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Coronavirus – Marine Partaud, confinée en Floride, fait face à l’incertitude

Juste avant le confinement en France, la joueuse française Marine Partaud (n°495) avait décidé de partir aux États-Unis pour pouvoir s’entraîner plus longtemps. Seulement, s’il est arrivé plus tard de l’autre côté de l’Atlantique, le coronavirus s’est immiscé dans les vies des Américains et, comme tout le monde, la Tricolore doit désormais restez chez elle.


Après son succès en double au 25 000 $ de Mâcon et deux semaines d’entraînement avec son entraîneur Samuel Pradeau et son préparateur physique Jean-Charles Quillon du côté de Jaunay-Marigny dans la Vienne, Marine Partaud (n°495) avait choisi de s’exiler aux États-Unis. « Je savais qu’ici je pouvais continuer à m’entraîner plus qu’en Europe », a-t-elle expliqué sur le site lanouvellerepublique.fr. Même si ce départ a été avancé avant que le président américain Donald Trump ne ferme les frontières. « Je devais partir le mercredi 18 mars et je me suis finalement envolée le vendredi 13 avec le dernier avion. Moi qui pensais que j’allais être en quatorzaine à l’aéroport ou que je n’aurais pas pu rentrer sur le territoire en tant que touriste, il y a finalement et bizarrement eu très peu de contrôles à mon arrivée. » Elle a donc pu rejoindre tranquillement Boca Raton, en Floride, où certains de ses proches vivent et où elle a ses habitudes à la Pro World Academy, une des nombreuses académies privées du coin, depuis 2019.

Sans titre

Elle a pu y taper la balle, s’y entraîner avec des coachs et des joueuses, avant que l’académie ne ferme, comme d’autres installations réservées au tennis. « Ce sont pourtant des bulles », a-t-elle déclaré. « Le monde du tennis en Floride brasse beaucoup d’argent. C’est un peu utopique face aux réalités sociales des États-Unis. J’en parlais avec quelques employés de l’académie. Certains coachs ont été virés à cause de la situation actuelle. Ils se retrouvent sans emploi et donc sans revenu du jour au lendemain. » À son échelle, Marine Partaud, qui est professionnelle depuis 2014 et a été 402ème mondiale en 2016, vit la même chose. Car qui dit pas de match, dit pas de victoire et donc pas de prize money pour celle qui bénéficie du soutien de quelques partenaires privés et a cumulé 4 850 $ de gains lors des trois premiers mois de 2020. « Il ne faut pas oublier que je suis 480ème mondiale et qu’aujourd’hui, je gagne zéro argent. Et j’ai toujours quelques dépenses pour la vie courante, pour payer les courses Je ne suis pas la seule dans ce cas. » Alors la Poitevine fait attention. Cela lui arrive de jouer sur des terrains municipaux certains jours quand on lui propose pour faire office de sparring-partner. Elle se consacre aussi à ses études, à son cursus à distance à Sciences-Po. Sans négliger la menace du COVID-19 alors que le confinement vient d’être seulement appliqué cette semaine en Floride. « C’est une crainte », a-t-elle ajouté. « Je prie, je fais attention pour ne rien contracter. Encore peut-être plus ici pour ne pas me ruiner à l’hôpital. Comme beaucoup d’Américains, je n’ai pas assez d’argent pour supporter de tels coûts. Après se posera la question de mon visa de touriste et des trois mois autorisés aux États-Unis. J’ai regardé les vols retours pour la France mais il n’y en a plus jusqu’en mai. Cela posera peut-être problème si je suis obligée de rester plus de trois mois. Je ne sais pas comment ça va se passer. »

Par ailleurs, son début de saison était prometteur. Une finale au 15 000 $ de Fort-de-France, en Martinique, un beau parcours en sortant des qualifications pour atteindre le deuxième tour du 100 000 $ de Midland, dans le Michigan, deux victoires en doubles associée à Audrey Albié à Fort-de-France et à Mâcon, Marine Partaud était sur la bonne voie après une année 2019 contrariée par les blessures, terminée à la 582ème place mondiale au classement WTA. Revenue dans le Top 500, la joueuse de 25 ans comptait poursuivre sa remontée au classement . Mais comme les autres joueuses et joueurs professionnels, elle a été coupée dans son élan. Par ce coronavirus qui paralyse actuellement la planète entière. Marine Partaud ne sait pas quand sera le prochain match. Pas avant mi-juillet en tout cas. Trois mois quasi blancs, sans point à défendre, qui auraient pu lui permettre de grimper dans la hiérarchie mondiale en cas de performances intéressantes cette année. « Je suis dégoûtée car les autres joueuses n’auront pas à défendre les leurs puisque le classement a été gelé », a-t-elle constaté. « J’étais blessée l’an passé et je me retrouve pénalisée par rapport à ce système-là. Mais d’un autre côté c’est normal. On ne peut pas jouer et si j’avais eu des points à défendre, j’aurais été très contente que ce règlement soit appliqué. » La Poitevine doit prendre son mal à patience. Le jeu et l’adrénaline de la compétition lui manquent. Les voyages aussi. Car comme toute joueuse professionnelle, elle est plus habituée à sillonner la terre afin d’écumer les tournois qu’à une sédentarité forcée. « Ne pas prendre l’avion pendant trois mois, c’est un truc qui ne m’est pas arrivé depuis sept ans »a-t-elle plaisanté. « On est des nomades normalement mais pour l’instant, il y a un côté agréable à rentrer tous les soirs chez soi. Je redécouvre certains plaisirs, des choses de la vie courante. Une vie plus cadrée et structurée que le freestyle du circuit ou tu fais ce que tu peux, quand tu peux et où tu peux surtout. »

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Enfin, une épée de Damoclès est actuellement au-dessus des têtes de tous les circuits (ATP, WTA, ITF) : le spectre de la saison blanche. Et si le tennis ne pouvait pas reprendre en 2020 ? « Des échos que j’ai pu avoir, ils en parlent à l’ATP et la WTA », a avancé la jeune joueuse. « Je ne vois pas comment on pourrait reprendre dans deux mois. Le problème du coronavirus ne sera pas résolu aussi vite dans le monde entier. C’est une situation inédite. » Et inquiétante pour le tennis professionnel, surtout pour ceux qui écument les tournois secondaires. « La réforme de l’ITF l’an passé, avec des tournois qui n’accordaient plus de points ATP ou WTA, avait déjà fait beaucoup de mal », se souvient Marine Partaud. « Il risque d’y avoir un nouveau tri à cause de ce qui arrive actuellement. Certains vont peut-être prendre leur retraite. Il va falloir garder la motivation alors qu’on ne va pas jouer pendant un certain temps. Personnellement, le tennis est trop ancré en moi pour que j’arrête. » Elle va se contenter d’une pause. Même très longue…

Crédit photos : @EOBiarritz, @MarinePartaud, @SudRadioRugby

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