peur de la victoire ou par ce baroud d’honneur de l’éternel baroudeur qu’était Gicquel, Mathieu Montcourt allait finalement s’incliner en trois sets 3-6, 6-1, 6-4 et laissait le titre lui échapper. Malgré tout, il avait laisser son empreinte sur les courts de la Villa Primrose, qu’il ne foulerait plus…

Quelques jours plus tard, à Roland-Garros, son parcours allait être atypique. Éliminé au dernier tour des qualifications, il allait entrer dans le tableau principal en qualité de lucky loser. Opposé au joueur de Taipei Yen-Hsun Lu, il profitait au premier tour de son abandon alors que Mathieu Montcourt venait de remporter le premier set 6-2. Il était ainsi propulsé au deuxième tour, où le Tchèque Radek Stepanek le dominait en quatre sets 6-4, 4-6, 6-4, 6-4. Le lundi 22 juin 2009, il atteignait son meilleur classement (n°104) et, alors qu’il faisait partie des espoirs du tennis français (malgré ses 24 ans), son destin qui aurait pu être celui d’une étoile du sport va devenir tragique. Le samedi 4 juillet, il jouait et perdait son dernier match en demi-finales du tournoi Challenger de Rijeka (Croatie) contre le Slovène Blaz Kavcic. Autour de minuit, dans la nuit du 6 au 7 juillet 2009, alors qu’il rentrait à vélo de chez un ami et après avoir monté les escaliers de son immeuble à Boulogne-Billancourt, il s’effondrait devant la porte de son appartement à la suite d’une embolie pulmonaire. En souvenir de ce joueur attachant, qui aurait pu devenir quelqu’un si la grande faucheuse ne l’avait prématurément privé de la vie, et qu’il ne faudra jamais oublier, nous lui dédions ces quelques lignes.

Crédit photos : @ZeFrenchTennisS, @FFtennis

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