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Arthur Reymond, à propos du court qu’il a remis en état avec son père : « C’est vrai que c’était une tâche très longue »

Ce vendredi matin, en nous baladant sur Twitter, nous sommes tombés sur une historie incroyable racontée sur le compte Tennis Legend. Celle du joueur français Arthur Reymond (n°589), qui a trouvé une solution originale pour enfin pouvoir s’entraîner en plein confinement. Et qui de mieux que le principal intéressé pour nous en parler ?


L’historie est insolite, elle fait sourire et fait du bien en ces temps difficiles pour le tennis, à cause de la crise sanitaire liée au Coronavirus. Dans le sud de la France, du côté de Toulouse, le Français Arthur Reymond (n°589) a trouvé une solution pour pouvoir continuer à s’entraîner. En effet, avec l’aide de son père, il a retapé un vieux court de tennis en terre battue qui appartient à un de leurs voisins. Nous n’avons donc pas pu résister à l’envie de contacter le joueur pour lui poser quelques questions sur ces travaux d’Hercule qu’il a dû engager et sur le résultat, dont nous avons quelques photos grâce à Tennis Legend, que nous tenons ici à remercier chaleureusement pour cette découverte.

Est-ce que vous saviez, au début du confinement, qu’un de vos voisins possédait un vieux court de tennis inutilisé ?

Au début du confinement, on n’y a pas du tout pensé. On se demandait, pendant la première semaine, comment on allait faire pour trouver des exercices pour s’entraîner, pour essayer de garder la forme et des sensations tennistiques. Puis on s’est rappelé, au bout d’une semaine, qu’on avait entendu parler de ce monsieur qui avait un terrain. Du coup, on l’a appelé et on lui a demandé si on pouvait aller voir le terrain et s’il était jouable. Il nous a dit qu’il était pourri, du coup on est allé voir, il nous avait laissé le portail ouvert et il n’était pas là. On est allé voir mais c’était un véritable chantier, on était un peu dégoûté parce qu’on n’allait pas pouvoir jouer.

Quand avez-vous eu l’idée de le remettre en état ?

Quand on est rentré, mon père m’a dit : « est-ce que tu veux qu’on le refasse, tu penses qu’on peut ? » Je lui ai dit qu’il fallait essayer, même s’il y avait du boulot. Mon père m’a dit qu’il pensait qu’il y avait trois-quatre jours de boulot. Du coup on a tenté, on lui a demandé (au voisin, ndlr) et il nous a dit : « pas de souci. » On a tout fait avec nos outils. Pendant une heure par jour, avec les règles du confinement, on allait au terrain et on bossait.

La tâche à accomplir a dû être phénoménale, combien de temps cela vous a pris pour que le court soit praticable ?

La tâche a été vraiment très très compliquée. Je pense que c’est une des choses les plus dures que j’ai faite. Physiquement, déjà, c’était dur. On n’avait pas le matériel adapté, j’avais mal partout après. Le soir on était rôtis, parce qu’on bossait aussi à la maison pour s’occuper. Mentalement, on n’en voyait aussi jamais le bout. Donc c’est vrai que c’était pas évident. Mais bon, après on se disait toujours : « aujourd’hui, on fait tel carré, demain on fera ce couloir, cette partie. » On se motivait toujours. Au final, c’est passé quand même assez vite. On voyait l’avancement, à chaque fois on tapait deux-trois balles à la fin, dans les parties qu’on venait d’arranger. C’est vrai que c’était une tâche très longue. Ça a duré deux semaines, à raison d’une heure par jour, avec des outils de fortune, avec mon père et moi.

Qui vous a aidé et où avez-vous trouvé la terre battue pour refaire ce court ?

On n’était que deux. Les derniers jours, mon frère et ma mère sont venus nous aider pour finaliser. Pour la terre, je l’ai commandée, tout simplement.

Aujourd’hui, ce court est-il prêt à l’usage et vous êtes-vous déjà entraîné dessus ? Avec qui ? Quelles ont été vos premières sensations ?

Oui. En fait, j’avais fini au bout de trois semaines de confinement. J’avais fini le terrain, du coup j’ai pu m’entraîner trois semaines avant qu’il pleuve. Je me suis bien entraîné avec mon père, on y allait presque tous les jours. Après il a plu et depuis cette semaine je me ré-entraîne un peu. J’avais pas de partenaire, il ne faut pas demander la lune mais bon, il est déjà 15/3 donc on pouvait quand même s’entraîner, même à faire du panier. On pouvait taper quelques balles dans l’axe, c’était quand même un régal. Les sensations étaient juste incroyables. Quand on est privé de notre sport alors qu’on est en capacité physique de jouer, c’est vrai que cette sensation est incroyable. On revit, c’est vraiment super !

Comment sentez-vous la suite de l’année 2020 ? Pensez-vous que la compétition reprendra avant la fin de la saison ?

Alors ça, j’en sais strictement rien. Je ne sais pas. Pour ma part, je ne pense pas que ça va reprendre tout de suite, parce que je pense que le tennis est un sport individuel. Je pense que les entraînements vont reprendre le plus vite. En revanche, les tournois reprendront plus tard parce que ‘il y a les déplacements, les avions, les hôtels. Et le public, sur certains tournois. Je pense que ça va être le sport qui va reprendre en dernier au niveau des compétitions.

Propos recueillis par Yannick Giammona pour Jeu, Set Et Match
Crédit photos : @TennisLegende

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Il était une fois… 2012, quand la terre battue de Madrid était devenue bleue au grand dam de Rafael Nadal !

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