Reportages

Pour Ricardo Piatti, son élève Jannik Sinner « aime ce sport et veut être le meilleur »

Le jeune joueur italien Jannik Sinner (n°73) est entraîné par la légende Ricardo Piatti. Ce dernier a évoqué, dans une interview, la personnalité et l’ambition de son élève. Avec cette phrase choc : « Quand il aura 22-23 ans, il pourra se battre pour remporter les plus grands tournois. »


Après son éclosion en 2019, il fallait s’attendre à ce que la saison 2020 soit tout sauf facile pour Jannik Sinner (n°73). L’Italien, après une progression de près de 500 places au cours de l’année passée, a pris sa place parmi les cent meilleurs joueurs du monde. Le voilà donc pratiquement obligé de disputer les plus grands événements du circuit ATP. Avec un bilan de quatre victoires lors des sept tournois disputés à ce jour, l’arrivée du Coronavirus a stoppé son évolution. Heureusement pour nous, l’ATP a profité de la situation de quarantaine pour parler avec Ricardo Piatti, l’entraîneur de ce jeune joueur de 18 ans, à l’avenir très prometteur. Depuis ces résultats et son ascension fulgurante en 2019, Sinner jouit d’une nouvelle confiance, qui s’est construite au fil des semaines. « J’ai toujours recherché un niveau plus élevé que celui que j’avais, je me demandais s’il serait suffisant de battre les différents gars du circuit qui étaient au-dessus de moi, ceux qui jouaient les tournois Futures, les Challengers et, plus récemment, les tournois ATP », a confié le joueur pour le site officiel de l’ATP.

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De son côté, Ricardo Piatti se souvient avec émotion de la première fois où il a rencontré la nouvelle coqueluche du tennis italien. « Je l’ai vu pour la première fois quand il avait 12 ans, dans un tournoi à Milan où il avait perdu 6-1 et 6-2 », s’est-il souvenu. « C’était un joueur différent, il essayait de changer son jeu. Il avait une attitude gagnante, il n’essayait pas seulement de passer la balle au-dessus du filet. On pouvait dire qu’il était calme, qu’il pouvait contrôler son esprit, en plus de très bien frapper la balle. Sa personnalité est plus forte maintenant, et contrairement à beaucoup d’autres joueurs que j’ai entraînés, je peux parler ouvertement avec lui pendant une demi-heure après une défaite, plutôt que d’avoir à attendre le lendemain. Je pourrais parler de tennis avec lui pendant six heures, il adore ça. Il n’est jamais distrait, il préfère regarder un match de Federer-Nadal plutôt que d’aller au cinéma. » Aujourd’hui âgé de 62 ans, Piatti est celui qui veille actuellement sur Sinner et sur le chemin qu’il prend pour ses débuts dans le monde du tennis professionnel. « J’aime mon travail, c’est pourquoi je le fais depuis 40 ans », a ajouté Riccardo Piatti. « Jannik est une personne très particulière, il aime son sport et il veut être le meilleur, il veut s’améliorer tous les jours et il fait tout son possible pour cela. Il regarde beaucoup de matchs, s’entraîne tout le temps, et non parce qu’il est obligé de le faire. Il sait très bien ce qu’il veut, il est très facile de consacrer sa vie à ce métier pendant une ou deux saisons, mais j’essaie de lui inculquer qu’il devra consacrer sa vie au sport pendant au moins quinze ans. »

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Il y a encore un an, Jannik Sinner était classé 322ème joueur mondial. En quelques mois, il a progressé d’abord sur des Challengers, puis il a commencé à se faire une petite place sur le circuit ATP. En fin de saison, il a même remporté les Next Gen ATP Finals, après avoir reçu une wild card. « Je n’ai jamais douté que je sois ou non un bon joueur de tennis, car je suis un travailleur acharné, mais avant j’étais beaucoup plus mince et plus petit que je ne le suis maintenant », a expliqué le jeune joueur italien. « Tout s’est passé très rapidement jusqu’à ce que je sois au sommet mais avant cela, j’avais besoin de cette confiance pour trouver mon niveau. Au tennis, vous pouvez gagner des matchs et des tournois, mais vous pouvez également perdre les quatre premiers tours consécutivement, donc jouer des tournois supérieurs à mon âge a été une excellente décision. D’une certaine manière, j’ai suivi le chemin le plus difficile, mais cela m’a aidé à créer des attentes et à me mettre plus de pression. Vous sentez que vous devez gagner le prochain match, ou ce point précis, puis vous passez par dessus bord. Pour comprendre chaque résultat, c’est un processus d’apprentissage quotidien. » Une explosion survenue prématurément, même si Piatti savait à tout moment que le projet finirait par être un succès. « Il travaille beaucoup mais il n’avait pas beaucoup de rêves », a commenté l’entraîneur. « Je me souviens l’avoir vu perdre dans certains tournois 6-1 et 6-0, mais le lendemain, il est retourné à l’Académie et s’est entraîné avec la même attitude que d’habitude. Il voulait juste devenir bon et passer à autre chose. Nous avons commencé à jouer des Futures et des Challengers, où il était lui-même étonné du niveau de jeu. Quand il a commencé à gagner contre des joueurs de haut rang, quand il a compris leur niveau, ce n’était plus une surprise. Lorsqu’il a remporté son premier titre en Challenger à Bergame, je lui ai dit : ‘Ne sois pas surpris, le niveau de l’autre joueur était plus bas, tu étais meilleur. Maintenant, nous devons trouver de meilleurs rivaux.’ L’objectif était de toujours jouer avec des joueurs de tennis plus âgés pour voir s’il était capable de trouver des solutions. Je voulais lui faire voir que les joueurs plus âgés ne se souciaient pas de lui. »

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Voilà comment l’ascension de Sinner s’est poursuivie, avec le bon environnement et une confiance qui grandissait de plus en plus, avec un joueur en avance sur sa génération. « J’étais en forme, je me sentais bien sur le terrain, tout dépendait de mon plan de match et pas tellement de la confiance que j’avais », a déclaré Sinner. « L’important était le plan dicté, ce que je devais faire sur le terrain. Une public présent pour vous peut vous donner beaucoup d’énergie, ce qui est toujours important pour le joueur, c’est là que vous devez rester calme et ne pas devenir nerveux. Gagner le titre à Bergame début 2019, un an après une entorse à la cheville, a certainement été un déclencheur pour de nouvelles améliorations. Plus tard, quand j’ai battu Gaël Monfils au tournoi d’Anvers, je savais jusqu’où je pouvais aller. »

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En ce moment, le Coronavirus nous empêche de voir Jannik Sinner en action, bien que cela ne signifie pas que nous ne savons pas quelles seront les prochaines étapes dans sa progression. Pour le moment, nous savons qu’il continue de s’entraîner avec son équipe, à Monte-Carlo. « Il est revenu des États-Unis vendredi dernier », a déclaré Piatti. « Depuis, il travaille une fois le matin et une fois l’après-midi. Quand la situation se stabilisera, l’idée sera de retourner en Italie, dans notre Académie. Nous avons décidé qu’il n’y aurait pas de tennis sur le court pendant une semaine ou dix jours. Comme nous ne savons pas non plus quand les tournois recommenceront, nous ne savons pas quand intensifier nos efforts dans un domaine ou un autre », a précisé le coach. Ricardo Piatti connaît très bien le trésor qu’il a entre ses mains et il a avoué que son élève devrait terminer sa carrière avec plusieurs tournois du Grand Chelem dans sa besace. Maintenant que tout s’est un peu calmé, même si Sinner n’a encore que 18 ans, l’entraîneur préfère se montrer patient pour éviter que les choses tournent mal. « L’autre jour, un médecin a fait une étude sur lui et il devrait grandir un peu plus, d’environ quatre centimètres », a-t-il conclu. « Maintenant, il doit jouer et travailler au quotidien, mais nous devons trouver le bon équilibre pour ne pas le pousser trop fort. Quand il aura 22-23 ans, il sera prêt à participer à des tournois plus importants. »

Crédit photos : @IlContiAndrea, @UbiTennisEng, @OracleChallngrs, @Open13, @raygiubilo

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