Il était une fois...

Il était une fois… 1999, quand Roland-Garros faisait pleurer Andre Agassi

En 1999, personne n’aurait parié sur Andre Agassi pour soulever la Coupe des Mousquetaires. Arrivé blessé, n’ayant plus triomphé sur terre battue depuis sept ans, l’Américain allait pourtant enfin remporter ce titre du Grand Chelem qui se refusait à lui. Le lendemain de ses 50 ans, nous avons décidé de consacrer cet épisode de notre série « Il était une fois… » à ce sacre improbable, comme l’a été le scénario de la finale !


Avant tout, remettons les choses dans leur contexte. Au début des années 1990, Andre Agassi était déjà devenu un grand champion. Finaliste à Roland-Garros en 1990 et 1991, il allait remporter son premier titre en Grand Chelem à Wimbledon en 1992. Il allait ensuite remporter deux autres titres Majeurs, à l’US Open en 1994 et à l’Australian Open en 1995. Il allait par ailleurs devenir n°1 mondial pour la première fois cette même année et remporter l’or olympique en 1996. Seulement, 1997 allait être une année noire pour celui que l’on surnommait le Kid de Las Vegas. Fatigué mentalement, démotivé et à court d’entraînement, il manque Roland-Garros et Wimbledon, tombe dans la drogue et voit son mariage battre de l’aile. Il retombera au 141ème rang mondial cette année-là mais 1998 sera l’année de la remontée, saison qu’il termine dans le Top 10.

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Au début de l’année 1999, il se sépare de sa femme, Brooke Shields. Un mal pour un bien, ce qu’il apprendra plus tard. Diminué par des douleurs à l’épaule, Andre Agassi démarre mal la saison sur terre battue, puisqu’il déclare forfait pour le tournoi de Monte-Carlo. Mais il a atteint une certaine forme de sagesse et a décidé de jouer enfin pour lui au tennis, ce sport qu’il a longtemps détesté. Et même s’il songe à déclarer forfait pour le Grand Chelem parisien, son entraîneur le convainc cependant de faire le déplacement et de disputer Roland-Garros. Son parcours sera tout sauf facile, débutant face à un spécialiste argentin, Franco Squillari, demi-finaliste en 2000. Agassi prend son mal en patience et parvient tout de même à sen sortir en quatre sets 3-6, 7-5, 7-5, 6-3. Au deuxième tour, les choses empirent quand il croise la route du Français Arnaud Clément, qu’il bat en cinq manches 6-2, 4-6, 2-6, 7-5, 6-0 après avoir été mené deux sets à un et être passé à deux points de la défaite ! La suite du parcours de l’Américain est plus facile. Trois sets au troisième tour pour battre son compatriote Chris Woodruff (6-4, 6-4, 6-3), puis quatre sets en huitièmes pour… éliminer le tenant du titre, l’Espagnol Carlos Moya (4-6, 7-5, 7-5, 6-1), lors d’une rencontre où il fait preuve d’une solidité nerveuse à toute épreuve dans les moments importants. En quarts de finale, Andre Agassi domine l’invité surprise, l’Uruguayen Marcelo Filippini, en trois sets 6-2, 6-2, 6-0. La demi-finale contre le Slovaque Dominik Hrbaty sera beaucoup plus compliquée. Disputée sur deux jours et quatre sets, l’Américain est sauvé par la pluie le vendredi alors qu’il vient de perdre le troisième set et de se faire breaker dans le quatrième. Le lendemain, quand il revient sur le court, il parvient à reprendre le dessus pour battre son adversaire 6-4, 7-6, 3-6, 6-4. Andre Agassi jouera donc la finale de Roland-Garros pour la troisième fois de sa carrière.

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« Cette année 1999, c’est probablement l’année où j’étais le moins censé gagner Roland-Garros », reconnaîtra-t-il après coup. Ce dimanche 6 juin 1999, l’Américain aura face à lui l’Ukrainien Andreï Medvedev, parvenu à ce stade de la compétition à la surprise générale, compte tenu de ses mauvaises performances les mois précédents. Au début du match, la pression est du côté d’Agassi : il est le grand favori, Medvedev n’étant classé que 100ème joueur mondial. Pourtant, il démarre de la plus mauvaise des manières, étant trop lent sur le court. L’Ukrainien, joueur très intelligent, sait quelle tactique adopter. Il ne donne pas de rythme, évite de rentrer dans un bras de fer en cadence et attend patiemment son heure du fond de court pour accélérer au bon moment. Voilà comment il empoche les deux premiers sets (6-1, 6-2) à la stupeur générale. À 4-4 dans le troisième set, va pourtant arriver le tournant du match. À 30-15, Agassi fait deux doubles fautes pour se retrouver mené 30-40. Balle de break. Presque une balle de match. Sur le point suivant, il monte à la volée, une volée difficile à jouer qu’il parvient à négocier pour remporter le point et le jeu. Il mène alors 5-4 et vient peut-être de sauver le match. Il ne lui reste que quatre points à gagner pour remporter un set et, pourquoi pas, relancer le match. Et c’est exactement ce qu’il se produira…

Dans les deux sets suivants, l’attitude de l’Américain a changé. Il a eu un déclic. Il va alors monter en puissance et son adversaire le laissera faire, alors qu’en serrant le jeu il aurait peut-être pu l’achever. Il continue pourtant à jouer un très bon tennis, parvenant par exemple à sauver trois balles de match à 5-3. À 5-4 dans cette ultime manche, Andre Agassi sert pour le match. Pour le titre à Roland-Garros. Deux retours manqués par Medvedev lui offrent deux balles de titre. Sur les coups de 18h30, l’Américain triomphe en cinq sets 1-6, 2-6, 6-4, 6-3, 6-4 après 2h51 de match ! Il se prend le visage à deux mains, fond en larme et se tourne vers son équipe, notamment Brad Gilbert, son entraîneur, qui a tant œuvré à cet instant de gloire.

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Grâce à cette victoire, Andre Agassi compte désormais les quatre tournois du Grand Chelem à son palmarès ; il devient le cinquième joueur de l’histoire à réaliser cette performance. Il en remportera quatre supplémentaires : l’US Open en 1999, ainsi que l’Australian Open (2000, 2001 et 2003). Alors que son grand rival, Pete Sampras, prend sa retraite en 2002, Andre Agassi jouera jusqu’en 2006, jouissant du rang de n°1 mondial après cette folle année 1999 et atteignant encore une finale en Grand Chelem, à l’US Open en 2005 (défaite face à Roger Federer). 

Crédit photos : @rolandgarros, @WeAreTennisFR, @Eurosport_FR, @raquetcom

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