Analyses

ATP – Le top 10 des plus beaux matches de la saison 2019 (1ère partie)

En ce mois de décembre, comme vous le savez, l’heure est aux bilans. Nous avons donc décidé de vous faire un top 10 des plus beaux matches de la saison, sur le circuit ATP. Pour mettre un peu de suspense là-dedans, cet article sera construit en deux parties… Voici donc, pour ce mardi, les matches n°10 à n°6 de notre top 10 !

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10/ Monte-Carlo : Daniil Medvedev bat Novak Djokovic 6-3, 4-6, 6-2

Ce ne fut certainement pas le match le plus haletant, ni le plus disputé de ces douze derniers mois. Mais le vendredi 19 avril a probablement offert aux spectateurs du Court Rainier III de Monte-Carlo l’acte de naissance de Daniil Medvedev dans cette incroyable année 2019. Opposé en quarts de finale à un Novak Djokovic sur courant alternatif, le Russe a fait preuve d’une véritable intelligence de jeu. Amorties, contre-amorties, jeu de défense… Toute la panoplie du Medvedev cuvée 2019 était de sortie. Rarement débordé grâce à un positionnement judicieux et une couverture de terrain hors-pair, il s’illustra par sa capacité à rivaliser dans l’échange avec le n°2 mondial actuel. N’ouvrant aucun angle à l’échange, il a su faire la différence dans le set final après la révolte de son adversaire dans la deuxième manche. Son parcours s’achèvera au tour suivant face à un autre natif de Belgrade, DusanLajovic.

9/ Indian Wells : Dominic Thiem bat Roger Federer 3-6, 6-3, 7-5

Autre victoire fondatrice, celle de Dominic Thiem en finale d’Indian Wells. Qualifié de pur terrien (ce qui implique que son jeu est moins efficient sur surface rapide), la nomination en tant que coach principal de Nicolas Massu quelques jours avant le début du tournoi californien a certainement permis à l’Autrichien de franchir une étape supplémentaire sur surface rapide. Mené d’un set, le double finaliste de Roland-Garros subit la loi de Roger Federer grâce aux décalages coup droit et services téléguidés du Suisse (71% de première balle dans ce premier set). Inconstant, Federer ne parvient pas à poursuivre sur sa lancée et laisse son adversaire revenir à un set partout. Les deux joueurs élèvent leur niveau de jeu lors de la manche décisive, cependant un secteur où Federer rencontre des difficultés à cette période de l’année, les balles de break converties, l’empêchera de prendre l’ascendant. À deux reprises, il aurait pu prendre un avantage définitif (ou presque) dans le troisième set. Mais Thiem fait la différence à cinq partout et glane son deuxième titre sur dur et son premier Masters 1000. La transformation tennistique de l’Autrichien est en marche, il peut désormais rivaliser avec les meilleurs mondiaux sur surface rapide, la suite de la saison le prouvera.

8/ Acapulco : Nick Kyrgios bat Rafael Nadal  3-6, 7-6 (2), 7-6 (6)

Ce fut une semaine particulièrement animée pour Nick Kyrgios à Acapulco. Critiqué pour ses gestes d’humeurs, ses sorties médiatiques fracassantes, ses sourires narquois, ses provocations à l’égard du public… On a également beaucoup débattu de sa sortie en jet-ski à trois heures de la finale ou son service à la cuillère sur première balle au cœur du troisième tour face à Rafael Nadal. Bref, tout un tas de raisons qui nous poussent à le haïr et pourtant, quel talent ! Le match face au Majorquin fut le point d’orgue de sa semaine mexicaine, prouvant sa capacité à briller face à des joueurs à la renommée internationale. Décontenancé par le comportement de Kyrgios, Nadal fit preuve d’une inhabituelle nervosité au moment de servir pour le match à 6-4 dans le tie break du troisième set, permettant au fantasque australien de s’imposer quelques points plus tard. L’affrontement entre les deux hommes s’est poursuivi devant les médias : quand Kyrgios toise l’Espagnol sur le temps qu’il a pris avant se servir ou sur sa longue installation en position de retour, Nadal rétorque sur le manque de respect de l’Australien. Parallèlement, la mésestime de l’un envers l’autre est symbolisée par la poignée plus que fraîche entre les deux hommes. Kyrgios alimentera certainement les débats jusqu’à la fin de sa carrière. Tantôt joueur exceptionnel, tantôt caricature de lui même. Félicité à la Laver Cup, détesté à Rome pour un énième pétage de plomb. Le plus à plaindre, c’est bel et bien lui. Sa carrière (s’il continue ainsi) sera gâchée et difficile de croire qu’il n’aura aucun regret une fois sa raquette raccrochée.

7/ US Open : Gaël Monfils bat Denis Shapovalov 6-7 (5), 7-6 (4), 6-4, 6-7 (6), 6-3

Deux joueurs spectaculaires dans une ambiance électrique, le tout disputé sur le bouillonnant court LouisArmstrong. Ajoutez à cela trois tie breaks, cinq sets et 3 heures 34 de frappes dans tous les sens. La rencontre entre le Canadien et le Français était attendue, elle n’a pas déçu. Quasiment mené deux manches à rien, Gaël Monfils a drastiquement élevé son niveau de jeu, lui permettant de revenir à une manche partout. On pensait la rencontre terminée quand le demi-finaliste de Roland-Garros 2008 menait 4-1 dans la quatrième manche. Mais le gaucher canadien n’avait pas dit son dernier mot. Avec plus de poids dans ses frappes, il se permet de rêver en recollant à deux sets partout. La pression était alors sur les épaules de Monfils, pensant certainement que sa chance était passée. Mais les efforts consentis de son adversaire pour revenir au score ont certainement fait la différence dans ce set final. Deux breaks réalisés par le natif de Paris lui auront suffi à se qualifier pour le tour suivant. Monfils ira même en quarts de finale, éliminé par le néophyte à ce stade de la compétition, Matteo Berettini.

6/ Open d’Australie : Stefanos Tsitsipas bat Roger Federer 6-7 (11), 7-6 (3), 7-5, 7-6 (5)

Pendant la première partie du match, j’ai eu l’impression que malgré le niveau affiché, Stefanos Tsitsipas serait encore un peu juste pour vaincre un joueur de la trempe de Roger Federer en Grand Chelem. Le gain du premier set du Suisse a conforté ce ressenti. Toutefois, le Grec ne s’est pas retranché derrière le côté majestueux de l’événement en maintenant, à toute épreuve, un esprit offensif. Contre le cours du jeu, le jeune grec remporte la deuxième manche après avoir sauvé quatre balles de set à 4-5. Dès lors, la dynamique semble avoir changé de camp. Boosté par le gain de la deuxième manche, Tsitsipas voit son audace payer, bien aidé par l’inefficacité de Federer à convertir ses balles de break (0/12 dans le match). Au bout de 3h45 d’un combat haletant, Tsitsipas signe une victoire référence qui sera entachée par la cinglante défaite obtenue face à Rafael Nadal deux tours plus tard (2-6, 4-6, 0-6). Qu’importe, le natif d’Athènes est définitivement entré dans la cour des grands.

Hadrien HUBERT
Crédit photos : @atptour, @lequipe

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3 réflexions au sujet de “ATP – Le top 10 des plus beaux matches de la saison 2019 (1ère partie)”

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