Analyses

Était-il nécessaire de maintenir les matches de qualification ce mardi à l’Australian Open ?

Si la santé des joueuses et des joueurs qui ont joué ce mardi à Melbourne n’était pas en jeu, nous préférerions en rire. Seulement, la situation était scandaleuse. D’une joueuse malade en plein match à un malaise d’un ramasseur de balles, on se demande ce que font les organisateurs de l’Australian Open, alors que la qualité de l’air était dangereuse à cause des incendies qui ravagent le pays.


Ce mardi, les qualifications de lAustralian Open devaient débuter à 10h (minuit en France). Dès 22h30, soit 8h30 en Australie, nous avons été attentifs à la qualité de l’air « Down Under ». Grâce à la magie des réseaux sociaux, nous avons pu voir les premières photos faire leur apparition sur Twitter, avec les premières inquiétude. En effet, l’air était chargé d’une fumée plutôt dense, qui ne laissait pas présager d’une belle journée pour le tennis.

Ainsi, aux alentours de 9h à Melbourne (23h lundi soir en France), un communiqué a été publié par les organisateurs du tournoi : les rencontres allaient être décalées d’une petite heure, pour un début à 11h (1h en France). Il semblait que les organisateurs de l’Australian Open s’attendaient à voir le vent dissiper la fumée mais, selon certains joueurs comme l’Américain Noah Rubin (n°250), la qualité de l’air était réellement dangereuse, basée sur l’AQI (index de qualité de l’air), qui n’est pas passé en-dessous des 200 ce mardi, indiquant que respirer cet air pollué était dangereux pour les organismes. Ce qui n’a pas empêché les premières rencontres qualificatives pour le premier Grand Chelem de la saison de démarrer à l’heure indiquée dans ledit communiqué.

C’est alors que le fiasco a commencé. À Kooyong, à quelques mètres de là dans la banlieue de Melbourne, la Russe Maria Sharapova (n°145) et l’Allemande Laura Siegemund (n°72) disputaient une exhibition. La rencontre a été interrompue quand la Russe, visiblement gênée par les fumées dues aux incendies qui ravagent l’Australie depuis plusieurs mois, a préféré abandonner. « L’arbitre de chaise nous a demandé de jouer encore un jeu », a-t-elle expliqué après coup. « Nous jouions déjà depuis deux heures. De mon point de vue, (abandonner) était une sage décision. » De son côté, Siegemund a ajouté : « C’est la première fois que je joue dans de telles conditions et je dois avouer que je les ai ressenties durant le deuxième set. » À Melbourne Park, après que les rencontres ont été engagées, deux scènes nous ont marqué. Tout d’abord, un ramasseur de balles a fait un malaise en plein match, ayant du mal à respirer. Ne cherchez pas la cause, elle est toute trouvée… Le Britannique Jay Clarke (n°154) et le Slovène Blaz Kavcic (n°305) sont rapidement venus aux nouvelles et ont donné de l’eau à ce malheureux enfant.

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Et puis, quand le petit matin est arrivé en France, en plein après-midi à Melbourne (vers 16h, 6h heure française), une joueuse est venue ajouter de l’huile sur le feu. La Slovène Dalila Jakupovic (n°80), qui en était à 6-4, 5-6 dans son match face à la Suissesse Stefanie Voegele (n°117) a commencé à avoir des difficultés à respirer et s’est mise à suffoquer. Elle a même dû s’agenouiller sur le court pour pouvoir reprendre son souffle. Résultat des courses : abandon. « Ça n’allait pas du tout », a raconté Jakupovic aux médias après la partie. « Je n’avais encore jamais ressenti ça, j’ai eu très peur. J’ai eu peur de m’effondrer. C’est pour ça que je me suis accroupie. Je ne pouvais plus marcher. Au sol, c’était plus facile de respirer. » Concernant ces incidents, et notamment le malaise du ramasseur de balles, Noah Rubin est monté au créneau dans une interview relayée par nos confrères de L’Equipe : « Les ramasseurs de balles ne devraient pas être dehors ! Ce sont des enfants, ils ont entre, quoi, dix et seize ans ? Ils sont trop jeunes pour être dehors et respirer cet air. Ce n’est pas bon pour nous, joueurs, de jouer dans ces conditions, mais certains diront qu’on se met nous-mêmes dans cette situation, que c’est notre gagne-pain et que ça fait partie du boulot, mais ça ne fait certainement pas partie du boulot des ramasseurs. »

Tout au long de cette journée incroyable, plusieurs acteurs du tennis, qu’ils soient sur le court ou dans les cabines de commentateurs, sont montés au créneau. Et si vous voulez notre avis, ils ont eu raison. Les autorités australiennes, avec ce taux de fumée dans l’air, ont déconseillé à la population de passer du temps à l’extérieur et surtout, de pratiquer une activité physique. Pourquoi a-t-on laissé les qualifications de l’Australian Open démarrer dans de telles conditions, dangereuses pour les organismes ? Aurait-on agi de la même façon pour des top players ? La question a le mérite d’être posée. Craig Tiley, le directeur de l’Australian Open, a de son côté déclaré que les décisions avaient « été basées sur les conseils et les avis d’experts » et que que les organisateurs ne prendront aucune décision « qui aura un impact négatif sur leur bien-être ou sur leur santé. » Il s’est ensuite défendu d’avoir fait démarrer les rencontres à 11h (1h en France) parce que la qualité de l’air semblait s’être améliorée. « Il y a eu une amélioration des conditions par la suiteNous avons pris en compte les avis médicaux et scientifiques, ainsi que l’avis du bureau de météorologie, et nous avons décidé de démarrer à 11 heures. » L’amélioration en question était pourtant peu significative, raison pour laquelle des joueuses comme Elina Svitolina (n°5) ou encore Alizé Cornet (n°60) sont également montées au créneau.

Espérons que pour le reste de la semaine, les conditions extérieures soient meilleures. Sinon, les organisateurs du tournoi seront scrutés de près et ils devront prendre les bonnes décisions. Comme l’a si justement pointé l’Américaine Bethanie Mattek-Sands (n°375), des solutions existent : on peut faire terminer les qualifications samedi et dimanche et si besoin, dans le cas le plus extrême, les joueuses et les joueurs pourraient enchaîner deux rencontres dans la même journée. Cela leur arrive souvent quand il pleut sur de plus petits tournois. Alors, s’il vous plaît, n’allons pas jusqu’à un drame et n’essayons pas de pousser le corps humain au-delà de ses limites.

Crédit photos : @Noahrubin33, @AFPSports

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